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Barrage de Roselend : architecture, retenue et La Bâthie

Sources : CFBR, EDF, Arêches-Beaufort Tourisme, Fédération de Savoie pour la pêche, ODRÉ

Sommaire

Sujets abordés

Vue d’illustration d’un aménagement hydraulique générique — roselend
Vue d’illustration d’un aménagement hydraulique générique — roselend
Vue d’illustration : aménagement et paysage génériques. Cette scène ne constitue pas une photographie documentaire du site réel.
L’essentiel

Le barrage de Roselend réunit deux spectacles différents : une longue architecture de béton dans les alpages du Beaufortain et un réseau industriel qui se prolonge jusqu’à La Bâthie, près d’Albertville. Avec 150 mètres de hauteur au-dessus du terrain naturel, il figure parmi les ouvrages les plus hauts du pays. Sa particularité n’est pourtant pas seulement sa taille : la fermeture de la vallée associe une voûte et des parties à contreforts. La fiche du CFBR décrit cet assemblage et ses 804 mètres de longueur.

Barrage de Roselend : des trois retenues aux groupes Pelton de La Bâthie

Le barrage de Roselend alimente une centrale éloignée de son mur : la centrale de La Bâthie. Le schéma doit donc relier des retenues et des ouvrages de transport, puis les machines souterraines et la rivière de restitution. Les lacs de Saint-Guérin et de La Gittaz participent à cette collecte. Leur rôle ne consiste pas à abriter chacun une fraction des turbines de La Bâthie ; ils complètent les apports acheminés vers l’usine.

Des galeries de liaison aux six groupes Pelton

EDF décrit la liaison entre Saint-Guérin et Roselend comme un système de vases communicants : les deux retenues échangent par une galerie en fonction des niveaux. La Gittaz apporte également de l’eau vers Roselend. Les flèches du schéma résument l’alimentation de ce dernier, sans représenter une pompe ni prétendre détailler toutes les prises du bassin. Cette distinction évite de confondre circulation gravitaire entre réservoirs et station de pompage-turbinage. Circuit décrit par EDF.

Dans la centrale souterraine, la salle des robinets et la salle des machines occupent deux cavernes principales. Les robinets commandent l’admission d’eau ; les turbines utilisent ensuite son énergie. Une Pelton reçoit des jets sur une roue munie d’augets, au lieu d’être une hélice placée dans le lac. Chaque groupe associe conversion hydraulique et génération électrique. La séparation des deux cavernes aide à comprendre pourquoi une installation souterraine ne se résume pas à une seule grande salle.

Pourquoi l’eau passe-t-elle ensuite par un bassin d’amortissement ?

Une augmentation de production modifie aussi le débit d’eau en aval. Le bassin d’amortissement de La Bâthie intervient entre les machines et l’Isère. La description d’EDF présente une phase de stockage temporaire accompagnée d’un débit d’alerte lors du démarrage. Le bassin n’est donc pas une autre turbine : il participe à l’organisation de la restitution. Cette fonction explique sa place après les groupes sur le schéma, distincte de celle des réservoirs de montagne.

Le pilotage à distance depuis Lyon relie l’utilisation des machines aux besoins du réseau. Cela ne signifie pas que les six groupes produisent en permanence. Le stock d’eau, les conditions hydrauliques et les contraintes de restitution déterminent les possibilités d’exploitation. Le schéma distingue donc deux sorties du groupe : l’électricité rejoint le réseau, tandis que l’eau continue vers le bassin puis l’Isère. Une flèche électrique ne transporte pas d’eau et ne représente pas une galerie supplémentaire.

Pour le repère quantitatif, le registre ODRÉ du 31 août 2026 regroupe ici deux entrées de La Bâthie. Leur total enregistré est conservé séparément de la puissance d’aménagement présentée par EDF. Les documents ne permettent pas d’attribuer automatiquement leur écart à une perte, à une rénovation ou à une erreur. Le scénario d’une heure ci-dessous utilise le périmètre enregistré clairement indiqué ; il ne décrit pas une heure d’exploitation observée.

Repères techniques et périmètres
Caractéristique Valeur et lecture Source
Retenues collectées 3 réservoirs principaux — Roselend, Saint-Guérin et La Gittaz. Source
Réseau de captage 21 prises d’eau — Alimentation du réservoir de Roselend selon EDF. Source
Saint-Guérin 13 millions de m³ — Capacité de présentation EDF du réservoir satellite. Source
La Gittaz 13 millions de m³ — Capacité de présentation EDF du réservoir satellite. Source
Organisation souterraine 2 cavernes principales — Salle des robinets et salle des machines. Source
Machines de La Bâthie 6 groupes Pelton — Centrale souterraine alimentée par l’aménagement. Source
Puissance de présentation 600 MW — Aménagement Roselend–La Bâthie selon EDF. Source
Puissance enregistrée groupée 546 MW — Deux entrées principales La Bâthie : 364 + 182 MW, données au 31/08/2026. Source
Schéma du fonctionnement du barrage de Roselend
Schéma fonctionnel hors échelle. Les échanges Saint-Guérin–Roselend sont résumés dans le sens de l’alimentation ; pas de pompage représenté. Les captages détaillés sont omis.
Lire les circuits du schéma en texte

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  1. Saint-Guérin → Roselend: Liaison en vases communicants (eau).
  2. La Gittaz → Roselend: Apports transférés (eau).
  3. Roselend → Galeries et admission: Eau collectée (eau).
  4. Galeries et admission → Centrale de La Bâthie: Admission (eau).
  5. Centrale de La Bâthie → Bassin d’amortissement: Eau turbinée (eau).
  6. Bassin d’amortissement → Isère: Restitution régulée (eau).
  7. Centrale de La Bâthie → Réseau électrique: Électricité (électricité).

Barrage de Roselend : que représente une heure de production ?

La comparaison suivante prend 546 MW pendant une heure, à puissance constante, soit 546 MWh d’énergie électrique. C’est un scénario hypothétique, pas la mesure d’une heure réelle ni une promesse de disponibilité. La référence concerne Deux entrées principales ODRÉ de La Bâthie BATHIH, EIC 17W000000012975E et 17W000000012851W, 364+182 MW ; exclusion BATH5H2,5 MW. ODRÉ — registre national, données au 31/08/2026.

Deux façons de visualiser la même quantité d’énergie
Repère Équivalence arrondie
Logements d’une ville modèle de 100 000 habitants Environ 21,7 heures de leur consommation électrique moyenne, avec le modèle résidentiel ci-dessous.
Voiture électrique équipée d’une batterie utile de 60 kWh Environ 8 190 recharges complètes de 0 à 100 %, en supposant 90 % de rendement de recharge.

Ces deux lignes sont des comparaisons alternatives de la même énergie ; elles ne s’additionnent pas. La ville modèle ne comprend ici que les usages électriques des logements, sans les entreprises, les transports ni les services publics. Le nombre de recharges ne décrit ni des bornes fonctionnant simultanément ni un modèle particulier de voiture.

Voir les hypothèses et le calcul

Énergie = puissance × durée : 546 MW × 1 h = 546 MWh. Un MW mesure une puissance ; un MWh mesure une quantité d’énergie. Par exemple, 1 GW tenu une heure représente 1 GWh, et non une production annuelle.

Pour les logements, le modèle retient 2 200 kWh par an et par habitant, arrondis à partir des 150,9 TWh de consommation résidentielle réelle en 2024 publiés par le SDES et des 68,4 millions d’habitants au 1er janvier 2024 indiqués par l’Insee. Il utilise une année normalisée de 8 760 heures pour exprimer une moyenne : ce n’est ni une norme individuelle ni le profil horaire observé d’une commune.

Le calcul de recharge est : énergie en kWh × 0,90 ÷ 60. Les 60 kWh de capacité utile et les 90 % de rendement sont des hypothèses explicites. La capacité du véhicule, sa température, les pertes et les conditions de recharge font varier le résultat. Aucun rendement hydraulique supplémentaire n’est appliqué à une puissance déjà électrique.

Pourquoi Roselend associe une voûte et des contreforts

Une voûte et un barrage à contreforts n’organisent pas les efforts de la même manière. La première transmet une grande partie de la poussée vers ses appuis latéraux ; les contreforts soutiennent la partie amont et reportent les efforts vers les fondations. À Roselend, on ne peut donc pas réduire l’ouvrage à un mur courbe reproduit sur toute sa longueur. La géométrie comporte plusieurs parties qui doivent fonctionner ensemble, y compris aux raccordements.

La description technique du CFBR associe une section de voûte et des parties à contreforts, correspondant aux formes différentes de la fermeture. Cette lecture explique l’alternance visible entre le grand arc et la répétition d’éléments de béton. Pour observer le barrage, il est utile de suivre ces changements de forme plutôt que de chercher une seule silhouette « type ». Les joints et les contacts entre parties différentes constituent aussi des éléments techniques à surveiller.

À bien distinguer

Le volume de béton ne doit pas être confondu avec celui du réservoir. Le premier mesure les matériaux de l’ouvrage ; le second l’eau stockée dans la vallée. Des publications primaires donnent d’ailleurs des évaluations différentes du béton de Roselend. Une comparaison de masse construite exige donc son propre référentiel. Le record de hauteur ou la capacité du lac ne peuvent pas être déduits d’une seule quantité de béton.

Une retenue de 185 ou de 187 millions de mètres cubes ?

Le CFBR affiche 185 millions de mètres cubes, valeur reprise à retenue normale dans sa monographie de 2022. La présentation d’EDF retient 187 millions. Le guide utilise 185 millions pour sa fiche de comparaison et identifie séparément le chiffre de l’exploitant. L’écart n’est pas interprété comme un agrandissement, une perte de capacité ou une erreur de mesure récente : les documents consultés ne suffisent pas à établir une telle explication.

Ce volume est une capacité de référence. Il ne décrit pas le remplissage observé lors d’une randonnée ni toute l’eau disponible pour une production immédiate. Le niveau déplace le rivage, modifie l’accès à certaines berges et fait varier la hauteur de chute disponible. Pour suivre une saison hydrologique, il faudrait une série de niveaux et d’apports, pas deux photographies prises dans des années différentes. La couleur du lac n’est pas davantage un indicateur de sa réserve énergétique.

Roselend, Saint-Guérin et La Gittaz : trois réservoirs reliés

Dans l’aménagement décrit par EDF, Saint-Guérin et La Gittaz complètent Roselend. Les eaux sont collectées et acheminées par des prises et des galeries ; elles alimentent ensuite la centrale souterraine de La Bâthie, équipée de six groupes Pelton. EDF présente une puissance de 600 MW pour l’aménagement Roselend-La Bâthie. Ce chiffre concerne le système de production, pas une turbine installée dans le mur de Roselend.

Le relief permet de convertir une différence d’altitude bien plus grande que les 150 mètres du barrage. La longueur d’une galerie sert à rejoindre une zone favorable à la chute ; elle n’est pas elle-même une hauteur de chute. De même, l’altitude du réservoir ne correspond pas à toute l’énergie récupérable : il faut soustraire le niveau de restitution et tenir compte des pertes hydrauliques. C’est le parcours complet de l’eau qui donne son sens énergétique à cet ensemble.

Pour le classement électrique associé, le registre national ODRÉ au 31 août 2026 fournit une autre référence : les deux entrées regroupées pour La Bâthie enregistrent 364 et 182 MW de puissance active maximale installée, soit 546 MW. Ce total enregistré reste distinct des 600 MW de présentation d’EDF. Le guide ne déduit pas de cet écart une cause technique qui ne serait pas établie par les documents.

Comment La Bâthie est passée de 550 à 600 MW

La présentation d’EDF sur les évolutions de l’hydraulique situe en 2019 la rénovation et l’augmentation de puissance de La Bâthie à 600 MW. Le programme d’investissement publié auparavant décrivait une augmentation depuis 550 MW et des interventions sur les turbines et les équipements électriques. Cette chronologie documentée permet de comprendre pourquoi des fiches de périodes différentes donnent des puissances différentes, sans attribuer arbitrairement la valeur d’une année à toutes les étapes du projet.

Augmenter la puissance permet de convertir davantage d’énergie par unité de temps lorsque l’eau et les machines le permettent. Cela ne signifie pas que le volume annuel d’eau reçu par le bassin augmente dans la même proportion. Une modernisation peut ainsi accroître la capacité de répondre à une pointe sans produire automatiquement autant de pourcentage supplémentaire sur une année entière. Le volume, la puissance et l’énergie annuelle doivent rester trois données distinctes.

Le programme d’investissement était également présenté dans le cadre des obligations vertes d’EDF de 2017. Ce document insistait sur l’échelonnement des travaux et sur la création d’un bassin secondaire destiné à atténuer les variations de débit. Il renseigne la logique du projet à l’époque ; il ne constitue pas un relevé d’exploitation actuel ni une garantie de disponibilité permanente des six groupes.

Une mise en eau progressive et des contacts roche-béton suivis

La monographie du CFBR rappelle un élément souvent absent des descriptions touristiques : la première mise en eau totale n’a été atteinte qu’en 1977, après une montée progressive et des traitements de fuites à l’appui de rive gauche. Elle décrit notamment des travaux de drainage, d’injection et d’étanchéité. Cette histoire technique ne doit être ni effacée, ni présentée comme la preuve d’un défaut actuel. Un événement documenté dans la construction et l’exploitation ancienne n’est pas un diagnostic contemporain.

Elle montre surtout que la sûreté ne réside pas uniquement dans la résistance du béton. L’eau peut circuler dans les contacts, les joints et le massif rocheux. Les mesures de déplacement, de pression et de fuite servent à suivre le comportement de l’ensemble. Un drainage recueille et évacue de l’eau ; une étanchéité vise à en limiter le passage. Ces fonctions se complètent, mais ne se remplacent pas. Les expliquer aide à lire les travaux d’entretien sans qualifier automatiquement toute intervention de « réparation d’urgence ».

Un lac industriel au milieu d’un territoire pastoral

L’office de tourisme d’Arêches-Beaufort rappelle l’engloutissement du hameau et la reconstruction de la chapelle Sainte-Marie-Madeleine avant la mise en eau. Ces repères donnent au paysage une profondeur historique : les alpages, la route et le lac actuel n’occupent pas un espace resté immuable. Le barrage appartient à un territoire vivant où se croisent production électrique, élevage, déplacements et fréquentation de montagne.

La Fédération de Savoie pour la pêche souligne que les postes et les accès changent avec le remplissage de la retenue. Une berge accessible à une date peut devenir impraticable plus tard. L’office de tourisme signale également l’interdiction de baignade et d’activités nautiques autonomes sur le lac. Pour une visite, il faut consulter les conditions d’accès routier et la signalisation du moment, sans transformer une fenêtre saisonnière habituelle en promesse d’ouverture pour une date précise.

Questions fréquentes sur Roselend et La Bâthie

La centrale de La Bâthie se trouve-t-elle dans le barrage ?

Non. Le barrage et la centrale sont des éléments distincts d’un même aménagement. L’eau parcourt un réseau de galeries et de conduites avant d’atteindre les groupes souterrains de La Bâthie, puis d’être restituée en aval.

Les 600 MW appartiennent-ils au seul lac de Roselend ?

EDF les attribue à l’aménagement Roselend-La Bâthie. Les réservoirs satellites et les équipements de collecte participent à ce système. Il faut conserver cette attribution lorsqu’on rapproche sa puissance de celle d’un autre site électrique.

Pourquoi ne pas annoncer une production annuelle à partir des 600 MW ?

Les MW mesurent une puissance ; les MWh ou GWh mesurent une énergie sur une durée. La quantité annuelle dépend notamment de l’eau disponible et de son utilisation. La puissance installée seule ne permet pas de calculer un bilan annuel réel.

La hauteur de 150 mètres change-t-elle avec le niveau du lac ?

La hauteur géométrique du barrage ne change pas avec son remplissage. La profondeur d’eau et la chute disponible, elles, peuvent varier. Mesurer le niveau d’eau visible contre le parement ne remplace donc pas la hauteur de référence de l’ouvrage.

Les caractéristiques décrivent les périmètres et les dates indiqués. Les niveaux de retenue, la disponibilité des groupes et les conditions d’accès varient ; les consignes locales relèvent des autorités et de l’exploitant.

Sources et périmètres

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