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Centrale hydroélectrique Bistrica : 660 MW à financer

Sources : Ministère serbe, EPS, EIA

Sommaire

Chiffres clés
≈12 %de l’électricité produite en France
25,7 GWde puissance hydroélectrique installée
4,5 Md€investis par EDF dans ses barrages

Sujets abordés

Centrale hydroélectrique Bistrica : scène d’illustration d’une reconnaissance géologique près d’une retenue.
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Centrale hydroélectrique Bistrica : scène d’illustration d’une reconnaissance géologique près d’une retenue.
Vue d’illustration : paysage, ingénieurs et carottes de roche génériques, sans représentation fidèle du site de Bistrica ni valeur de plan technique.
L’essentiel

La centrale hydroélectrique Bistrica reste un projet de STEP. Le point officiel du 22 octobre 2026 prévoit une étude environnementale et sociale en décembre et vise un accord de prêt à mi-2027. Les 660 MW annoncés ne sont ni disponibles aujourd’hui ni une capacité de stockage en MWh.

Un grand chiffre de puissance peut donner l’impression qu’une nouvelle installation est presque prête. Le cas de la centrale hydroélectrique Bistrica invite à regarder d’abord les étapes qui restent à franchir. En Serbie, ce projet de station de transfert d’énergie par pompage, ou STEP, avance encore dans sa préparation. Son intérêt dépasse les turbines : il concerne aussi le financement, les terrains et les infrastructures voisines. Le dernier point ministériel, publié le 22 octobre 2026, apporte des repères concrets. Il permet surtout de distinguer l’avancement d’un dossier de la disponibilité future d’une centrale capable de rendre des services au réseau.

Centrale hydroélectrique Bistrica : ce qui avance

Dans son communiqué du 22 octobre, le ministère serbe des Mines et de l’Énergie décrit une réunion avec la JICA, l’Agence japonaise de coopération internationale. La majorité des questions techniques aurait été harmonisée, mais des procédures restent nécessaires pour permettre l’approbation du financement et l’appel d’offres principal. L’étude d’impact environnemental et social, appelée ESIA, doit être transmise en décembre. Le ministère vise la signature d’un accord de prêt au milieu de 2027, pendant l’EXPO spécialisée. Des essais de sol en laboratoire sont également en cours ; leurs résultats doivent préciser si la conception du barrage demande des adaptations.

Ce point ne constitue donc pas une annonce de prêt signé ou de début du chantier principal. Le dossier progresse, avec plusieurs conditions encore ouvertes. Pour suivre la centrale hydroélectrique Bistrica, la prochaine information décisive sera un document confirmant une étape accomplie, plutôt qu’une nouvelle formulation de l’objectif. Il faut aussi conserver la date de chaque annonce : les résultats attendus dans les prochaines semaines le sont à partir du communiqué du 22 octobre, sans garantie de publication à une date précise.

Un calendrier de préparation, pas de mise en service

Le point ministériel du 7 septembre 2026 donne le contexte administratif. Il mentionne 245 demandes de conditions ou d’accords auprès des autorités, dont les démarches n’étaient pas toutes achevées. Les travaux préparatoires étaient alors attendus dans les mois suivants, tandis que l’appel d’offres du site principal était annoncé pour 2027. Le ministère évoquait aussi les conditions à réunir pour un permis de construire du principal ouvrage au début de 2027. À cette même date, il présentait une puissance d’environ 660 MW et une production annuelle d’environ 1 600 GWh.

Ces jalons ne se remplacent pas les uns les autres. Une autorisation administrative ne livre pas une turbine ; un accord de financement n’atteste pas sa réception. Les deux valeurs électriques restent des indications annoncées pour le projet ; la production annuelle ne représente pas un résultat acquis. Le calendrier donné ne suffit pas non plus à dater une première injection sur le réseau. Cette vigilance vaut pour toute centrale hydroélectrique : nommer précisément l’étape permet de comparer deux nouvelles sans présenter un dossier d’étude comme un équipement disponible.

Routes, eau et terrains : les préparatifs avant les turbines

EPS (Elektroprivreda Srbije) détaillait dès le 19 mai 2026 des préparatifs dans les communes de Nova Varoš et Priboj. L’entreprise indiquait qu’un premier appel d’offres concernait des infrastructures préparatoires. Les premiers échanges avec des propriétaires portaient sur les terrains nécessaires notamment à une route et à l’alimentation en eau. EPS mentionnait aussi la recherche de sites pour les matériaux d’excavation et les discussions concernant la décharge de Druglići. Ce sont des sujets distincts de la fabrication des équipements électromécaniques, avec des interlocuteurs et des conséquences locales propres.

Pour un lecteur qui suit le coût ou les délais d’une centrale hydroélectrique, ces éléments donnent une grille concrète. Le périmètre d’un marché mérite autant d’attention que son montant : déplacer un réseau ou préparer un accès ne signifie pas attribuer le marché de construction de l’usine. Les démarches foncières ne prouvent pas davantage que chaque propriétaire a accepté une solution. Le communiqué décrit une préparation et des échanges ; nous n’en déduisons ni absence de difficulté locale, ni accord général des habitants, ni issue définitive de chaque procédure.

Radoinja : une étude locale dans un ensemble plus large

Une autre pièce du dossier concerne le barrage de Radoinja. Dans une annonce du 26 août 2026, EPS prévoyait pour le 3 septembre une consultation sur des études environnementales et sociales liées à son renforcement. L’entreprise rattachait cette démarche aux études préparatoires de Bistrica et aux lignes directrices de la JICA de janvier 2022. Cette annonce documente le périmètre et la date prévue de la consultation. Elle ne constitue pas, à elle seule, un compte rendu de sa tenue ni une décision favorable sur l’ensemble du projet.

L’intérêt de cette distinction est de savoir ce que l’on attend d’une étude. Un document consacré à un ouvrage ou à une intervention particulière ne démontre pas automatiquement l’acceptabilité de toute une centrale hydroélectrique et de ses aménagements. Information du public, étude, examen et décision correspondent à des étapes différentes. Pour apprécier les effets locaux, un lecteur devra rechercher les résultats et les réponses documentées, plutôt que déduire d’une invitation à participer que toutes les réserves ont été levées.

Pompage variable et apports naturels : les particularités annoncées

Dans une présentation publiée le 20 juin 2026, EPS explique que Bistrica est prévue sur l’Uvac. L’entreprise décrit une installation à vitesse variable, destinée notamment à adapter le pompage aux surplus disponibles. Elle rapporte aussi que deux études estiment à 25 à 30 % la part d’énergie pouvant provenir d’apports renouvelables issus des installations en amont. Ce pourcentage est une estimation présentée par le porteur du projet, pas une mesure d’exploitation. Nous ne l’appliquons ni à toutes les STEP ni à chaque heure de fonctionnement futur.

Cette précision évite de réduire Bistrica à une batterie hydraulique totalement isolée des apports naturels. Elle évite aussi le raccourci inverse : la présence d’eau venant de l’amont n’efface pas la consommation nécessaire au pompage. Les services et les flux devront être décrits séparément. Pour comparer la centrale hydroélectrique avec d’autres projets, on peut consulter notre présentation de la STEP de Tubatse ; les paramètres de l’une ne doivent cependant pas être transférés à l’autre.

Une STEP consomme aussi de l’électricité

Le rappel technique de l’EIA sur l’hydroélectricité décrit le principe du pompage-turbinage : de l’électricité fait remonter de l’eau vers une retenue supérieure, puis sa descente entraîne une turbine et un générateur. Sur ce cycle, la restitution électrique est inférieure à l’énergie utilisée pour pomper. L’intérêt n’est donc pas de créer gratuitement de l’électricité, mais d’en déplacer la disponibilité. Les apports naturels éventuels doivent rester identifiés à part, comme dans la présentation particulière faite par EPS.

Une centrale hydroélectrique réversible peut ainsi être intéressante même avec un bilan de pompage déficitaire. La question utile est celle du moment où l’énergie est absorbée puis rendue au système électrique. Cela ne permet pas d’affirmer que n’importe quel projet de STEP serait rentable : les explications générales ne remplacent pas son dossier économique. Le bilan économique de Bistrica demanderait des hypothèses propres au site, aux prix de l’électricité et aux conditions de financement ; le principe physique du stockage ne permet pas de le calculer.

660 MW : ce que le chiffre permet vraiment de comparer

Les définitions de l’EIA séparent la puissance, exprimée notamment en MW, de l’énergie, exprimée en MWh ou GWh. Une puissance décrit un rythme de production ou de consommation ; une énergie ajoute une durée. À titre de calcul pédagogique, 660 MW maintenus pendant une heure représenteraient 660 MWh. Ce calcul n’attribue aucune autonomie à Bistrica : il faudrait connaître une capacité énergétique mobilisable et les conditions auxquelles la puissance peut être tenue.

De la même manière, une production annuelle annoncée n’est pas la quantité stockée en une charge. Diviser mécaniquement un volume annuel par une puissance ne donne pas la durée d’un cycle de la centrale hydroélectrique. Notre guide MW et MWh approfondit cette différence avec des exemples. Pour lire une nouvelle annonce, il faut donc chercher l’unité, la période et la frontière de mesure : le chiffre concerne-t-il la machine, l’énergie restituée ou un bilan qui tient compte du pompage ?

Stockage électrique : le service compte autant que la taille

L’EIA présente plusieurs usages du stockage électrique, dont l’équilibrage entre offre et demande, la réponse aux variations et le déplacement d’énergie vers des périodes où elle est davantage utile. Deux systèmes ne se comparent donc pas uniquement par leur puissance maximale : la durée de restitution et le service recherché comptent également. Une installation hydraulique et une batterie peuvent répondre à certains besoins communs sans être interchangeables dans tous les contextes.

Pour Bistrica, cette grille sert à poser les bonnes questions avant de conclure : quelles fonctions seront contractuellement attendues, quelles performances seront garanties et quelles preuves seront disponibles lors de la réception ? Notre guide des preuves à la réception aide à distinguer promesse et résultat, même si son sujet principal reste la rénovation. À ce stade, nous suivons un projet de centrale hydroélectrique en préparation. Les objectifs affichés méritent d’être expliqués ; leur réalisation devra ensuite être démontrée.

Article d’information, situation vérifiée au 28 octobre 2026. Les calendriers rapportés restent des objectifs des organismes cités ; aucune consigne de conception ou d’exploitation d’un ouvrage n’est fournie.

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