Actu

Mon projet est-il sur un cours d’eau classé et qu’est-ce que ça change ?

Informations vérifiées · Sources officielles : RTE, EDF, CRE

Sommaire

Sujets abordés

Mon projet est-il sur un cours d’eau classé et qu’est-ce que ça change ?
La réponse en une phrase

Un projet hydroélectrique est très fortement impacté s’il se situe sur un cours d’eau classé au titre de l’article L.214-17 du code de l’environnement. Ce classement, réparti en deux listes, détermine les contraintes spécifiques relatives à la continuité écologique et à la faisabilité de nouveaux ouvrages.

Cours d’eau classés : le cadre réglementaire de l’article L.214-17

Le classement des cours d’eau en France est une disposition majeure pour la gestion de l’eau et des milieux aquatiques, encadrée par l’article L.214-17 du code de l’environnement. Ce dispositif repose sur la distinction entre deux catégories principales, la liste 1 et la liste 2, chacune imposant des règles spécifiques aux projets et ouvrages hydroélectriques [2].

L’objectif central de ce classement est de garantir la continuité écologique des cours d’eau. Cette notion fondamentale vise à assurer la libre circulation des espèces biologiques, notamment les poissons migrateurs, ainsi que le transport naturel des sédiments. Ces deux aspects sont essentiels pour le bon fonctionnement des écosystèmes aquatiques et la résilience des rivières face aux perturbations [2].

La liste 1 concerne les cours d’eau ou parties de cours d’eau où il est jugé primordial de préserver ou de restaurer la continuité écologique. Sur ces tronçons, la réglementation est particulièrement stricte : elle interdit tout nouvel obstacle à la continuité écologique. Cela signifie qu’un nouveau barrage, un nouveau seuil ou tout autre aménagement créant une rupture ne peut être envisagé [7].

La liste 2 s’applique aux cours d’eau où la continuité écologique doit être restaurée ou améliorée, mais où des ouvrages existent déjà. Pour ces tronçons, la réglementation impose la mise en conformité des ouvrages existants. Cette obligation doit être respectée dans un délai de cinq ans suivant la publication de l’arrêté de classement. Les aménagements requis peuvent inclure des passes à poissons, des dispositifs de dévalaison ou de montaison, et des solutions pour la gestion des sédiments [7].

Les implications concrètes pour votre projet hydroélectrique

Le classement d’un cours d’eau a des conséquences directes et majeures sur la faisabilité et la conception de tout projet hydroélectrique. Pour un porteur de projet, la vérification du statut du cours d’eau est un préalable indispensable à toute démarche, car il peut rendre un projet impossible ou le contraindre fortement [7].

Si votre projet se situe sur un cours d’eau classé en liste 1, la création d’un nouveau barrage, seuil ou tout autre obstacle est, en principe, bloquée. Cette interdiction vise à protéger les tronçons les plus sensibles et à garantir leur intégrité écologique. Cela signifie que les opportunités de développement de nouvelles centrales hydroélectriques sur ces cours d’eau sont quasi nulles [7].

En revanche, sur un cours d’eau classé en liste 2, un projet ou un ouvrage existant doit impérativement intégrer des aménagements de continuité écologique. Ces aménagements sont variés et peuvent inclure des dispositifs facilitant le passage des poissons (montaison et dévalaison) et une gestion adaptée du transport des sédiments. L’objectif est de minimiser l’impact de l’ouvrage sur l’écosystème fluvial. La mise en conformité doit être réalisée dans les cinq ans suivant l’arrêté de classement [2].

Le ministère de la Transition écologique a d’ailleurs souligné que l’actualisation des classements, notamment en 2022, a conduit à exclure une partie du potentiel hydroélectrique estimé précédemment, par exemple en 2013. Sur certains cours d’eau, la construction de nouveaux ouvrages n’est désormais plus envisageable en raison de ces classements. Cela illustre l’impact direct de la réglementation sur les perspectives de développement de l’hydroélectricité [3].

En somme, la présence d’un classement peut rendre un projet impossible, le soumettre à des contraintes très fortes, ou le conditionner à des travaux supplémentaires significatifs, impactant ainsi sa rentabilité et sa faisabilité technique [3].

Comment vérifier le statut de votre cours d’eau et anticiper les contraintes

Avant d’engager des études approfondies pour un projet hydroélectrique, il est crucial de déterminer avec précision si le cours d’eau concerné est classé et, le cas échéant, sous quelle liste. Cette vérification est un préalable essentiel pour évaluer la faisabilité de votre initiative [7].

Pour un cas précis, plusieurs points doivent être vérifiés avec rigueur :

  • La commune, le tronçon de rivière et le bassin hydrographique concernés par votre projet. Le classement est en effet établi par cours d’eau, parties de cours d’eau ou canaux, et non de manière générique sur l’ensemble du territoire [3].
  • L’existence d’un arrêté de classement en vigueur. Ces arrêtés sont les documents officiels qui attestent du statut d’un cours d’eau et des obligations qui en découlent.
  • La nature de votre projet : crée-t-il un nouvel obstacle à la continuité écologique ou vise-t-il à modifier un ouvrage existant ? Cette distinction est fondamentale, car les règles applicables diffèrent radicalement entre la liste 1 et la liste 2.
  • Les obligations spécifiques de continuité écologique imposées par l’administration compétente. Même sur un cours d’eau non classé en liste 1, des exigences peuvent s’appliquer pour les ouvrages existants ou nouveaux, en fonction de la taille et de l’impact du projet.

Ces démarches permettent d’anticiper les contraintes réglementaires et techniques, et d’adapter votre projet en conséquence. Ignorer ces classements pourrait entraîner un blocage administratif ou des coûts de mise en conformité imprévus et importants [7].

Ce que ce n’est pas : propositions et contextes historiques

Il est important de distinguer les règles en vigueur des propositions ou des contextes passés. Par exemple, France Hydro Électricité a exprimé une position visant à un abaissement du seuil d’éligibilité pour certains projets, dans le cadre du débat sur la reconnaissance d’intérêt public majeur. Il s’agit là d’une proposition émanant d’un acteur professionnel, et non d’une règle actuellement en vigueur [6].

De même, un article de presse datant de 2013 évoquait le nouveau classement des rivières et ses effets sur la petite hydroélectricité. Bien que pertinent pour comprendre l’historique de la réglementation, il s’agit d’un contexte historique et non d’une décision actuelle autonome [1].

Concernant le potentiel hydroélectrique, le ministère de la Transition écologique a mentionné une mise à jour en 2022, estimant environ 650 MW de nouveaux ouvrages possibles sur des sites vierges et environ 370 MW sur des seuils existants. Ces chiffres représentent des ordres de grandeur de potentiel et non des projets confirmés ou des décisions d’autorisation [3].

En résumé

Le classement des cours d’eau selon l’article L.214-17 du code de l’environnement est un facteur déterminant pour tout projet hydroélectrique. La liste 1 interdit tout nouvel obstacle à la continuité écologique, tandis que la liste 2 impose la mise en conformité des ouvrages existants dans un délai de cinq ans.

Vérifier le statut de votre cours d’eau est une étape préalable indispensable, car ce classement peut rendre un projet impossible, très contraint ou conditionné à des travaux coûteux. Ces règles visent à protéger la libre circulation des espèces et le transport des sédiments, éléments clés de la continuité écologique.

hydroelectrique.fr est un média indépendant, non affilié à le ministère de la Transition écologique. Les informations publiées ne constituent pas un conseil financier.

Restez branché sur l'hydroélectricité

L’essentiel par email sur le secteur : réglementation, chantiers, innovations. Pas de spam, désinscription en un clic.

Pas de spam · Désinscription en un clic