
La centrale hydroélectrique de Super-Bissorte, en Savoie, associe stockage par pompage et très grande hauteur de chute. Le registre national du 31 août 2026 lui attribue 742,26 MW et cinq groupes. Elle occupe ainsi la quatrième place de notre comparaison des installations françaises enregistrées. EDF la présente pour sa part à 730 MW dans sa liste des STEP. Ces valeurs sont conservées avec leur source, sans supposer que leur écart démontre à lui seul une modification récente des machines. ODRÉ — registre national au 31 août 2026 EDF — stations de transfert d’énergie par pompage
Le circuit de la STEP de Super-Bissorte, sans confondre les usines
La centrale hydroélectrique de Super-Bissorte réalise un transfert entre le lac de Bissorte et le bassin du Pont-des-Chèvres. Une notice de visite publiée par EDF Hydro Alpes pour septembre 2021 décrit explicitement le turbinage depuis la réserve supérieure et le pompage depuis la retenue inférieure. Elle distingue aussi la centrale historique de Bissorte de Super-Bissorte. Ce sont ces fonctions attestées que reprend le schéma. EDF Hydro Alpes — notice de visite Super-Bissorte et Bissorte, 2021
| Caractéristique | Valeur ou fonction | Source et périmètre |
|---|---|---|
| Puissance enregistrée | 742,26 MW | Installation Super-Bissorte, 31 août 2026 |
| Nombre déclaré | 5 groupes | Registre, sans décomposition des types |
| Hauteur de chute déclarée | 1 158,8 m | Champ hauteur de chute de l’installation |
| Raccordement déclaré | 400 kV | Entrée S.BISH du registre |
| Réserve supérieure | Lac de Bissorte | Notice EDF Hydro Alpes, 2021 |
| Réserve inférieure | Pont-des-Chèvres | Notice EDF Hydro Alpes, 2021 |
| Fonctionnement | Turbinage et pompage | Fonctions de la STEP décrites par EDF |

Lire les circuits du schéma en texte
En production
- Lac de Bissorte → Liaison hydraulique: Descente (eau).
- Liaison hydraulique → Super-Bissorte: Turbinage (eau).
- Super-Bissorte → Bassin du Pont-des-Chèvres: Restitution (eau).
- Super-Bissorte → Réseau électrique: Électricité produite (électricité).
En pompage
- Bassin du Pont-des-Chèvres → Super-Bissorte: Eau à relever (eau en pompage).
- Super-Bissorte → Liaison hydraulique: Pompage (eau en pompage).
- Liaison hydraulique → Lac de Bissorte: Remontée d’eau (eau en pompage).
- Réseau électrique → Super-Bissorte: Électricité consommée (électricité).
Une haute chute ne donne pas la hauteur du barrage
Les 1 158,8 mètres renseignés dans le registre expriment la chute déclarée de l’installation. La hauteur du barrage de Bissorte mesure un ouvrage de retenue ; elle ne mesure pas le parcours énergétique de l’eau jusqu’aux machines. Le relief permet de disposer d’une réserve haute et de produire bien plus bas. La longueur ou l’inclinaison d’une conduite ne se déduisent pas de ce seul dénivelé.
Une conduite sous pression canalise l’eau jusqu’aux équipements. La turbine prélève une partie de l’énergie hydraulique et entraîne une machine électrique fonctionnant en alternateur. Le réseau reçoit alors de l’électricité. Dans le mode de pompage, il fournit au contraire de l’énergie aux équipements capables de relever l’eau. La quantité d’électricité restituée au cours d’un cycle reste inférieure à celle consommée pour le préparer.
Les cinq groupes du registre ne décrivent pas cinq pompes identiques
Le nombre déclaré dans ODRÉ est un décompte d’équipements, pas un inventaire de leur technologie ou de leur rôle individuel. Il ne permet ni de partager les 742,26 MW en cinq parts égales ni d’attribuer à chaque machine une fonction de pompage. Le schéma utilise donc un bloc fonctionnel « Super-Bissorte » : les flèches de remontée signifient que la centrale dispose du pompage, sans affirmer que tous ses groupes le réalisent.
Les flèches de production et de consommation représentent deux modes de fonctionnement, pas deux puissances à additionner. Le raccordement à 400 kV indique une tension électrique ; il ne donne ni une production annuelle ni une réserve d’énergie. Une puissance exprimée en mégawatts peut être élevée alors que la durée mobilisable dépend encore des niveaux d’eau et des conditions d’exploitation.
Le bassin du Pont-des-Chèvres est un point de retour
En turbinage, l’eau descend depuis Bissorte et rejoint le bassin inférieur ; pendant le pompage, elle repart vers la réserve haute. La notice EDF décrit ce couple de retenues sans fusionner les centrales voisines. Le stockage utilise ainsi le même relief dans les deux sens énergétiques. Le schéma reste hors échelle : aucune profondeur de caverne, branche hydraulique supplémentaire ou disposition géographique n’est représentée.
Le classement des plus grands barrages de France retient le périmètre enregistré de Super-Bissorte seul. Il ne lui ajoute pas la puissance des autres usines de la Maurienne.
Centrale hydroélectrique de Super-Bissorte : que représente une heure de production ?
La comparaison suivante prend 742,26 MW pendant une heure, à puissance constante, soit 742,26 MWh d’énergie brute turbinée. C’est un scénario hypothétique, pas la mesure d’une heure réelle ni une promesse de disponibilité. La référence concerne Entrée ODRÉ S.BISH-CENTRALE HYDRAULIQUE DE SUPER-BISSORTE-7, au 31 août 2026 ; Bissorte, Orelle et La Saussaz exclus.. ODRÉ — puissance active maximum installée, registre au 31 août 2026.
| Repère | Équivalence arrondie |
|---|---|
| Logements d’une ville modèle de 100 000 habitants | Environ 29,6 heures de leur consommation électrique moyenne, avec le modèle résidentiel ci-dessous. |
| Voiture électrique équipée d’une batterie utile de 60 kWh | Environ 11 134 recharges complètes de 0 à 100 %, en supposant 90 % de rendement de recharge. |
Ces deux lignes sont des comparaisons alternatives de la même énergie ; elles ne s’additionnent pas. La ville modèle ne comprend ici que les usages électriques des logements, sans les entreprises, les transports ni les services publics. Le nombre de recharges ne décrit ni des bornes fonctionnant simultanément ni un modèle particulier de voiture.
Voir les hypothèses et le calcul
Énergie = puissance × durée : 742,26 MW × 1 h = 742,26 MWh. Un MW mesure une puissance ; un MWh mesure une quantité d’énergie. Par exemple, 1 GW tenu une heure représente 1 GWh, et non une production annuelle.
Pour les logements, le modèle retient 2 200 kWh par an et par habitant, arrondis à partir des 150,9 TWh de consommation résidentielle réelle en 2024 publiés par le SDES et des 68,4 millions d’habitants au 1er janvier 2024 indiqués par l’Insee. Il utilise une année normalisée de 8 760 heures pour exprimer une moyenne : ce n’est ni une norme individuelle ni le profil horaire observé d’une commune.
Le calcul de recharge est : énergie en kWh × 0,90 ÷ 60. Les 60 kWh de capacité utile et les 90 % de rendement sont des hypothèses explicites. La capacité du véhicule, sa température, les pertes et les conditions de recharge font varier le résultat. Aucun rendement hydraulique supplémentaire n’est appliqué à une puissance déjà électrique.
Particularité du pompage-turbinage : cette comparaison porte sur l’électricité turbinée. Remonter l’eau a consommé de l’électricité et le cycle comporte des pertes. Le résultat n’est donc ni une production renouvelable nette ni une durée d’autonomie du stockage. Le volume brut d’un bassin ne suffit pas à établir cette autonomie.
Super-Bissorte et Bissorte : des noms proches, des centrales distinctes
Le nom de Bissorte peut désigner le réservoir de montagne, un barrage et une centrale plus ancienne. La notice de visite publiée par EDF Hydro Alpes en septembre 2021 distingue explicitement Super-Bissorte de la centrale historique de Bissorte. Elle décrit le turbinage depuis la retenue supérieure de Bissorte et le pompage depuis le bassin inférieur du Pont-des-Chèvres. EDF Hydro Alpes — notice de visite Super-Bissorte et Bissorte, 2021
Cette distinction est essentielle dans un classement. Le partage d’une même retenue ne donne pas le droit d’additionner toutes les centrales qui en bénéficient. Le tableau national retient la ligne de Super-Bissorte telle qu’elle est enregistrée. Il n’y ajoute ni Bissorte, ni Orelle, ni La Saussaz. Additionner ces installations produirait une capacité d’ensemble hydraulique plus large, difficilement comparable à celle d’une centrale seule.
Le réservoir haut et le bassin du Pont-des-Chèvres
La notice EDF Hydro Alpes décrit un transfert entre la retenue supérieure de Bissorte et la retenue inférieure du Pont-des-Chèvres. L’eau descend pour produire, puis le pompage peut la relever vers la réserve haute. Ce fonctionnement atteste le rôle des deux bassins ; il ne décrit pas à lui seul tous les ouvrages de la vallée ni la répartition des machines de Super-Bissorte. EDF Hydro Alpes — circuit décrit dans la notice de visite, 2021
Pour comprendre le système, on peut suivre trois objets sur le schéma : une réserve d’altitude, les liaisons vers les machines et une retenue de restitution. Une carte routière ne suffit pas à montrer ces connexions, car une grande partie des circulations se fait dans des ouvrages dédiés. Le cours naturel de l’Arc et le chemin emprunté par l’eau turbinée ne se confondent donc pas en tout point.
Une hauteur de chute de plus d’un kilomètre
Le registre national renseigne 1 158,8 mètres pour le champ hauteur de chute de Super-Bissorte. Cette grandeur correspond à la dénivellation hydraulique exploitée, selon la déclaration du registre. Ce n’est pas la hauteur du barrage de Bissorte. Une centrale peut profiter du relief sur une grande distance et exploiter un dénivelé très supérieur à la taille de son ouvrage de retenue. ODRÉ — registre national au 31 août 2026
La haute chute explique pourquoi le relief joue un rôle déterminant dans ce type d’installation. Pour une même quantité d’eau transférée, une différence d’altitude plus grande représente davantage d’énergie potentielle. Mais la hauteur ne suffit pas à déterminer la puissance électrique : il faut également connaître le débit et les performances des machines. Un classement par hauteur de chute répond donc à une question différente d’un classement par mégawatts.
Cinq groupes déclarés : ne pas déduire leurs fonctions
Le registre national du 31 août 2026 déclare cinq groupes pour Super-Bissorte. Ce décompte ne précise pas leur répartition technologique. Il ne permet donc pas de dessiner cinq pompes identiques, ni de diviser la puissance enregistrée en cinq parts égales censées représenter les machines réelles. Le schéma de cette fiche conserve seulement les fonctions d’ensemble attestées : turbinage et pompage. ODRÉ — registre national au 31 août 2026 EDF Hydro Alpes — fonctions de Super-Bissorte, 2021
Un inventaire technique doit préciser, pour chaque équipement, s’il produit seulement ou s’il peut également relever de l’eau. La fonction de pompage d’un site ne transforme pas automatiquement tous ses groupes en machines réversibles. Une photographie extérieure, un nombre total de groupes ou une puissance agrégée ne suffisent pas à établir cette répartition.
Ce que mesure la puissance de 742,26 MW
La valeur du registre est une puissance active maximum installée. Elle décrit une capacité déclarée dans un état national daté ; elle n’est pas une mesure de la production au moment où cette page est lue. Le nombre de groupes et la puissance sont des caractéristiques de la ligne de Super-Bissorte, pas un bulletin de disponibilité. ODRÉ — registre national au 31 août 2026
Par exemple, maintenir une puissance constante de 742,26 MW pendant une heure représenterait 742,26 MWh. Ce calcul montre le passage entre puissance et énergie ; il ne donne ni la durée d’un cycle réel ni la production annuelle de la centrale. Pour connaître ces dernières, il faut des données supplémentaires, avec une période, une convention et un périmètre explicites.
Le pompage transforme le rôle de la retenue
Une réserve de montagne permet de conserver de l’eau issue des apports naturels. Le pompage ajoute la possibilité de reconstituer une partie de la réserve à partir du bassin inférieur. L’installation peut ainsi déplacer de l’énergie entre des moments différents, au lieu de dépendre uniquement de l’arrivée immédiate des eaux naturelles. Le cycle consomme de l’énergie avant d’en restituer.
Cette fonction ne signifie pas que la centrale peut produire indéfiniment à sa puissance maximale. Il faut de l’eau disponible au bon niveau et de la place pour la recevoir en aval. Les pertes du cycle empêchent également de récupérer toute l’électricité consommée pendant le pompage. La puissance élevée caractérise la vitesse possible de restitution, pas une quantité d’énergie illimitée.
Une centrale connectée au système électrique alpin
Le dossier de débat public relatif à la liaison Lyon–Chambéry identifie Super-Bissorte et son raccordement au poste de La Praz–Saint-André parmi les grands moyens hydrauliques alpins. Il permet de voir qu’une centrale ne fonctionne pas seule : l’énergie produite doit être acheminée par des équipements et des lignes adaptés. Ce document historique éclaire l’organisation régionale ; ses anciens tableaux de puissance ne remplacent pas les données du registre actuel. RTE / débat public Lyon–Chambéry — contexte hydraulique alpin
Le réseau électrique et le réseau hydraulique ont ici deux logiques complémentaires. Le premier transporte l’électricité entre producteurs et consommateurs ; le second fait circuler et stocke l’eau. Confondre leurs schémas conduit parfois à attribuer à une centrale toutes les machines raccordées au même poste ou tous les ouvrages situés dans la même vallée. Notre comparaison conserve le site de production comme unité.
Lire les ouvrages depuis les accès autorisés
Le lac de montagne, le bassin bas et l’entrée d’une usine souterraine offrent des vues très différentes du même aménagement. Pour une découverte, l’objectif le plus utile est de reconnaître leur fonction respective. Voir une retenue pleine ne permet pas de savoir si la centrale est à l’arrêt, en pompage ou en turbinage : cette information réclame des données d’exploitation datées.
Une visite intérieure éventuelle dépend des ouvertures organisées par l’exploitant. Un ancien programme de journées du patrimoine ne garantit pas une possibilité d’accès aujourd’hui. Dans le secteur de montagne, les conditions des pistes, la météo et les restrictions locales doivent être vérifiées au moment du déplacement. Les ouvrages de prise d’eau et de restitution restent des équipements industriels, même lorsqu’ils se trouvent dans un paysage apprécié des promeneurs.
Comparer Super-Bissorte avec les autres STEP
Le classement des plus grands barrages de France distingue le critère de puissance des hauteurs et des volumes. Super-Bissorte y apparaît parmi les dix premières installations enregistrées, sans que cette place donne automatiquement un record à son barrage ou à son lac.
La centrale du Cheylas offre un autre exemple alpin de circulation entre deux bassins. La Coche permet d’étudier une autre association entre pompage et groupe Pelton, tandis que Grand’Maison représente une échelle de puissance supérieure. Ces fiches donnent des comparaisons de fonctionnement, chacune conservant ses propres ouvrages et son propre périmètre.
Questions fréquentes sur Super-Bissorte
Le barrage de Bissorte mesure-t-il plus de 1 100 mètres ?
Non. Le chiffre de 1 158,8 mètres retenu ici est une hauteur de chute déclarée au registre. Il décrit le dénivelé exploité par la centrale et ne doit jamais être présenté comme la hauteur du mur du barrage.
Les cinq groupes peuvent-ils tous pomper ?
Le décompte des cinq groupes dans le registre ne répond pas à cette question. EDF atteste la fonction de pompage de Super-Bissorte, sans que ce nombre permette d’en déduire le rôle individuel de chaque machine. Une capacité de pompage doit être documentée séparément de la puissance de production. EDF Hydro Alpes — fonction de pompage décrite en 2021
Pourquoi EDF annonce-t-il 730 MW ?
C’est la valeur de sa liste de présentation des STEP. Le registre national indique 742,26 MW dans son champ de puissance active maximum installée. La fiche conserve les deux références ; elle n’attribue pas leur différence à une cause technique non démontrée.
Faut-il ajouter Bissorte pour établir le classement ?
Non. Le classement utilise Super-Bissorte comme installation enregistrée. Un total élargi devrait annoncer clairement qu’il additionne plusieurs centrales et ne pourrait plus être comparé sans précaution à la seule centrale d’un autre site.
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Sources et repères documentaires
- ODRÉ — registre national au 31 août 2026
- EDF — stations de transfert d’énergie par pompage
- EDF Hydro Alpes — notice de visite Super-Bissorte et Bissorte, septembre 2021
- RTE / débat public Lyon–Chambéry — contexte hydraulique alpin
Vérification documentaire : 29 octobre 2026. Puissances du classement : registre national au 31 août 2026.