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STEP de Montézic : centrale hydroélectrique et retenues

Sources : ODRÉ, EDF, CFBR

Sommaire

Sujets abordés

Vue d’illustration d’un aménagement hydraulique générique — montezic
Vue d’illustration d’un aménagement hydraulique générique — montezic
Vue d’illustration : aménagement et paysage génériques. Cette scène ne constitue pas une photographie documentaire du site réel.
L’essentiel

La STEP de Montézic, centrale hydroélectrique de l’Aveyron, utilise deux retenues situées à des niveaux différents pour stocker puis restituer de l’énergie. Ses 910 MW la placent au deuxième rang de notre comparaison des installations françaises enregistrées au 31 août 2026. Cette puissance appartient à la centrale existante : elle ne comprend pas le projet Montézic 2. Le principe du site se comprend en suivant l’eau du plateau jusqu’à la Truyère, puis en imaginant le même parcours dans l’autre sens. ODRÉ — registre national au 31 août 2026

Montézic : quatre Francis réversibles entre deux retenues

La STEP de Montézic se comprend en séparant trois objets : l’eau des retenues, les groupes Francis réversibles et l’électricité échangée avec le réseau. La notice actuelle d’EDF décrit quatre machines, une hauteur de chute de 423 mètres et deux bassins : Montézic en haut, Couesques en bas. Ce circuit fonctionnel suffit à montrer le stockage sans inventer le tracé des ouvrages souterrains. EDF — notice de Montézic, rubrique près de chez moi

Montézic : caractéristiques et conventions à conserver
Caractéristique Valeur documentée Référence
Puissance enregistrée 910 MW, centrale existante ODRÉ, 31 août 2026
Machines principales 4 turbines Francis réversibles Notice EDF actuelle
Hauteur de chute 423 m Notice EDF actuelle
Stockage présenté Jusqu’à 38,8 GWh Capacité annoncée, pas durée mesurée
Bassin supérieur 30 millions de m³ dans la notice Valeur de présentation EDF
Bassin inférieur de Couesques 56 millions de m³ dans la notice Valeur de présentation EDF
Retenue supérieure à la cote normale 33,6 millions de m³ à 703 m NGF Monographie CFBR de Monnès, 2022
Schéma de fonctionnement : STEP de Montézic
Schéma fonctionnel hors échelle de la centrale existante. Le bloc de liaison ne représente ni un nombre ni un tracé de conduites. Les quatre groupes sont réversibles d’après la notice EDF ; les deux sens sont des modes distincts. Aucune géométrie souterraine ou installation de Montézic 2 n’est inventée.
Lire les circuits du schéma en texte

En production

  • Bassin supérieur de Montézic → Liaison hydraulique: Turbinage (eau).
  • Liaison hydraulique → 4 groupes Francis réversibles: Eau vers les turbines (eau).
  • 4 groupes Francis réversibles → Retenue de Couesques: Restitution (eau).
  • 4 groupes Francis réversibles → Réseau électrique: Électricité produite (électricité).

En pompage

  • Retenue de Couesques → 4 groupes Francis réversibles: Pompage (eau en pompage).
  • 4 groupes Francis réversibles → Liaison hydraulique: Refoulement (eau en pompage).
  • Liaison hydraulique → Bassin supérieur de Montézic: Remontée d’eau (eau en pompage).
  • Réseau électrique → 4 groupes Francis réversibles: Électricité consommée (électricité).

Une Francis réversible assure deux transferts d’énergie

En turbinage, l’eau du bassin supérieur met en rotation la roue hydraulique puis la machine électrique, qui fonctionne en alternateur. L’électricité peut alors être injectée sur le réseau. En pompage, le réseau fournit au contraire de l’énergie : la machine électrique entraîne la pompe-turbine pour relever l’eau de Couesques vers Montézic. Le sens énergétique change ainsi à la fois sur le circuit d’eau et sur le raccordement électrique.

La même appellation « quatre groupes » ne décrit pas quatre réservoirs ou quatre centrales indépendantes. Un groupe désigne ici l’ensemble de machines associé à une ligne de conversion hydraulique et électrique. Le fait que les quatre Francis soient réversibles est une caractéristique attestée de Montézic ; elle ne doit pas être généralisée à tous les groupes de toutes les STEP.

Les 423 mètres de chute ne sont pas la hauteur de Monnès

La hauteur de chute décrit le dénivelé hydraulique exploité par la centrale. La hauteur d’un barrage mesure l’ouvrage qui retient l’eau. La monographie de Monnès indique ainsi 59 mètres sur fondation, alors qu’EDF présente 423 mètres de chute pour Montézic. Ces deux nombres concernent des objets différents. Ni la longueur d’une conduite ni sa pente ne peuvent être reconstituées à partir de cette comparaison. CFBR — Monnès : hauteur de l’ouvrage et retenue normale

La retenue normale est un niveau de référence documentaire. La cote de 703 mètres NGF est une altitude rapportée à un référentiel, pas une hauteur d’eau partout dans le bassin. Le CFBR donne un volume à cette cote ; EDF emploie un autre chiffre de présentation pour le bassin supérieur. Sans réconciliation explicite des conventions, on ne doit pas qualifier automatiquement l’un de « volume utile » et l’autre de « volume total ».

Puissance, stock d’énergie et durée restent séparés

Les 910 MW enregistrés expriment une capacité de transfert électrique, tandis que les 38,8 GWh annoncés par EDF expriment une quantité d’énergie. Aucun des volumes de retenue n’est converti ici en électricité. Additionner les 30 et 56 millions de mètres cubes ne créerait pas non plus une réserve énergétique supplémentaire : le pompage déplace de l’eau entre les deux bassins.

Le cycle consomme de l’électricité avant d’en restituer une partie, avec des pertes. Son intérêt est de déplacer de l’énergie vers les moments où elle est utile au réseau, sans constituer une production renouvelable nette attribuable au pompage. Le schéma ne garantit aucune autonomie et n’inclut pas Montézic 2. Le classement des plus grands barrages de France conserve les 910 MW enregistrés pour l’existant seul.

STEP de Montézic : que représente une heure de production ?

La comparaison suivante prend 910 MW pendant une heure, à puissance constante, soit 910 MWh d’énergie brute turbinée. C’est un scénario hypothétique, pas la mesure d’une heure réelle ni une promesse de disponibilité. La référence concerne Entrée ODRÉ MTEZIH-CENTRALE HYDRAULIQUE DE MONTEZIC-7, centrale existante seule, au 31 août 2026 ; Montézic 2 exclu.. ODRÉ — puissance active maximum installée, registre au 31 août 2026.

Deux façons de visualiser la même quantité d’énergie
Repère Équivalence arrondie
Logements d’une ville modèle de 100 000 habitants Environ 36,2 heures de leur consommation électrique moyenne, avec le modèle résidentiel ci-dessous.
Voiture électrique équipée d’une batterie utile de 60 kWh Environ 13 650 recharges complètes de 0 à 100 %, en supposant 90 % de rendement de recharge.

Pour Montézic, les 910 MWh du scénario peuvent se raconter en besoins résidentiels ou en batteries remplies. Ces deux récits utilisent intégralement la même énergie et ne forment pas deux livraisons cumulables. Dans la première lecture, seuls les logements de la ville modèle sont comptés ; industrie, transport et services publics en sont exclus. Dans la seconde, le total des charges ne renseigne ni le type précis de véhicule ni le nombre d’automobiles qui pourraient se brancher simultanément.

Voir les hypothèses et le calcul

Énergie = puissance × durée : 910 MW × 1 h = 910 MWh. Un MW mesure une puissance ; un MWh mesure une quantité d’énergie. Par exemple, 1 GW tenu une heure représente 1 GWh, et non une production annuelle.

Notre ville modèle n’est pas une commune réellement alimentée par Montézic. Sa consommation conventionnelle vient d’un ratio national : les 150,9 TWh du secteur résidentiel en 2024, publiés par le SDES, divisés par les 68,4 millions d’habitants dénombrés par l’Insee au 1er janvier 2024. Nous arrondissons ce ratio à 2 200 kWh par habitant sur un an, puis le distribuons sur 8 760 heures. Il donne un ordre de grandeur moyen, et non une règle de consommation personnelle ou un programme horaire de livraison.

Le second calcul prend 910 000 kWh électriques comme point de départ. Avec une hypothèse de 90 % de rendement entre l’électricité disponible et la batterie, puis 60 kWh utiles par batterie, l’opération devient 910 000 × 0,90 ÷ 60. On obtient une équivalence de charges complètes, sans supposer que les conducteurs se présentent ensemble. Capacité réelle, température et pertes de recharge peuvent déplacer ce résultat. Le coefficient 90 % concerne uniquement la recharge ; appliquer encore un rendement hydraulique à une énergie déjà électrique compterait cette conversion deux fois.

À Montézic, il faut enfin replacer cette heure de turbinage dans le cycle avec Couesques. La remontée de l’eau nécessite de l’électricité ; les échanges et les machines occasionnent des pertes. Le calcul ne revendique donc pas 910 MWh renouvelables nets produits par un cycle complet. Il ne déduit aucune autonomie de la seule taille des réservoirs. Les capacités de stockage documentées ailleurs dans la fiche répondent à une autre question et gardent leur propre périmètre ; elles ne transforment pas cette heure théorique en mesure de disponibilité.

Comprendre la différence entre MW et MWh

Deux retenues aux rôles complémentaires

Le bassin supérieur se trouve à Montézic. Le bassin inférieur est la retenue de Couesques, sur la Truyère. EDF situe la mise en service de la centrale en 1982 et indique respectivement environ 30 et 56 millions de mètres cubes pour ces deux réservoirs. Les quatre turbines Francis réversibles exploitent une hauteur de chute de 423 mètres. Ces repères permettent de lire le paysage : l’eau disponible dans la retenue haute possède une énergie potentielle liée à son altitude par rapport aux machines et au bassin bas. EDF — présentation de la STEP de Montézic

Le réservoir inférieur n’est donc pas un simple point où l’eau serait abandonnée après son passage dans la centrale. Il fournit aussi l’eau qui peut être remontée lors du cycle de pompage. Ce fonctionnement en boucle distingue une STEP d’une centrale qui utilise seulement les apports naturels d’une rivière. Il exige toutefois une gestion des niveaux des deux bassins : la présence d’eau en haut ne suffit pas si les conditions d’exploitation en aval ne permettent pas de la recevoir.

Monnès et l’Étang : deux barrages pour un bassin haut

La retenue supérieure est fermée par les barrages de Monnès et de l’Étang. La monographie du CFBR donne pour Monnès une longueur en crête de 820 mètres, une hauteur sur fondation de 59 mètres et un volume de retenue à la cote normale de 33,6 millions de mètres cubes. Ces données décrivent le barrage et son réservoir ; elles ne remplacent ni la hauteur de chute de la centrale ni son volume effectivement mobilisable au cours d’un cycle. CFBR — monographie du barrage de Monnès

La différence entre les quelque 30 millions de mètres cubes présentés par EDF et les 33,6 millions à retenue normale du CFBR doit rester attribuée. On ne peut pas transformer un arrondi de présentation en volume utile certifié. Pour comparer Montézic aux grandes retenues françaises, il faut choisir une même convention de capacité et conserver la référence de cote. Le classement des plus grands barrages de France distingue justement les volumes, les hauteurs et les puissances.

Quatre groupes au cœur du transfert d’énergie

EDF décrit quatre turbines Francis réversibles dans la centrale de Montézic. Leur rôle se lit entre la retenue supérieure et le bassin inférieur de Couesques : l’eau descend pour produire, puis peut être relevée grâce à l’électricité consommée par le pompage. La puissance de référence du classement demeure celle enregistrée au 31 août 2026, soit 910 MW pour la centrale existante seule. EDF — notice actuelle de Montézic ODRÉ — registre au 31 août 2026

Un groupe de production associe la machine hydraulique et la conversion électrique. Sa fonction ne se déduit pas de l’apparence d’un bâtiment. À Montézic, la réversibilité des quatre Francis est attestée ; le schéma de cette fiche n’ajoute donc que les transferts d’eau et d’électricité nécessaires pour expliquer ces deux modes, sans reconstituer une implantation souterraine.

Le cycle de turbinage, étape par étape

Lorsque Montézic produit, l’eau descend de la retenue supérieure vers les machines. La pompe-turbine travaille alors comme une turbine ; l’alternateur transforme la rotation en électricité. L’eau rejoint ensuite le bassin inférieur. La centrale transfère ainsi vers le réseau une partie de l’énergie précédemment conservée sous forme de différence d’altitude.

À bien distinguer

La puissance exprime la vitesse à laquelle cette énergie est fournie. À titre d’illustration arithmétique, 910 MW maintenus pendant une heure représenteraient 910 MWh. Ce calcul n’est pas une production observée de Montézic, et il ne préjuge pas de la durée réellement disponible. Le niveau des retenues, le programme de conduite et l’état des groupes déterminent le fonctionnement effectif.

Le pompage reconstitue la réserve d’énergie

En sens inverse, la centrale consomme de l’électricité pour remonter l’eau de Couesques vers le bassin supérieur. L’alternateur fonctionne alors comme un moteur. Le stockage ne crée pas une nouvelle ressource électrique : il déplace l’énergie d’un moment vers un autre, avec des pertes au cours du cycle. Cette distinction évite de présenter le pompage comme une source d’électricité gratuite ou illimitée.

EDF présente une capacité de stockage allant jusqu’à 38,8 GWh pour le site. C’est une quantité d’énergie, différente des 910 MW de puissance enregistrée au 31 août 2026. Ces deux valeurs ne constituent pas une mesure d’autonomie en conditions réelles : les niveaux, la disponibilité des groupes et le programme d’exploitation restent déterminants. Les comparaisons pédagogiques de puissance et d’énergie doivent garder leurs hypothèses explicites. EDF — notice actuelle de Montézic, rubrique près de chez moi

Pourquoi Montézic compte dans l’équilibre du réseau

L’intérêt d’une installation de stockage tient à la possibilité de consommer à un moment et de produire à un autre. Une STEP peut contribuer à absorber une production abondante, puis répondre à un besoin ultérieur. Cette logique est utile lorsque production et consommation ne suivent pas les mêmes horaires. Elle ne suppose pas que l’électricité pompée provienne toujours d’une seule filière.

Pour apprécier le rôle de Montézic, trois questions sont donc complémentaires : quelle puissance peut-elle fournir, quelle énergie peut-elle conserver et dans quelles conditions peut-elle changer de fonctionnement ? Un classement par mégawatts ne répond qu’à la première. Il donne une mesure de taille industrielle, mais pas une comparaison complète des services rendus par les différentes centrales.

Montézic et Montézic 2 : deux périmètres à distinguer

EDF présente Montézic 2 comme un projet de centrale supplémentaire, attenant au site actuel. Les capacités projetées ne doivent pas être ajoutées aux 910 MW déjà enregistrés. Un dossier d’études, une concertation et une mise en service sont des étapes distinctes : les confondre ferait apparaître dans le classement une installation qui ne produit pas encore. EDF — développement et stockage hydraulique

Cette fiche garde donc une fonction pérenne : expliquer le site, ses retenues et son fonctionnement. Les évolutions de calendrier et les annonces du projet relèvent de l’actualité dédiée. Lors d’une future mise à jour, le bon contrôle sera de vérifier la mise en service réelle et la nouvelle entrée du registre, puis de préciser si le périmètre comparé reste la centrale historique ou comprend l’ensemble de l’extension.

Lire le site avant une visite

La page EDF de visite permet de chercher les ouvertures proposées et leurs conditions. Une présentation patrimoniale ne garantit pas une entrée permanente dans l’usine. Pour préparer une découverte, le plus utile est d’identifier séparément le bassin supérieur, les barrages qui le ferment et Couesques en contrebas. Une photographie de retenue ne montre pas nécessairement l’emplacement exact des machines. EDF — présentation de la STEP de Montézic

Dans la même vallée, le barrage de Sarrans et la centrale de Brommat offrent d’autres exemples d’utilisation de la Truyère. Leurs capacités restent séparées de Montézic. Pour comparer deux STEP, la fiche de Révin permet aussi d’observer une organisation différente des bassins et une autre implantation géographique.

Questions fréquentes sur la centrale de Montézic

Montézic est-elle le plus grand barrage de France ?

Elle est la deuxième installation de notre classement de puissance enregistrée. Cela ne fait ni de Monnès le barrage le plus haut ni de sa retenue le réservoir le plus volumineux. Les trois critères mesurent des objets différents : ouvrage de retenue, quantité d’eau et capacité électrique.

Pourquoi les machines sont-elles réversibles ?

Elles peuvent exploiter la descente de l’eau pour produire, puis être entraînées par l’électricité pour la remonter. L’intérêt est de réutiliser les mêmes réservoirs au fil des cycles, en tenant compte des limites de niveaux et des pertes énergétiques.

Les 910 MW incluent-ils Couesques et Sarrans ?

Non. Le registre attribue cette valeur à la centrale de Montézic et à ses quatre groupes. Les autres centrales de la chaîne demeurent indépendantes dans le calcul. Additionner toute la vallée donnerait une puissance de bassin qui ne serait plus comparable à celle d’un seul site.

La centrale produit-elle continuellement à pleine puissance ?

Le chiffre de 910 MW décrit une capacité enregistrée, pas une production constante. Une période de pompage correspond même à une consommation électrique. Pour connaître la production d’une journée précise, il faut des mesures datées et un périmètre de groupes clairement défini.

Les caractéristiques décrivent les périmètres et les dates indiqués. Les niveaux de retenue, la disponibilité des groupes et les conditions d’accès varient ; les consignes locales relèvent des autorités et de l’exploitant.

Sources et repères documentaires

Vérification documentaire : 29 octobre 2026. Puissances du classement : registre national au 31 août 2026.

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