
Le barrage du Sautet ferme une gorge du Drac près de Corps, en Isère. Sa crête ne mesure que 80 mètres de long, alors que sa hauteur atteint 110 mètres au-dessus du terrain naturel. Ce contraste explique la silhouette particulière de l’ouvrage : une fermeture courte dans une gorge très encaissée, à l’aval d’une retenue beaucoup plus étendue. La fiche du CFBR donne ces dimensions et situe sa mise en service en 1935. Son intérêt est aussi hydraulique : il occupe la tête de la grande chaîne aménagée du Drac.
Barrage du Sautet : groupes doubles et transfert vers Cordéac
Le barrage du Sautet alimente une usine souterraine placée à son pied, puis l’eau poursuit son parcours vers la centrale de Cordéac. Cette succession est la particularité à faire apparaître sur le schéma. Le premier étage utilise la chute du Sautet ; le transfert aval prépare une autre utilisation du dénivelé de la vallée. Une même eau peut ainsi traverser plusieurs aménagements sans que cela multiplie le volume physique stocké dans le réservoir de tête.
Que signifie « six groupes à double turbine Francis » ?
EDF décrit six groupes à double turbine Francis. Un groupe rassemble les organes qui produisent ensemble l’électricité ; il ne faut donc pas transformer cette description en douze groupes électriques indépendants. La turbine Francis utilise une circulation d’eau sous pression pour faire tourner une roue. L’alternateur entraîné par le groupe produit le courant. Le diagramme conserve la formule documentée, plutôt que de dessiner des machines séparées avec une puissance individuelle qui n’est pas fournie. Présentation EDF Sautet-Cordéac.
La hauteur de chute déclarée au registre concerne le dénivelé hydraulique utilisé par l’installation. Elle ne remplace pas la hauteur du barrage mesurée depuis le terrain ou les fondations. Cette distinction devient concrète avec une centrale au pied de l’ouvrage : son énergie dépend du parcours de l’eau entre l’amont et la restitution, pas de toute la dimension construite. La valeur du registre reste donc associée à son champ technique, sans être employée comme une nouvelle hauteur de voûte.
Pourquoi un contre-barrage avant la galerie de Cordéac ?
Les eaux turbinées passent par un contre-barrage situé en aval, avant d’être prises dans la galerie souterraine vers Cordéac. Ce petit ouvrage appartient au circuit de transfert ; il ne doit pas être remplacé sur le schéma par une seconde grande retenue comparable au Sautet. Sa position organise le passage entre la sortie du premier étage et l’alimentation du suivant. La galerie conduit ensuite l’eau sur plusieurs kilomètres, sans que sa longueur mesure une hauteur de chute supplémentaire.
Le tracé s’arrête volontairement à Cordéac, parce que la source utilisée décrit jusqu’à ce point le transfert depuis le Sautet. Il ne détaille pas les machines de cette centrale aval et ne leur attribue pas les caractéristiques du premier étage. Cette lecture évite deux erreurs : faire passer toute la chaîne du Drac dans un seul groupe, ou considérer chaque nom de centrale comme une réserve d’eau supplémentaire. Les circuits électriques et les circuits d’eau restent également séparés.
La puissance de la comparaison pédagogique ci-dessous correspond à la centrale du Sautet seule, dans le registre ODRÉ. Cordéac n’est pas ajouté à ce nombre, même si les deux sites utilisent successivement l’eau. L’intérêt pour le réseau vient de l’usage coordonné des installations et de la retenue de tête ; il ne donne pas une garantie de fonctionnement permanent. Les niveaux, les apports et la conduite des groupes restent nécessaires pour connaître la production effective.
| Caractéristique | Valeur et lecture | Source |
|---|---|---|
| Implantation | Usine souterraine au pied du barrage — Premier étage du circuit Sautet-Cordéac. | Source |
| Machines du Sautet | 6 groupes à double turbine Francis — Ne signifie pas douze groupes électriques indépendants. | Source |
| Puissance de présentation | 76 MW — Centrale du Sautet seule, pas Sautet+Cordéac. | Source |
| Puissance enregistrée | 76.5 MW — SAUTEH, puissance active maximale installée au 31/08/2026. | Source |
| Chute au registre | 93.85 m — Champ hauteur de chute de l’installation, distinct des hauteurs de barrage. | Source |
| Position du contre-barrage | 300 m en aval — Repère du transfert après les eaux turbinées. | Source |
| Galerie vers Cordéac | plus de 4 km — Longueur de transfert, pas hauteur de chute. | Source |
| Fonction dans la vallée | Barrage de tête — Stock principal en amont de la chaîne du Drac décrite. | Source |

Lire les circuits du schéma en texte
normal
- Retenue du Sautet → Centrale souterraine du Sautet: Admission (eau).
- Centrale souterraine du Sautet → Contre-barrage: Eaux turbinées (eau).
- Contre-barrage → Galerie vers Cordéac: Prise pour le transfert (eau).
- Galerie vers Cordéac → Centrale de Cordéac: Alimentation de l’étage suivant (eau).
- Centrale souterraine du Sautet → Réseau électrique: Électricité du Sautet (électricité).
Barrage du Sautet : que représente une heure de production ?
La comparaison suivante prend 76,5 MW pendant une heure, à puissance constante, soit 76,5 MWh d’énergie électrique. C’est un scénario hypothétique, pas la mesure d’une heure réelle ni une promesse de disponibilité. La référence concerne Centrale du Sautet seule, SAUTEH EIC 17W000000012222Q, six groupes ; Cordéac et autres sites du Drac exclus. ODRÉ — registre national, données au 31/08/2026.
| Repère | Équivalence arrondie |
|---|---|
| Logements d’une ville modèle de 100 000 habitants | Environ 3 heures de leur consommation électrique moyenne, avec le modèle résidentiel ci-dessous. |
| Voiture électrique équipée d’une batterie utile de 60 kWh | Environ 1 148 recharges complètes de 0 à 100 %, en supposant 90 % de rendement de recharge. |
Ces deux lignes sont des comparaisons alternatives de la même énergie ; elles ne s’additionnent pas. La ville modèle ne comprend ici que les usages électriques des logements, sans les entreprises, les transports ni les services publics. Le nombre de recharges ne décrit ni des bornes fonctionnant simultanément ni un modèle particulier de voiture.
Voir les hypothèses et le calcul
Énergie = puissance × durée : 76,5 MW × 1 h = 76,5 MWh. Un MW mesure une puissance ; un MWh mesure une quantité d’énergie. Par exemple, 1 GW tenu une heure représente 1 GWh, et non une production annuelle.
Pour les logements, le modèle retient 2 200 kWh par an et par habitant, arrondis à partir des 150,9 TWh de consommation résidentielle réelle en 2024 publiés par le SDES et des 68,4 millions d’habitants au 1er janvier 2024 indiqués par l’Insee. Il utilise une année normalisée de 8 760 heures pour exprimer une moyenne : ce n’est ni une norme individuelle ni le profil horaire observé d’une commune.
Le calcul de recharge est : énergie en kWh × 0,90 ÷ 60. Les 60 kWh de capacité utile et les 90 % de rendement sont des hypothèses explicites. La capacité du véhicule, sa température, les pertes et les conditions de recharge font varier le résultat. Aucun rendement hydraulique supplémentaire n’est appliqué à une puissance déjà électrique.
110 mètres au-dessus du terrain, 126 mètres sur fondation
La monographie du CFBR indique 126 mètres sur fondation. Cette hauteur inclut l’assise située sous le terrain naturel. Pour le classement homogène des ouvrages, on conserve donc 110 mètres ; pour décrire la dimension structurelle complète, on peut utiliser 126 mètres à condition de préciser le référentiel. La profondeur de la gorge environnante est encore une autre mesure et ne doit pas être présentée comme la hauteur du barrage.
Une crête courte ne signifie pas une faible capacité. Le volume de la retenue dépend de la vallée en amont, avec ses élargissements, ses versants et ses bras. À l’inverse, la longueur du couronnement mesure la fermeture au droit de l’ouvrage. Le Sautet offre ainsi un bon exemple pour comprendre pourquoi les classements par hauteur, par longueur et par volume n’aboutissent pas au même ordre.
Une voûte de béton installée dans les calcaires
Le CFBR décrit une voûte fondée dans les calcaires du Lias. Dans ce principe constructif, la courbure du barrage transmet une partie importante de la poussée vers les rives. Les appuis rocheux et les fondations ne constituent donc pas un simple décor autour du béton : ils participent au comportement de l’ensemble. Le Sautet se comprend en observant le contact entre l’ouvrage et les parois autant que le parement lui-même.
La pression de l’eau augmente avec la profondeur, tandis que le niveau du réservoir varie. Le barrage est étudié pour des situations de charge définies ; son suivi recherche ensuite un comportement cohérent avec ces situations. Une petite déformation mesurée n’a pas, isolément, le sens d’une dégradation. Pour l’interpréter, les spécialistes la rapprochent notamment du niveau, de la température et de l’évolution des autres observations. Le regard d’un visiteur ne remplace pas cette analyse instrumentée.
Une retenue dont les publications n’utilisent pas toutes la même valeur
La fiche générale du CFBR donne 107,7 millions de mètres cubes. Sa monographie indique 99,8 millions à retenue normale, à la cote 765 mètres NGF. EDF présente également un ordre de grandeur de 95 millions dans sa page destinée aux visiteurs. Ces documents ne permettent pas de réduire l’écart à une cause unique attestée. Le guide indique donc les références au lieu de transformer plusieurs chiffres en preuve d’une perte récente de capacité.
Pour la description technique à retenue normale, la monographie constitue la référence retenue ici. Le volume de la fiche générale reste utile lorsqu’on suit cette série documentaire. Un niveau observé en été n’est pas directement comparable à ces capacités : il décrit un état du remplissage à une date précise. La différence entre deux cotes ne suffit pas non plus à calculer un volume sans connaître la géométrie de la cuvette à ces altitudes.
La présentation d’EDF sur la chaîne du Drac décrit une gestion coordonnée de la production et de la ressource, avec une attention aux cotes touristiques en été. La position du Sautet en tête de cette chaîne lui donne un rôle dans les apports reçus par les ouvrages suivants. Le niveau du lac est ainsi une donnée industrielle et territoriale. La concertation entre usages ne constitue toutefois pas une garantie de cote constante : les niveaux et les conditions doivent être consultés pour la saison envisagée.
Six groupes au Sautet, puis une deuxième chute vers Cordéac
La présentation d’EDF sur Sautet-Cordéac décrit six groupes à double turbine Francis pour une puissance totale de 76 MW. Après ce premier turbinage, l’eau rejoint un contre-barrage situé environ 300 mètres en aval. Elle est ensuite conduite par une galerie de plus de quatre kilomètres vers la centrale de Cordéac. Les machines du Sautet et celles de Cordéac sont donc des équipements différents, reliés dans un parcours hydraulique.
Cette disposition permet de valoriser successivement plusieurs différences d’altitude. L’eau n’est pas consommée par le seul passage dans une turbine : elle peut encore produire à un niveau inférieur, dans les limites du dénivelé restant. Il serait en revanche incorrect d’attribuer toute la puissance de Cordéac aux groupes du Sautet, ou de compter deux fois le volume de la retenue comme deux réserves indépendantes. Chaque chiffre doit conserver le périmètre de son usine ou de son réservoir.
Le registre national agrégé ODRÉ, dans les données au 31 août 2026, enregistre 76,5 MW de puissance active maximale installée pour l’installation du Sautet. La présentation EDF emploie 76 MW. La donnée enregistrée est conservée dans la fiche électrique et la valeur arrondie est attribuée à l’exploitant. Une puissance en MW n’est pas une production annuelle : une heure hypothétique à 76,5 MW représenterait 76,5 MWh, sans renseigner le nombre d’heures réellement produit.
1935 : un premier grand maillon, avant les ouvrages d’aval
La page d’EDF consacrée à la chaîne du Drac replace le Sautet avant Cordéac, Saint-Pierre-Cognet et Monteynard-Avignonet. Cette chronologie est importante : l’ensemble actuel ne s’est pas construit en une seule campagne. Les ouvrages successifs ont ajouté des étages de production et modifié l’organisation hydraulique de la vallée.
Un article publié en 1935 par l’ingénieur André Robert, responsable dans la société de forces motrices, décrit la mise en eau et l’usine, partiellement installée sous une grande voûte souterraine. Cette source contemporaine du chantier éclaire l’ambition industrielle de l’époque. Ses puissances et ses projets d’extension sont des données historiques : ils ne doivent pas être repris comme l’inventaire actuel des équipements de la vallée.
Lire une installation ancienne exige cette attention aux dates. Une photographie de construction, un projet et un ouvrage achevé ne documentent pas le même état. Le barrage reste identifiable, mais ses organes hydrauliques, son instrumentation et ses machines peuvent avoir fait l’objet de travaux. La permanence d’un mur dans le paysage ne signifie pas que chaque équipement intérieur est resté identique depuis 1935.
Évacuer les crues et suivre les sédiments
La monographie du CFBR mentionne l’adaptation de la crête pour la rendre déversante en 1937, puis le remplacement d’anciennes vidanges par une nouvelle vidange de fond dans les années 1960. Elle rapporte aussi une campagne de dévasement entre 1960 et 1964. Ces étapes montrent que l’histoire du Sautet ne s’arrête pas au premier remplissage : le passage de l’eau et des matériaux transportés a continué à être pris en compte dans les équipements.
Un évacuateur de crue et une vidange de fond n’ont pas la même fonction qu’une turbine. Le premier permet de faire transiter un débit important lorsque les conditions l’exigent ; la seconde offre un moyen d’agir sur l’eau à des niveaux plus bas. Leur existence ne garantit pas que toute opération de vidange soit simple ou sans effet en aval. Les sédiments, les niveaux et la qualité de l’eau demandent une préparation adaptée au scénario concerné.
La surveillance porte aussi sur les parties difficiles à voir
Le prestataire SITES décrit une inspection réalisée pour EDF sur les barrages du Sautet et de Saint-Pierre-Cognet, utilisant notamment une couverture photographique par drone et un traitement en trois dimensions. Le cas illustre l’intérêt de moyens d’observation qui accèdent aux parements difficiles d’accès. Il documente une intervention précise ; il ne donne pas un bulletin actualisé de l’état du barrage.
La surveillance associe plusieurs informations plutôt qu’une image spectaculaire. Une photographie localise un aspect de surface ; une mesure de pression renseigne sur l’eau dans l’ouvrage ou son environnement ; une mesure de déplacement suit une réponse mécanique. Les rapprocher permet de rechercher une évolution cohérente ou inhabituelle. Il serait donc trompeur d’annoncer une sûreté démontrée par la seule présence d’un drone ou, inversement, d’interpréter une inspection comme le signe automatique d’un danger imminent.
Découvrir le Sautet depuis le belvédère et le lac
EDF propose un belvédère et un espace d’information consacrés au barrage. La lecture de la gorge permet de comprendre le contraste entre la crête courte et la hauteur de la fermeture. La découverte du lac, en amont, montre une autre échelle du site. Ces deux points de vue se complètent, tandis que les galeries et une partie des machines restent hors de vue.
L’office de tourisme de la Matheysine présente les activités de plein air et nautiques autour des retenues. Les conditions d’accueil, de niveau et de pratique doivent être vérifiées pour l’activité et la date envisagées. Un belvédère en accès libre n’ouvre pas les installations industrielles, et la présence d’activités sur le lac n’autorise pas à s’aventurer dans les zones de restitution en aval.
Questions fréquentes sur le barrage du Sautet
Pourquoi parle-t-on de barrage de tête ?
Le Sautet est le grand réservoir placé à l’amont de la chaîne décrite ici. Sa gestion influence les apports reçus par les ouvrages suivants. Ce rôle hydraulique ne signifie pas qu’il possède la centrale la plus puissante de la vallée.
La centrale de Cordéac fait-elle partie du barrage lui-même ?
Elle constitue un étage distinct en aval. Un contre-barrage et une galerie reprennent les eaux après le turbinage du Sautet pour les conduire vers une nouvelle chute. Le parcours relie les équipements sans les confondre.
Faut-il utiliser 110 ou 126 mètres ?
Pour un classement au-dessus du terrain naturel : 110 mètres. Pour la dimension sur fondation : 126 mètres. Il faut annoncer la convention choisie et la conserver pour tous les ouvrages comparés.
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Sources et périmètres
- CFBR — fiche Sautet : hauteur naturelle, longueur et volume général.
- CFBR — monographie, 2022 : fondation, retenue normale et historique des travaux.
- EDF — aménagement de Sautet-Cordéac : groupes, puissance et parcours de l’eau.
- ODRÉ — registre national agrégé, données au 31 août 2026 : 76,5 MW enregistrés.
- EDF — chaîne du Drac : chronologie des ouvrages.
- André Robert — mise en eau du Sautet, 1935 : témoignage technique de l’époque.
- SITES — inspection pour EDF : méthodes d’observation.
- EDF — belvédère du Sautet : découverte du site.
- Matheysine Tourisme — hydroélectricité : contexte territorial et activités.