
La centrale hydroélectrique de La Coche, à l’entrée de la Tarentaise en Savoie, associe un fonctionnement de STEP et un groupe Pelton ajouté dans une nouvelle usine. Le registre national au 31 août 2026 lui attribue 384 MW de puissance active maximum installée, ce qui la place au dixième rang de notre comparaison des installations françaises enregistrées. Pour comprendre le site, il faut distinguer les retenues, les groupes réversibles historiques et l’équipement inauguré en 2019. ODRÉ — registre national au 31 août 2026
La Coche : une branche Pelton et une branche de pompage distinctes
La centrale hydroélectrique de La Coche associe les quatre groupes réversibles de l’usine historique et le groupe Pelton ajouté en 2019. Les deux familles utilisent la réserve haute, mais elles ne remplissent pas les mêmes fonctions. Le pompage entre Aigueblanche et la cuvette de La Coche appartient au circuit réversible ; le groupe Pelton supplémentaire réalise du turbinage. EDF — aménagement historique de La Coche EDF — inauguration du groupe Pelton, 14 octobre 2019
| Caractéristique | Valeur documentée | Périmètre |
|---|---|---|
| Puissance enregistrée | 384 MW | Installation COCHEH, 31 août 2026 |
| Groupes historiques | 4 turbines réversibles | Présentation EDF de l’existant |
| Groupe Pelton ajouté | 240 MW | Équipement inauguré en 2019 |
| Injecteurs de la Pelton | 5 | Description EDF du groupe de 2019 |
| Jets d’eau de la Pelton | Près de 500 km/h annoncés | Repère EDF, pas mesure en temps réel |
| Chute de calcul du groupe fourni | 908 m | Dossier technique ANDRITZ 2019 |
| Alimentation gravitaire | 28 km de galeries | Affluents de l’Isère captés vers la cuvette |
| Réservoir inférieur | Retenue d’Aigueblanche | Bassin bas de la STEP |

Lire les circuits du schéma en texte
En production
- Affluents captés de l’Isère → Galeries d’alimentation: Apports naturels (eau).
- Galeries d’alimentation → Cuvette de La Coche: Alimentation de la cuvette (eau).
- Cuvette de La Coche → Circuit haute chute: Eau de production (eau).
- Circuit haute chute → 4 groupes réversibles historiques: Branche historique (eau).
- Circuit haute chute → Groupe Pelton de 2019: Branche Pelton (eau).
- 4 groupes réversibles historiques → Retenue d’Aigueblanche: Restitution (eau).
- Groupe Pelton de 2019 → Retenue d’Aigueblanche: Restitution (eau).
- 4 groupes réversibles historiques → Réseau électrique: Électricité produite (électricité).
- Groupe Pelton de 2019 → Réseau électrique: Électricité produite (électricité).
En pompage
- Retenue d’Aigueblanche → 4 groupes réversibles historiques: Eau à relever (eau en pompage).
- 4 groupes réversibles historiques → Circuit haute chute: Pompage (eau en pompage).
- Circuit haute chute → Cuvette de La Coche: Retour à la cuvette (eau en pompage).
- Réseau électrique → 4 groupes réversibles historiques: Électricité du pompage (électricité).
Un injecteur transforme une partie de la pression en vitesse
Une Pelton reçoit des jets dirigés vers les augets de sa roue. L’injecteur forme et dirige le jet ; l’auget en modifie le mouvement pour transmettre de l’énergie à la roue. EDF décrit cinq injecteurs et une vitesse d’eau proche de 500 kilomètres par heure pour le groupe inauguré en 2019. Ce repère concerne les jets aux injecteurs, pas la vitesse de toute l’eau dans les galeries. EDF — fonctionnement des injecteurs et de la roue Pelton
La roue entraîne l’alternateur, qui convertit la rotation en électricité. Le groupe Pelton n’est donc pas dessiné comme une pompe : les flèches de remontée passent par les équipements réversibles. Ajouter une turbine de production à une STEP peut accroître ses possibilités de turbinage sans ajouter à l’identique une capacité de pompage.
Le revêtement protège la roue contre l’abrasion
EDF indique que la roue possède un revêtement spécifique pour mieux résister à l’abrasion des eaux chargées en sédiments. L’abrasion est l’usure provoquée par le passage de particules solides. Elle concerne la durée de vie et l’entretien des surfaces ; elle ne constitue pas une source d’énergie. ANDRITZ décrit également le traitement de surface de l’équipement fourni. ANDRITZ — fourniture et traitement du groupe Pelton, 2019
Une partie des eaux rejoint la cuvette grâce aux galeries qui captent les affluents de l’Isère. Ces apports gravitaires doivent rester distincts de l’eau remontée d’Aigueblanche. Pour cette dernière, le réseau fournit d’abord l’électricité du pompage ; le turbinage restitue ensuite une partie de l’énergie stockée, avec des pertes.
Trois chiffres de chute ou de puissance peuvent décrire des objets différents
Les 908 mètres donnés par ANDRITZ concernent son groupe. Les 927,5 mètres du registre concernent le champ hauteur de chute de l’installation, et EDF arrondit à environ 900 mètres dans sa présentation. Aucun de ces chiffres ne donne la hauteur d’un barrage. De même, les 240 MW de la Pelton ne doivent pas être additionnés aux 384 MW enregistrés pour fabriquer une nouvelle puissance de site. Le classement national conserve le champ homogène du registre ; les valeurs d’équipements restent nommées et sourcées.
Centrale hydroélectrique de La Coche : que représente une heure de production ?
La comparaison suivante prend 384 MW pendant une heure, à puissance constante, soit 384 MWh d’énergie brute turbinée. C’est un scénario hypothétique, pas la mesure d’une heure réelle ni une promesse de disponibilité. La référence concerne Entrée ODRÉ COCHEH-CENTRALE HYDRAULIQUE DE COCHE (LA)-7 au 31 août 2026. Référence enregistrée, pas somme 520 MW des équipements décrits par ANDRITZen 2019 ; le groupePelton 240 MW reste une autre référence.. ODRÉ — puissance active maximum installée, registre au 31 août 2026.
| Repère | Équivalence arrondie |
|---|---|
| Logements d’une ville modèle de 100 000 habitants | Environ 15,3 heures de leur consommation électrique moyenne, avec le modèle résidentiel ci-dessous. |
| Voiture électrique équipée d’une batterie utile de 60 kWh | Environ 5 760 recharges complètes de 0 à 100 %, en supposant 90 % de rendement de recharge. |
Le tableau propose deux lectures des mêmes 384 MWh : choisir les logements ou choisir les batteries. On ne peut pas affecter toute cette énergie aux deux usages à la fois. La comparaison urbaine couvre uniquement le résidentiel ; elle laisse de côté commerces, activités industrielles, transports et équipements publics. Côté automobile, elle exprime une quantité totale de recharges, sans fixer le nombre de prises ni leur puissance. Ce n’est pas le compte rendu d’une livraison réelle de La Coche.
Voir les hypothèses et le calcul
Énergie = puissance × durée : 384 MW × 1 h = 384 MWh. Un MW mesure une puissance ; un MWh mesure une quantité d’énergie. Par exemple, 1 GW tenu une heure représente 1 GWh, et non une production annuelle.
L’étalon résidentiel est construit avec deux publications nationales : 150,9 TWh consommés réellement dans les logements en 2024 selon le SDES, rapportés aux 68,4 millions de résidents au 1er janvier 2024 donnés par l’Insee. Pour garder un calcul lisible, nous retenons environ 2 200 kWh par personne et par an. Diviser cette convention par 8 760 heures fournit une demande moyenne. Elle sert à changer d’échelle, sans prédire la consommation d’un habitant de Tarentaise ni la demande d’une ville à une heure précise.
Pour traduire le résultat en batteries, nous supposons une capacité utilisable de 60 kWh par voiture. Une fraction de 90 % de l’électricité de départ atteint cette batterie : le nombre de charges s’obtient donc par 384 000 × 0,90 ÷ 60. Ce rendement est un choix de calcul pour la recharge automobile, pas une caractéristique mesurée de La Coche. La température, le véhicule et les pertes effectives modifieraient le nombre obtenu. La puissance étant déjà électrique, on n’ajoute pas une seconde décote de conversion de l’eau.
À La Coche, la quantité turbinée du scénario doit être séparée du bilan du pompage. L’électricité dépensée auparavant pour relever de l’eau ne disparaît pas du bilan énergétique. Les pertes du cycle empêchent d’assimiler les 384 MWh illustrés à un gain renouvelable net. Une heure choisie pour faire le calcul n’est pas davantage une autonomie garantie : établir une durée exploitable demanderait les niveaux de fonctionnement et la réserve effectivement mobilisable, au-delà du seul volume total d’un bassin.
La cuvette de La Coche et la retenue d’Aigueblanche
EDF décrit un ensemble organisé autour de la cuvette de La Coche, en haut, de la retenue d’Aigueblanche, en bas, et d’une usine souterraine historique à quatre turbines réversibles. La centrale a été mise en service en 1976. Le document de l’exploitant présente une haute chute d’environ 900 mètres entre la réserve supérieure et la production. EDF — aménagement existant de La Coche
Ces ouvrages occupent des places liées dans le même système. Il est utile de les reconnaître sur une carte : la cuvette d’altitude n’est pas le bâtiment des machines, et la retenue de vallée participe au fonctionnement de la STEP. Leurs fonctions respectives expliquent pourquoi une même centrale peut être associée à plusieurs noms de lieux. EDF — aménagement existant de La Coche
Une réserve alimentée par des eaux de montagne
La Coche ne fonctionne pas seulement comme une boucle fermée entre deux bassins. EDF indique que la cuvette supérieure est alimentée par 28 kilomètres de galeries captant des affluents de l’Isère. Les apports naturels, notamment liés aux écoulements de montagne, font donc partie de l’organisation de la réserve. EDF — aménagement existant de La Coche
Cette alimentation explique pourquoi l’étude du site demande de distinguer stockage et ressource. Le pompage peut remonter de l’eau déjà présente dans le bassin bas ; les prises d’eau apportent de nouveaux volumes au système. Une production électrique issue d’un même groupe peut ainsi s’inscrire dans une gestion mêlant apports naturels et transferts entre retenues. Le schéma hydraulique aide à comprendre ces circulations mieux qu’une seule photographie du lac.
Ce que signifie la haute chute
Le registre national renseigne 927,5 mètres pour la hauteur de chute de La Coche. EDF utilise environ 900 mètres dans sa présentation pédagogique. Ces valeurs ne sont pas des hauteurs de barrage : elles décrivent le dénivelé exploité entre les eaux amont et les machines selon les références de chaque document. ODRÉ — registre national au 31 août 2026 EDF — aménagement existant de La Coche
L’intérêt énergétique de cette différence d’altitude se comprend sans confondre chute et puissance. Une même masse d’eau possède davantage d’énergie potentielle lorsqu’elle est située plus haut. La puissance électrique dépend ensuite aussi du débit et du rendement des équipements. Une grande chute ne signifie donc pas qu’un mur gigantesque aurait été construit en Tarentaise, ni que le site disposerait automatiquement de la plus grande retenue française.
L’usine historique et ses groupes réversibles
Dans la partie historique, les machines peuvent turbiner l’eau descendant de la retenue supérieure, puis participer à sa remontée en consommant de l’électricité. Ce double fonctionnement conserve de l’énergie sous la forme d’un stock d’eau placé en hauteur. L’eau ne devient pas une source d’énergie supplémentaire à chaque cycle : le pompage apporte l’énergie qui sera partiellement restituée ensuite.
Les pertes du cycle ne disparaissent pas parce que la machine est réversible. Les conversions électriques, mécaniques et hydrauliques ont un rendement inférieur à cent pour cent. L’utilité de la STEP réside dans le décalage entre les moments de consommation et de restitution, ainsi que dans la souplesse de conduite. Un bilan qui ne compterait que l’électricité turbinée raconterait donc incomplètement sa fonction de stockage.
Le groupe Pelton inauguré en 2019
EDF a inauguré le 14 octobre 2019 une nouvelle centrale équipée d’une turbine Pelton de 240 MW, ajoutée à l’installation existante. Ce groupe constitue un équipement de production distinct des quatre machines réversibles historiques. Il ne faut donc pas lire « cinq groupes » comme « cinq pompes identiques ». Le nombre total masque une différence importante de technologie et de fonction. EDF — inauguration de La Coche Pelton, 14 octobre 2019
Dans une Pelton, des jets d’eau transmettent leur énergie à la roue. Ce principe est adapté aux hautes chutes. Le document du constructeur ANDRITZ décrit le groupe additionnel et ses caractéristiques de fourniture. Une machine de turbinage supplémentaire peut compléter une STEP sans être elle-même un groupe de pompage : le rôle d’une centrale ne se résume pas à la technologie d’un seul de ses équipements. ANDRITZ — La Coche, équipement 2019
Pourquoi lit-on 380, 384 ou 520 MW ?
Le registre national donne 384 MW dans son champ de puissance active maximum installée. La liste des STEP d’EDF présente La Coche à 380 MW. De son côté, ANDRITZ annonce dans son dossier de 2019 une puissance totale portée de 280 à 520 MW par l’ajout du groupe de 240 MW. Chaque nombre est attaché à une publication et à son périmètre. ODRÉ — registre national au 31 août 2026 EDF — liste des STEP françaises ANDRITZ — La Coche, équipement 2019
Ces valeurs ne doivent pas être assemblées au gré du résultat recherché. Additionner des puissances d’équipements ne démontre pas à lui seul la puissance simultanément disponible de tout l’aménagement. À l’inverse, l’écart avec le registre ne permet pas d’affirmer sans preuve qu’un groupe serait retiré ou limité pour une cause précise. La fiche conserve la divergence et utilise exclusivement la série ODRÉ pour le rang national, sans inventer une explication de disponibilité ou de convention brut/net.
Puissance installée et énergie disponible restent différentes
Les 384 MW du classement expriment une capacité électrique enregistrée. Ils ne donnent pas le nombre d’heures pendant lesquelles La Coche pourrait fonctionner à ce niveau. Pour déterminer une énergie mobilisable, il faudrait examiner le volume utile, les niveaux et les conditions hydrauliques. La capacité totale d’un bassin ne peut pas être directement convertie en durée sans ces informations.
Un calcul illustratif permet seulement de lire les unités : 240 MW maintenus pendant une heure correspondent à 240 MWh. Il ne prouve pas que le groupe Pelton produise cette énergie chaque heure de l’année. Les durées réelles d’exploitation et les apports disponibles déterminent la production. Une moyenne annuelle d’une ancienne brochure doit, elle aussi, conserver sa période et son périmètre.
Reconnaître les différentes parties de l’aménagement
Une visite du secteur peut montrer la cuvette haute, la retenue de vallée ou le bâtiment du groupe Pelton, sans donner accès à l’usine souterraine. Pour comprendre ce qui est visible, le bon point de départ est de relier chaque ouvrage à sa fonction : retenir, transférer, pomper, turbiner ou raccorder au réseau. Une grande partie de l’installation reste discrète dans le paysage.
Les possibilités de visite intérieure et les accès doivent être vérifiés dans les annonces actuelles de l’exploitant. Une inauguration ou un événement ancien ne constitue pas une ouverture permanente. L’intérêt patrimonial du site est surtout de montrer comment plusieurs générations de machines peuvent travailler autour d’un même système de retenues, avec des objectifs de production et de stockage complémentaires.
La Coche parmi les grands sites français
Le classement des plus grands barrages de France inclut La Coche au dixième rang de la série de puissance enregistrée, à 384 MW, devant Serre-Ponçon à 370 MW dans cette même série. Ce résultat n’est pas un classement des barrages par hauteur ou des lacs par capacité.
La fiche de Super-Bissorte présente un autre exemple de haute chute avec des machines de fonctions différentes. Le Cheylas éclaire les liens entre volume utile et gestion des sédiments. Roselend–La Bâthie permet enfin de comparer un autre grand aménagement savoyard, conservé séparément dans les données nationales.
Questions fréquentes sur La Coche
La turbine Pelton peut-elle remonter l’eau ?
Le groupe Pelton ajouté est un équipement de turbinage. Le pompage est assuré dans l’organisation de la STEP par les machines réversibles historiques. La présence d’un nouveau groupe ne transforme pas toutes les machines en pompes.
Quelle puissance faut-il utiliser pour comparer La Coche ?
Notre classement utilise 384 MW, la valeur enregistrée au 31 août 2026. Les 380 MW de présentation EDF et les 520 MW du constructeur restent cités séparément. Le lecteur peut ainsi identifier la référence de chaque nombre.
La chute dépasse-t-elle la hauteur du barrage ?
La hauteur de chute et la hauteur du barrage ne mesurent pas la même chose. La centrale utilise le relief entre réservoir et machines ; il serait faux d’annoncer un barrage haut de 927,5 mètres.
Pourquoi suivre les sédiments dans une centrale de stockage ?
Ils peuvent occuper une partie de la réserve et contribuer à l’usure des équipements. Comprendre leurs flux aide à gérer le système hydraulique et à interpréter ses performances au-delà du seul chiffre de puissance.
Sur le même sujet
Quel est le plus grand barrage de France ? Le classementMW et MWh : 5 pièges d’une centrale hydroélectrique en clairComment l’hydroélectricité s’adapte-t-elle aux besoins de stockage d’énergie ?
Questions pour approfondir
Comment fonctionne une STEP et à quoi sert-elle sur le réseau ?Comment l’hydroélectricité peut-elle stocker l’énergie excédentaire ?Quelle puissance espérer selon le débit et la hauteur de chute ?Quels sont les risques de sédimentation dans les retenues ?
Sources et repères documentaires
- ODRÉ — registre national au 31 août 2026
- EDF — aménagement existant de La Coche
- EDF — inauguration de La Coche Pelton, 14 octobre 2019
- ANDRITZ — La Coche, équipement 2019
- EDF — liste des STEP françaises
Vérification documentaire : 29 octobre 2026. Puissances du classement : registre national au 31 août 2026.