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Quelles sont les obligations légales pour un propriétaire de seuil ?

Sources : Dossier ministériel, Ministère de la Transition écologique, Questions-réponses sur la compétence GEMAPI, Code de l’énergie, Loi du 16 octobre 1919 relative à l’utilisation de l’énergie hydraulique, Code de l’environnement, art. L. 214-1 à L. 214-6, L. 214-17 et L. 214-18, Conseil d’État, décision du 28 juillet 2022, n° 443911, Code de l’environnement, art. L. 215-14

Sommaire

Sujets abordés

Quelles sont les obligations légales pour un propriétaire de seuil ?
La réponse en une phrase

Le propriétaire d’un seuil doit s’assurer de disposer d’un titre légal pour son ouvrage et son exploitation, respecter les règles de la police de l’eau, garantir la continuité écologique et le débit minimal, entretenir l’ouvrage et distinguer ses obligations de celles liées au cours d’eau. Ces obligations sont encadrées par le Code de l’environnement, le Code de l’énergie et des décisions jurisprudentielles.

1. Vérifier les droits attachés à l’ouvrage et à l’exploitation

Être propriétaire d’un seuil ne confère pas automatiquement le droit d’exploiter la force de l’eau. Pour produire de l’hydroélectricité, il est impératif de disposer d’un titre légal, qui peut être une concession ou une autorisation de l’État, conformément au principe posé par la loi du 16 octobre 1919 relative à l’utilisation de l’énergie hydraulique Loi du 16 octobre 1919. Le régime juridique applicable dépend de la puissance de l’installation envisagée : les ouvrages dont la puissance maximale brute est supérieure à 4,5 MW relèvent du régime de la concession, tandis que ceux de puissance égale ou inférieure sont en principe soumis à autorisation Code de l’énergie. Il est important de noter que ce seuil de puissance ne dispense pas d’examiner les formalités requises au titre de la police de l’eau, de l’urbanisme ou d’autres réglementations spécifiques.

Ce que ce n’est pas : un droit ancien ne vaut pas autorisation nouvelle

Un droit de prise d’eau ancien, tel qu’un droit fondé en titre, ne constitue pas une autorisation automatique pour tout nouvel aménagement ou toute nouvelle exploitation d’un seuil. Il est nécessaire d’établir l’existence et la consistance de ce droit, puis de vérifier les prescriptions environnementales applicables avant d’entreprendre des modifications ou une nouvelle exploitation Dossier ministériel.

2. Respecter la police de l’eau avant toute intervention

Toute intervention sur un seuil, qu’il s’agisse de sa création, de sa modification, de travaux ou de son exploitation, si elle a une incidence sur l’eau ou les milieux aquatiques, peut relever de la nomenclature IOTA (installations, ouvrages, travaux et activités) Code de l’environnement, art. L. 214-1. Selon la rubrique concernée et les effets du projet, ces interventions sont soumises à un régime de déclaration ou d’autorisation. Il est donc essentiel de vérifier le régime applicable auprès des services de l’État avant d’entreprendre des travaux ou de modifier le fonctionnement de l’ouvrage. L’autorité administrative est habilitée à imposer des prescriptions spécifiques, par exemple concernant les débits, les périodes de travaux ou les dispositifs nécessaires au bon fonctionnement du milieu aquatique Code de l’environnement, art. L. 214-1 à L. 214-6.

3. Assurer la continuité écologique et le débit minimal

Le propriétaire d’un seuil a des obligations concernant la continuité écologique, qui vise à permettre la circulation des poissons et le transport des sédiments. Les mesures concrètes à mettre en œuvre dépendent du classement du cours d’eau, des caractéristiques de l’ouvrage, de ses effets sur le milieu et des prescriptions administratives. Sur certains cours d’eau classés, des règles peuvent imposer des mesures de réduction de l’obstacle ou l’équipement de dispositifs spécifiques. L’existence d’un seuil ancien ne suffit pas, à elle seule, à l’exempter de toute obligation en la matière Conseil d’État, décision du 28 juillet 2022.

De plus, pour tout ouvrage situé dans le lit d’un cours d’eau, le Code de l’environnement prévoit un débit minimal à laisser dans le cours d’eau Code de l’environnement, art. L. 214-17. Le repère général est fixé au dixième du module, c’est-à-dire le débit moyen interannuel, avec des dispositions particulières pouvant le réduire au vingtième dans certains cas prévus par la loi. Les actes administratifs peuvent également fixer des valeurs différentes selon les périodes, dans le respect des conditions légales Code de l’environnement, art. L. 214-18.

4. Entretenir l’ouvrage et respecter les prescriptions administratives

Le propriétaire ou l’exploitant d’un seuil est tenu d’entretenir les ouvrages et les dispositifs prescrits pour assurer leur bon fonctionnement, notamment ceux liés à la continuité écologique. Le ministère chargé de l’environnement précise que la gestion de ces dispositifs incombe en principe au propriétaire ou à l’exploitant, même lorsque la collectivité exerce la compétence GEMAPI (Gestion des Milieux Aquatiques et Prévention des Inondations) Ministère de la Transition écologique, Questions-réponses GEMAPI. La GEMAPI ne transfère donc pas automatiquement à la collectivité la propriété ni l’ensemble des obligations attachées au seuil. Le préfet peut, au titre de la police de l’eau, prendre un arrêté individuel imposant des prescriptions spécifiques au propriétaire Ministère de la Transition écologique, Questions-réponses GEMAPI.

5. Distinguer les obligations liées au seuil de celles liées au cours d’eau

Il est essentiel de ne pas confondre l’obligation d’entretien du cours d’eau avec les obligations relatives à l’ouvrage lui-même. Pour un cours d’eau non domanial, le propriétaire riverain est tenu à un entretien régulier dans les conditions définies par le Code de l’environnement Code de l’environnement, art. L. 215-14. Pour un cours d’eau domanial, la qualité de propriétaire et la répartition des responsabilités sont différentes. Un seuil peut par ailleurs appartenir à une personne distincte du propriétaire des terrains riverains. Il est donc crucial de vérifier les titres de propriété, les servitudes et les actes administratifs plutôt que de déduire les responsabilités du seul voisinage Ministère de la Transition écologique, FAQ GEMAPI.

En résumé

Les obligations légales d’un propriétaire de seuil sont multiples et complexes, nécessitant une vérification approfondie des droits d’exploitation, le respect strict de la police de l’eau avant toute intervention, et la garantie de la continuité écologique et du débit minimal. L’entretien de l’ouvrage et la distinction claire entre les responsabilités liées au seuil et celles du cours d’eau sont également primordiales. La situation spécifique de chaque ouvrage doit être analysée à partir de ses titres, du classement du cours d’eau, des actes préfectoraux et des caractéristiques du projet envisagé.

hydroelectrique.fr est un média indépendant, non affilié au ministère de la Transition écologique. Les informations publiées ne constituent pas un conseil financier.

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