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Barrage de Monteynard : centrale, hauteur et retenue

Sources : CFBR, EDF, ODRÉ, Eaufrance, Lac de Monteynard

Sommaire

Sujets abordés

Vue d’illustration d’un aménagement hydraulique générique — monteynard
Vue d’illustration d’un aménagement hydraulique générique — monteynard
Vue d’illustration : aménagement et paysage génériques. Cette scène ne constitue pas une photographie documentaire du site réel.
L’essentiel

Le barrage de Monteynard-Avignonet ferme une gorge du Drac au sud de Grenoble, en Isère. Il se distingue par une disposition peu évidente depuis les rives du lac : la centrale est intégrée dans le corps du barrage. Sa hauteur de 135 mètres au-dessus du terrain naturel le place parmi les plus hauts ouvrages français. La fiche du CFBR donne une longueur de 230 mètres et une mise en service en 1962. Ce guide explique le fonctionnement de cet ensemble et les différents volumes publiés pour sa retenue.

Barrage de Monteynard : quatre circuits Francis intégrés au béton

Le barrage de Monteynard est aussi un barrage-usine : sa centrale est incorporée à la voûte épaisse. Pour suivre l’eau, il faut donc regarder à l’intérieur de l’ensemble construit plutôt que chercher une usine éloignée au bout d’une longue galerie. La particularité documentée est la présence de quatre conduites forcées verticales noyées dans le béton. Chacune alimente un des groupes de production, ce qui rapproche prise d’eau, canalisation sous pression et conversion électrique.

Que font les quatre groupes Francis ?

La plaquette EDF décrit quatre groupes verticaux à turbine Francis. Une turbine Francis est une roue traversée par l’eau sous pression ; elle entraîne un alternateur qui produit le courant. « Vertical » désigne ici l’axe du groupe. Cela ne signifie pas que l’eau tombe à l’air libre dans la salle des machines. La conduite forcée reste un circuit hydraulique fermé jusqu’à la machine, conçu pour amener l’eau sous pression. Plaquette technique EDF, 2011.

Cette implantation explique pourquoi la centrale et le barrage ne peuvent pas être lus comme deux bâtiments indépendants. Les espaces techniques se trouvent dans une structure qui assure également la retenue. Le schéma réduit les quatre circuits parallèles à un bloc identifié, afin de montrer leur fonction sans inventer une coupe géométrique. Il ne représente pas chaque vanne ni les accès de maintenance ; leurs positions ne se déduisent pas de la photographie du parement.

Une restitution directement dans la retenue suivante

Après les turbines, l’eau rejoint la retenue de Notre-Dame-de-Commiers, dont le plan d’eau remonte jusqu’à Monteynard selon EDF. Il ne faut donc pas dessiner une longue rivière libre entre les deux ouvrages pour simplifier le paysage. La sortie hydraulique du schéma se termine dans ce réservoir aval. L’électricité prend une autre direction : elle rejoint le réseau, tandis que l’eau reste disponible pour le fonctionnement des aménagements suivants de la chaîne du Drac.

La conduite des groupes depuis le centre hydraulique de Lyon permet d’ajuster leur utilisation au programme de production. L’intérêt pour le réseau vient de cette possibilité de mobiliser les machines avec une retenue, et non d’un débit nécessairement constant. Le débit maximal turbiné de la plaquette est une caractéristique de l’équipement à sa date de publication. Ce maximum ne décrit ni un débit permanent du Drac ni ce que chaque groupe laisserait passer à toute puissance.

La puissance de référence de la comparaison ci-dessous est celle enregistrée dans ODRÉ, distincte de la valeur historique de la brochure. La hauteur de chute déclarée dans le registre concerne le parcours hydraulique utilisé par les machines ; elle ne remesure pas la voûte. Aucune disponibilité d’une heure à pleine puissance n’est garantie par ces deux chiffres. Les niveaux et les conditions d’exploitation restent nécessaires pour transformer une capacité installée en programme réel.

Repères techniques et périmètres
Caractéristique Valeur et lecture Source
Implantation de la centrale Intégrée au barrage — Voûte épaisse ; description EDF 2011. Source
Groupes de production 4 groupes Francis verticaux — Quatre circuits de production. Source
Conduites forcées 4 conduites verticales — Noyées dans le béton, une par groupe décrit. Source
Débit maximal turbiné 338 m³/s — Valeur technique de la plaquette EDF 2011, pas débit permanent. Source
Hauteur de chute enregistrée 127 m — Installation MTEYNH au 31/08/2026, pas hauteur du barrage. Source
Puissance enregistrée 366 MW — Puissance active maximale installée MTEYNH. Source
Restitution Retenue de Notre-Dame-de-Commiers — Le plan d’eau aval remonte jusqu’au barrage de Monteynard. Source
Commande des groupes Centre hydraulique de Lyon — Organisation décrite par EDF dans la plaquette 2011. Source
Schéma du fonctionnement du barrage de Monteynard
Schéma fonctionnel hors échelle. Les quatre circuits sont regroupés graphiquement ; il ne s’agit pas d’une coupe réelle du béton. L’aval est la retenue suivante, non un bassin de pompage.
Lire les circuits du schéma en texte

normal

  1. Retenue de Monteynard → 4 conduites forcées verticales: Admission (eau).
  2. 4 conduites forcées verticales → 4 groupes Francis verticaux: Quatre alimentations parallèles (eau).
  3. 4 groupes Francis verticaux → Retenue de Notre-Dame-de-Commiers: Restitution de l’eau (eau).
  4. 4 groupes Francis verticaux → Réseau électrique: Électricité (électricité).

Barrage de Monteynard : que représente une heure de production ?

La comparaison suivante prend 366 MW pendant une heure, à puissance constante, soit 366 MWh d’énergie électrique. C’est un scénario hypothétique, pas la mesure d’une heure réelle ni une promesse de disponibilité. La référence concerne Centrale de Monteynard seule, MTEYNH EIC 17W100P100P02861, quatre groupes ; pas la chaîne du Drac. ODRÉ — registre national, données au 31/08/2026.

Deux façons de visualiser la même quantité d’énergie
Repère Équivalence arrondie
Logements d’une ville modèle de 100 000 habitants Environ 14,6 heures de leur consommation électrique moyenne, avec le modèle résidentiel ci-dessous.
Voiture électrique équipée d’une batterie utile de 60 kWh Environ 5 490 recharges complètes de 0 à 100 %, en supposant 90 % de rendement de recharge.

Ces deux lignes sont des comparaisons alternatives de la même énergie ; elles ne s’additionnent pas. La ville modèle ne comprend ici que les usages électriques des logements, sans les entreprises, les transports ni les services publics. Le nombre de recharges ne décrit ni des bornes fonctionnant simultanément ni un modèle particulier de voiture.

Voir les hypothèses et le calcul

Énergie = puissance × durée : 366 MW × 1 h = 366 MWh. Un MW mesure une puissance ; un MWh mesure une quantité d’énergie. Par exemple, 1 GW tenu une heure représente 1 GWh, et non une production annuelle.

Pour les logements, le modèle retient 2 200 kWh par an et par habitant, arrondis à partir des 150,9 TWh de consommation résidentielle réelle en 2024 publiés par le SDES et des 68,4 millions d’habitants au 1er janvier 2024 indiqués par l’Insee. Il utilise une année normalisée de 8 760 heures pour exprimer une moyenne : ce n’est ni une norme individuelle ni le profil horaire observé d’une commune.

Le calcul de recharge est : énergie en kWh × 0,90 ÷ 60. Les 60 kWh de capacité utile et les 90 % de rendement sont des hypothèses explicites. La capacité du véhicule, sa température, les pertes et les conditions de recharge font varier le résultat. Aucun rendement hydraulique supplémentaire n’est appliqué à une puissance déjà électrique.

Une voûte épaisse qui abrite aussi les machines

La plaquette technique d’EDF consacrée à Monteynard décrit quatre groupes de production alimentés par quatre conduites forcées verticales incorporées au béton. Elle présente une voûte épaisse, dont la centrale participe à la structure. Cette implantation rapproche la prise d’eau, les conduites et les machines dans un même ensemble construit, alors que d’autres aménagements alpins conduisent l’eau sur plusieurs kilomètres avant de la turbiner.

À bien distinguer

Le mot « barrage-usine » est ici particulièrement parlant. Il ne signifie pas que toute la masse de béton est une salle vide : les volumes techniques, les parois résistantes et les organes hydrauliques ont chacun leur place. Le fonctionnement électrique dépend aussi des vannes, des alternateurs, des transformateurs et de la liaison au réseau. Un grand barrage est donc à la fois une structure de retenue et un équipement industriel, dont les composants n’ont pas tous le même cycle d’entretien.

Dans une voûte, les efforts se transmettent en partie aux appuis latéraux. La qualité et le comportement des rives restent ainsi indissociables de ceux du béton. L’épaisseur de Monteynard ne permet pas de le comparer à une voûte mince en regardant seulement la quantité de matériaux : les géométries, les fondations et l’intégration de l’usine diffèrent. La question utile est de savoir comment l’ensemble résiste et se contrôle, plutôt que de chercher une solution universelle valable pour toutes les gorges.

135 mètres de hauteur naturelle, 155 mètres sur fondation

La monographie du CFBR publiée en 2022 indique 155 mètres sur fondation. Ce chiffre complète les 135 mètres de la fiche générale : la partie située sous le terrain naturel entre dans la mesure structurelle. Le tableau national par hauteur retient le terrain naturel ; le présent guide emploie donc 135 mètres pour situer Monteynard dans ce classement.

La hauteur du barrage et la hauteur de chute ne sont pas non plus interchangeables. La première décrit l’ouvrage ; la seconde concerne le dénivelé hydraulique entre l’amont et l’aval utilisé par les machines. Le registre national ODRÉ, dans les données au 31 août 2026, donne 127 mètres pour la chute de l’installation de Monteynard. Ce n’est pas une nouvelle mesure du mur : le point de départ et le point d’arrivée sont différents.

Pourquoi les sources donnent-elles 309 ou 275 millions de mètres cubes ?

La fiche générale du CFBR affiche une capacité de 309 millions de mètres cubes. Sa monographie précise 275 millions à retenue normale, pour une cote de 490 mètres NGF. L’ancienne plaquette EDF mentionne 276 millions. Les documents n’offrent pas une explication commune suffisante pour attribuer cet écart à une seule cause. Il serait donc abusif d’annoncer une perte récente de 34 millions de mètres cubes, ou de parler d’un agrandissement, à partir de ces seules valeurs.

Le classement associé utilise le référentiel national du CFBR et ses 309 millions. Pour décrire le volume à retenue normale, le guide utilise la monographie et ses 275 millions. Chaque chiffre garde ainsi sa source et son périmètre. Cela n’oblige pas le lecteur à choisir arbitrairement le plus grand ou le plus récent chiffre trouvé : il doit d’abord identifier la question à laquelle le document répond.

Un réservoir n’est pas un contenant cylindrique dont la surface reste constante. Les bras, les versants et le fond dessinent une cuvette irrégulière. Une même baisse verticale du niveau peut correspondre à des volumes différents suivant la cote de départ. La capacité publiée ne donne pas davantage la réserve immédiatement mobilisable : il faut tenir compte de la tranche d’exploitation, des conditions en aval et des autres contraintes applicables.

366 MW enregistrés : une puissance de pointe, pas une énergie annuelle

Le registre ODRÉ enregistre une puissance active maximale installée de 366 MW pour la centrale de Monteynard, avec quatre groupes. La plaquette EDF plus ancienne emploie 360 MW. Le guide conserve la première valeur dans sa fiche électrique datée et la seconde comme référence historique de présentation. Il ne déduit pas automatiquement de l’écart une rénovation précise, une augmentation récente ou une différence entre puissance brute et nette sans document qui l’établisse.

Les MW expriment un débit d’énergie instantané. Si une centrale délivrait constamment 366 MW pendant deux heures, elle fournirait 732 MWh : c’est un calcul d’unité, pas un relevé de production de Monteynard. Pour connaître le résultat annuel, il faut additionner l’énergie effectivement produite pendant l’année. L’eau disponible, les niveaux et les périodes d’utilisation empêchent de transformer la seule puissance installée en promesse de production constante.

La retenue permet de séparer, dans une certaine mesure, le moment où l’eau arrive et celui où elle traverse les machines. Cette possibilité explique l’intérêt d’un équipement de lac pour répondre à la demande électrique. Elle reste limitée par la ressource et par le volume exploitable. Dire que la production peut être pilotée ne veut donc pas dire que le barrage peut maintenir sa pleine puissance indéfiniment, quelles que soient la saison et les conditions hydrologiques.

Le troisième grand réservoir de la chaîne du Drac

Le suivi du plan d’eau publié dans le système Eaufrance situe Monteynard après le Sautet et Saint-Pierre-Cognet. Le lac reçoit le Drac et l’Ébron ; en aval se trouve Notre-Dame-de-Commiers. La centrale n’est donc pas isolée du reste de la vallée. Les volumes et débits circulent dans un ensemble où plusieurs ouvrages peuvent successivement valoriser la même eau.

Une gestion de chaîne doit considérer l’amont et l’aval ensemble. Turbiner à Monteynard libère de l’eau vers la retenue suivante ; cela ne crée pas un nouvel apport naturel dans le bassin. De la même manière, additionner les capacités maximales de plusieurs lacs ne garantit pas que toutes soient remplies au même instant. La réserve physique d’une vallée et l’énergie qu’elle peut fournir exigent des hypothèses de niveaux et de fonctionnement, pas une simple addition de grandes valeurs.

La page d’EDF sur la chaîne du Drac met en avant la coordination de la production et les attentes des usagers, notamment les cotes touristiques estivales. Cette dimension donne un sens concret au mot « multiusage » : un même niveau d’eau concerne l’exploitation électrique, les rives et certaines activités. Elle ne permet pas de promettre un niveau touristique identique chaque année.

Du lac navigable au site industriel : des accès différents

Le gestionnaire touristique du lac de Monteynard publie des informations de navigation et rappelle que la baignade est interdite sur l’intégralité du lac. La présence de planches, de bateaux ou de pratiquants sur l’eau ne doit donc pas être interprétée comme une autorisation générale de baignade. Les cartes, la signalisation, les zones réservées et les conditions de niveau doivent être consultées pour l’activité réellement envisagée.

EDF présente un belvédère consacré à Monteynard-Avignonet. Il permet d’observer la fermeture de la gorge et de comprendre le lien entre lac et barrage. L’observation depuis un point aménagé est distincte d’une entrée dans l’usine. Pour lire le site, trois questions suffisent : où l’eau est-elle retenue, par où rejoint-elle les machines et dans quelle retenue ressort-elle ? Cette lecture est plus instructive qu’une comparaison limitée aux dimensions du mur.

Questions fréquentes sur Monteynard-Avignonet

La centrale est-elle réellement dans le barrage ?

Oui. EDF décrit une centrale entièrement intégrée dans le corps de la voûte, alimentée par quatre conduites verticales noyées dans le béton. Cette disposition constitue la particularité principale de l’ouvrage.

Quel volume retenir pour comparer les grands lacs de barrage ?

Il faut choisir une série homogène. Le classement national CFBR donne 309 millions de mètres cubes pour Monteynard ; sa monographie indique 275 millions à retenue normale. Le guide laisse apparaître cette différence au lieu de fusionner les valeurs.

Le lac permet-il de nager près des activités nautiques ?

Le gestionnaire indique une interdiction de baignade sur tout le lac. Les activités nautiques autorisées ont leurs propres règles. La proximité d’une base de loisirs ne dispense pas de consulter la signalisation et les consignes en vigueur.

Pourquoi une centrale arrêtée peut-elle rester utile au réseau ?

La puissance installée est une capacité mobilisable, pas une obligation de produire à chaque instant. Une absence de production observée ne prouve pas une panne : il faut des informations d’exploitation pour en connaître la raison.

Les caractéristiques décrivent les périmètres et les dates indiqués. Les niveaux de retenue, la disponibilité des groupes et les conditions d’accès varient ; les consignes locales relèvent des autorités et de l’exploitant.

Sources et périmètres

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