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Centrale hydroélectrique de Révin : bassins et STEP

Sources : ODRÉ, EDF, Mairie des Mazures

Sommaire

Sujets abordés

Vue d’illustration d’un aménagement hydraulique générique — revin
Vue d’illustration d’un aménagement hydraulique générique — revin
Vue d’illustration : aménagement et paysage génériques. Cette scène ne constitue pas une photographie documentaire du site réel.
L’essentiel

La centrale hydroélectrique de Révin, aussi appelée Révin–Saint-Nicolas–Les Mazures, est une grande installation de stockage dans les Ardennes. Le registre national du 31 août 2026 lui attribue 808 MW de puissance active maximum installée. EDF présente couramment la STEP à 800 MW. Ces deux nombres ont des références différentes : le premier sert à notre classement national homogène ; le second est le repère de présentation de l’exploitant. ODRÉ — registre national au 31 août 2026 EDF — centrale hydroélectrique de Révin

Révin : lire les machines, les volumes et la tension électrique

La centrale hydroélectrique de Révin combine une chaîne hydraulique et une chaîne électrique. Le bassin des Marquisades envoie l’eau vers les groupes ; le bassin de Whitaker la reçoit. Pendant le pompage, la circulation s’inverse et le réseau fournit l’énergie nécessaire. La plaquette EDF de 2011 permet aussi de lire des caractéristiques moins visibles : type Francis, volumes utiles et transformation de la tension. EDF — plaquette Révin–Saint-Nicolas–Les Mazures, 2011, p. 2–3

Repères de la STEP de Révin, avec leur convention
Caractéristique Valeur Périmètre
Puissance enregistrée 808 MW Installation ODRÉ, 31 août 2026
Groupes principaux EDF 4 groupes réversibles de 200 MW Présentation EDF actuelle
Type de turbine Francis réversible Plaquette EDF 2011
Bassin supérieur des Marquisades 8,5 millions de m³ au total ; 6,9 utiles Plaquette EDF 2011
Bassin inférieur de Whitaker 9 millions de m³ au total ; 6,9 utiles Plaquette EDF 2011
Transformation électrique 13 000 vers 400 000 V en production Plaquette EDF 2011
Caverne principale 115 × 17 × 16 m Longueur × largeur × hauteur, 2011
Schéma de fonctionnement : centrale hydroélectrique de Révin
Schéma fonctionnel hors échelle. Le bloc des quatre groupes représente la STEP principale décrite par EDF ; il ne transforme pas les cinq groupes déclarés dans le registre en cinq machines identiques. La liaison hydraulique est regroupée, sans inventer un nombre de conduites. Les Vieilles Forges ne sont pas le bassin supérieur.
Lire les circuits du schéma en texte

En production

  • Bassin des Marquisades → Circuit hydraulique: Descente en turbinage (eau).
  • Circuit hydraulique → 4 groupes Francis réversibles: Eau vers les turbines (eau).
  • 4 groupes Francis réversibles → Bassin de Whitaker: Restitution (eau).
  • 4 groupes Francis réversibles → Transformation électrique: Production (électricité).
  • Transformation électrique → Réseau électrique: Injection (électricité).
  • Lac des Vieilles Forges → La Faux: Apports d’eau (eau).
  • La Faux → Bassin de Whitaker: Alimentation de Whitaker (eau).

En pompage

  • Bassin de Whitaker → 4 groupes Francis réversibles: Pompage (eau en pompage).
  • 4 groupes Francis réversibles → Circuit hydraulique: Refoulement (eau en pompage).
  • Circuit hydraulique → Bassin des Marquisades: Remontée d’eau (eau en pompage).
  • Réseau électrique → Transformation électrique: Électricité consommée (électricité).
  • Transformation électrique → 4 groupes Francis réversibles: Alimentation des moteurs (électricité).

Les 6,9 millions de mètres cubes utiles ne sont pas deux réserves additionnables

Le volume utile désigne la part mobilisable entre les niveaux d’exploitation, et non toute l’eau présente. En production, un volume quitte le bassin haut pour occuper de la place dans le bassin bas. Le stockage repose donc sur un transfert entre deux réservoirs ; additionner leurs capacités utiles compterait deux fois les deux extrémités d’un même transfert. Ces données documentaires ne constituent pas un relevé des niveaux du jour.

Le débit, exprimé en mètres cubes par seconde, mesure le volume d’eau qui traverse une section du circuit chaque seconde. La puissance, exprimée en mégawatts, mesure la vitesse de transfert d’énergie électrique. Un volume en mètres cubes ne devient pas directement un nombre de mégawattheures : il faudrait connaître les conditions hydrauliques, les niveaux exploitables et les rendements. Aucune autonomie n’est calculée ici à partir des volumes totaux.

Francis, alternateur et transformateur : trois rôles à distinguer

Une turbine Francis échange l’énergie de l’eau sous pression avec une roue. À Révin, les groupes sont réversibles : en mode pompe, leur machine électrique fonctionne comme un moteur pour relever l’eau. En mode turbine, elle fonctionne comme un alternateur. « Réversible » signifie que l’équipement assure ces deux fonctions ; cela ne signifie pas que le cycle restitue toute l’énergie consommée. EDF — quatre groupes turbine-pompe de 200 MW

Le transformateur adapte la tension entre les machines et le réseau. Les 13 000 et 400 000 volts ne sont pas deux puissances à additionner. La plaquette mentionne aussi des MVA pour des équipements électriques : cette unité de puissance apparente ne doit pas être remplacée automatiquement par des MW, unité de puissance active.

Ce que représente le schéma de Révin

Les flèches d’eau relient Marquisades, groupes et Whitaker. Les flèches électriques montrent une injection pendant le turbinage et une consommation pendant le pompage. Le lac des Vieilles Forges y apparaît comme une réserve distincte reliée à Whitaker par la Faux, conformément à la plaquette. Ce lac touristique n’est pas le bassin haut de la STEP. La réactivité annoncée de l’installation décrit sa mobilisation, pas la durée pendant laquelle elle pourrait fournir sa puissance maximale.

Le classement national des barrages et centrales conserve les 808 MW du registre ; les quatre groupes de 200 MW restent la description EDF de la STEP principale.

Centrale hydroélectrique de Révin : que représente une heure de production ?

La comparaison suivante prend 808 MW pendant une heure, à puissance constante, soit 808 MWh d’énergie brute turbinée. C’est un scénario hypothétique, pas la mesure d’une heure réelle ni une promesse de disponibilité. La référence concerne Entrée ODRÉ REVI5H-CENTRALE HYDRAULIQUE DE REVIN-7 au 31 août 2026. Valeur déclarée de l’installation ; ne pas la redistribuer aux quatre groupes principaux présentés à 800 MW par EDF.. ODRÉ — puissance active maximum installée, registre au 31 août 2026.

Deux façons de visualiser la même quantité d’énergie
Repère Équivalence arrondie
Logements d’une ville modèle de 100 000 habitants Environ 32,2 heures de leur consommation électrique moyenne, avec le modèle résidentiel ci-dessous.
Voiture électrique équipée d’une batterie utile de 60 kWh Environ 12 120 recharges complètes de 0 à 100 %, en supposant 90 % de rendement de recharge.

Les 808 MWh illustrés à Révin sont comparés soit aux logements, soit aux batteries : deux emplois alternatifs du même budget. La ville de référence exclut entreprises, transports et services publics pour ne compter que le résidentiel. Le résultat automobile décrit un total de charges, sans représenter une marque, une station de recharge ni des véhicules servis simultanément.

Voir les hypothèses et le calcul

Énergie = puissance × durée : 808 MW × 1 h = 808 MWh. Un MW mesure une puissance ; un MWh mesure une quantité d’énergie. Par exemple, 1 GW tenu une heure représente 1 GWh, et non une production annuelle.

La référence résidentielle est environ 2 200 kWh par habitant sur un an. Elle est arrondie à partir de 150,9 TWh consommés réellement dans les logements en 2024, source SDES, et de 68,4 millions d’habitants au 1er janvier 2024, source Insee. Répartir ce repère sur 8 760 heures donne une moyenne pédagogique ; ni une norme individuelle ni le profil horaire d’une ville ardennaise.

Pour les batteries, on part des 808 000 kWh, on en conserve 90 %, puis on divise par 60 kWh utiles :808 000 × 0,90 ÷ 60 charges théoriques. Les 60 kWh et 90 % sont des hypothèses sans attribution à un modèle commercial. Pertes, température et capacité réelle peuvent varier. Le départ étant une grandeur électrique, aucune seconde correction de rendement hydraulique n’est appliquée.

Les Marquisades et Whitaker ne créent pas d’énergie par un simple aller-retour. Révin consomme au pompage et restitue moins d’électricité sur le cycle, à cause des pertes. L’exemple de turbinage ne décrit donc ni un bilan renouvelable net ni une autonomie garantie. Les volumes totaux des bassins, sans niveaux et marges d’exploitation, ne permettent pas d’établir cette durée.

Comprendre la différence entre MW et MWh

Une STEP dans la forêt ardennaise

Mise en service en 1976, l’installation se situe dans le secteur de la Faux et de la Meuse. Elle associe des retenues placées à différentes altitudes et une centrale en partie souterraine. La géographie permet de faire descendre l’eau pour produire, puis de la remonter pour préparer un cycle suivant. La mairie des Mazures rappelle que les bassins sont répartis dans les communes voisines de Révin : le nom de la centrale ne désigne donc pas un seul bâtiment et un seul plan d’eau au même endroit. EDF — centrale hydroélectrique de Révin Mairie des Mazures — centrale de Révin

À bien distinguer

Pour lire une carte du site, il faut d’abord repérer les deux réservoirs de la STEP. La proximité d’une rivière ne signifie pas que toutes les eaux utilisées passent directement et continuellement de cette rivière aux turbines. Un aménagement de pompage dispose d’une logique de circulation propre, organisée autour de ses réserves haute et basse.

Marquisades en haut, Whitaker en bas

Le bassin des Marquisades constitue la retenue supérieure ; Whitaker est la retenue inférieure. La plaquette EDF indique un volume utile de 6,9 millions de mètres cubes pour chacun des deux bassins. Cette capacité utile doit être distinguée du volume total : toute l’eau contenue dans un lac industriel n’est pas nécessairement mobilisable entre les niveaux d’exploitation autorisés. EDF — plaquette Révin–Saint-Nicolas–Les Mazures, 2011

Ces deux réservoirs travaillent ensemble. Pendant un turbinage, le niveau du bassin haut tend à baisser et celui du bassin bas à monter. Lors du pompage, les tendances s’inversent. La réserve énergétique du système dépend ainsi du couple de bassins, de la différence d’altitude et de la quantité d’eau transférable. Additionner simplement leurs volumes totaux ne donne pas la capacité de stockage électrique.

Pourquoi le lac des Vieilles Forges reste un autre repère

Le lac des Vieilles Forges appartient à l’histoire et au fonctionnement plus large des aménagements locaux. EDF le décrit comme une réserve d’eau reliée au bassin de Whitaker par la Faux, avec également des usages de loisirs. Il ne faut pas en faire, par raccourci, le bassin supérieur de la STEP : ce rôle revient aux Marquisades. EDF — plaquette Révin–Saint-Nicolas–Les Mazures, 2011

Cette distinction est utile aux visiteurs qui connaissent surtout le lac touristique. Une photographie de plage, une activité nautique et une vue de digue ne permettent pas d’identifier à elles seules la fonction hydraulique d’un plan d’eau. Les règles applicables sur un lac de loisirs ne se déduisent pas non plus de celles d’un bassin industriel voisin. Chaque site possède son usage et sa signalisation propres.

Quatre groupes réversibles dans la présentation EDF

EDF décrit quatre groupes de 200 MW, capables de fonctionner en turbine ou en pompe. En production, l’eau met la machine en rotation et l’alternateur fournit de l’électricité. En pompage, le réseau apporte au contraire l’énergie nécessaire à la remontée de l’eau. La même infrastructure hydraulique sert donc successivement à restituer et à conserver de l’énergie. EDF — centrale hydroélectrique de Révin

Le registre national compte cinq groupes dans sa ligne de Révin, pour 808 MW au total. Il ne faut pas réécrire les quatre groupes principaux en cinq groupes identiques ni attribuer sans preuve les 8 MW de différence à un équipement précis. Le document de présentation et la déclaration de registre n’ont pas exactement la même description. Notre fiche conserve cette différence, sans inventer une explication technique qui ne serait pas démontrée. ODRÉ — registre national au 31 août 2026

La rapidité compte autant que le chiffre de puissance

EDF indique que la centrale peut atteindre 800 MW en deux minutes. Cette faculté de mobilisation explique son intérêt pour répondre à une variation rapide du besoin électrique. Le chiffre doit néanmoins rester celui annoncé par l’exploitant : il ne signifie pas que la centrale monte en permanence de zéro à pleine puissance, ni que cette disponibilité serait garantie à toute heure quelles que soient les conditions. EDF — visites et présentation de Révin

On peut distinguer trois notions. La puissance est un débit d’énergie électrique, exprimé en MW. La durée dépend de la réserve disponible et des choix d’exploitation. La rapidité décrit le passage entre deux états de fonctionnement. Deux centrales de même puissance peuvent donc rendre des services différents si leurs réserves et leurs possibilités de changement de régime diffèrent.

Comment lire une production ou une consommation de STEP

Une centrale de pompage peut apparaître en production sur une période et en consommation sur une autre. Ces situations sont complémentaires. Le pompage recharge la réserve haute ; il faut ensuite que le réseau ait besoin de cette énergie pour que le turbinage la restitue. L’énergie récupérée reste inférieure à l’énergie consommée pour le cycle, car les conversions et les circulations d’eau occasionnent des pertes.

À titre d’exemple de lecture des unités, une puissance constante de 800 MW pendant une demi-heure représenterait 400 MWh. Il s’agit d’un calcul pédagogique, pas d’un relevé de Révin. Une courbe de production réelle doit préciser sa date, sa durée et les groupes qu’elle couvre. Une seule valeur instantanée ne suffit pas à raconter le fonctionnement d’une journée.

La rénovation a porté sur les machines et leurs équipements

EDF a présenté un programme de rénovation organisé sur plusieurs années, avec une préparation à partir de 2014 et un remplacement progressif des équipements des quatre groupes. Les travaux portaient notamment sur les turbines, les alternateurs, les automatismes et certains transformateurs. La description du chantier prévoit un phasage permettant de maintenir plusieurs groupes disponibles pendant l’intervention sur un autre. EDF — chantier de rénovation de Révin

Ce cas illustre une caractéristique importante du patrimoine hydroélectrique : la date de mise en service de la centrale et l’âge des équipements en fonctionnement ne sont pas synonymes. Une installation de 1976 peut avoir reçu des machines ou commandes modernisées. À l’inverse, la rénovation ne justifie pas de déplacer sa date historique de création vers la date du dernier chantier.

Découvrir les ouvrages sans confondre les accès

La page officielle d’EDF renvoie vers les propositions de visite. Les dates et conditions doivent être vérifiées avant le déplacement : une ancienne annonce patrimoniale ne constitue pas un calendrier actuel. Un itinéraire extérieur ne donne pas automatiquement accès à la salle des machines ou aux digues. EDF — centrale hydroélectrique de Révin

EDF rappelle dans sa plaquette que les variations d’eau rendent dangereux certains secteurs, et que baignade et pêche sont interdites dans Whitaker. Pour une sortie, les indications locales priment sur l’apparence tranquille du bassin. L’observation la plus instructive consiste à comprendre les différences de niveaux et les liaisons entre ouvrages depuis les accès autorisés, plutôt qu’à chercher à se rapprocher des prises d’eau. EDF — plaquette Révin–Saint-Nicolas–Les Mazures, 2011

La place de Révin parmi les grandes centrales françaises

Avec 808 MW dans la série ODRÉ retenue, Révin est troisième derrière Grand’Maison et Montézic. Le pilier sur les plus grands barrages de France précise la méthode et sépare ce classement électrique des comparaisons de hauteur ou de volume. Une grande puissance de STEP n’implique pas qu’un de ses barrages soit parmi les plus hauts du pays.

Pour prolonger la comparaison, la fiche de Montézic présente un autre couple de réservoirs, tandis que Super-Bissorte montre une implantation de haute montagne. Le Cheylas permet de voir une autre articulation entre bassins et réseau hydraulique régional. Ces rapprochements servent à comparer des fonctionnements, sans fusionner leurs capacités.

Questions fréquentes sur Révin

Révin est-elle un barrage unique ?

Le nom désigne une installation comprenant plusieurs ouvrages. Les Marquisades et Whitaker ont des fonctions différentes et encadrent le cycle de pompage-turbinage. Pour parler de hauteur, il faut donc nommer le barrage concerné ; pour parler de puissance, on considère la centrale et son périmètre électrique.

Faut-il retenir 800 ou 808 MW ?

800 MW est la valeur courante publiée par EDF. 808 MW est la valeur du registre national daté utilisée dans le classement. Le choix dépend de la question posée ; une comparaison doit conserver la même source et la même convention pour toutes les installations.

Pourquoi une centrale électrique consomme-t-elle de l’électricité ?

Parce qu’elle stocke de l’énergie en remontant de l’eau. Cette consommation prépare une restitution ultérieure. Confondre le pompage et une panne ferait perdre le sens même d’une STEP.

Peut-on se baigner dans tous les lacs de l’aménagement ?

Non. EDF signale notamment une interdiction à Whitaker. Le lac des Vieilles Forges possède d’autres usages, mais ses conditions de pratique restent à vérifier localement. La proximité géographique de deux retenues ne leur donne pas les mêmes règles d’accès.

Les caractéristiques décrivent les périmètres et les dates indiqués. Les niveaux de retenue, la disponibilité des groupes et les conditions d’accès varient ; les consignes locales relèvent des autorités et de l’exploitant.
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