Actu

Barrage de Sainte-Croix : retenue et usages du Verdon

Sources : CFBR, EDF, Parc, SMAVD

Sommaire

Sujets abordés

Vue d’illustration d’un aménagement hydraulique générique — sainte croix
Vue d’illustration d’un aménagement hydraulique générique — sainte croix
Vue d’illustration : aménagement et paysage génériques. Cette scène ne constitue pas une photographie documentaire du site réel.
L’essentiel

Le barrage de Sainte-Croix ferme le Verdon à l’entrée des gorges de Baudinard, entre le Var et les Alpes-de-Haute-Provence. Mis en service en 1974, il retient l’un des plus grands réservoirs français, autour de 767 millions de mètres cubes. Son rôle associe hydroélectricité, alimentation en eau et irrigation. Le lac attire aussi une activité touristique importante, avec ses propres attentes de niveau et d’accès. Derrière ce paysage, une voûte en béton et une centrale souterraine assurent des fonctions que l’on ne voit qu’en partie depuis la rive. Fiche du barrage, CFBR.

Barrage de Sainte-Croix : deux groupes, un seul réversible

La centrale souterraine de Sainte-Croix se trouve à plus de 100 m de profondeur selon EDF. Cette profondeur décrit l’implantation de l’usine dans le massif ; elle ne donne pas la hauteur de chute. L’installation comporte deux groupes de production, dont un groupe réversible. Le dossier technique EDF de Quinson explique que la retenue de Quinson, située en aval, sert de bassin de compensation et reçoit les eaux turbinées par Sainte-Croix. Une partie de cette eau peut ensuite être remontée pendant les périodes de pompage. EDF — maintenance de Sainte-Croix, juin 2026 EDF/Préfecture du Var — dossier de Quinson 2018.

L’article EDF consacré à la maintenance en juin 2026 identifie précisément le groupe numéro 2 : sa puissance de production est de 55 MW et son fonctionnement en pompage peut atteindre 52 m³/s. Le débit décrit un volume d’eau déplacé par seconde, tandis que les mégawatts décrivent une puissance. Le schéma réserve donc le retour de Quinson vers Sainte-Croix à ce seul groupe. L’autre groupe reste une branche de turbinage distincte ; aucune flèche ne lui attribue une capacité de pompage que les documents ne lui donnent pas. EDF — maintenance de Sainte-Croix, juin 2026 EDF/Préfecture du Var — dossier de Quinson 2018.

Lire les branches du circuit

Cette réversibilité rend le sens des écoulements important dans les gorges de Baudinard. Le Parc du Verdon signale expressément que le pompage de l’usine peut y engendrer des courants dans les deux sens. Cela relie une caractéristique des machines à un effet observable sur le territoire. Le diagramme montre la retenue inférieure de Quinson, puis les deux directions de circulation de l’eau au niveau du groupe 2. Il montre aussi l’électricité reçue du réseau pour entraîner la pompe, à côté de l’électricité fournie lorsque les groupes turbinent. Parc du Verdon — retenue de Quinson EDF/Préfecture du Var — dossier de Quinson 2018.

Les travaux de maintenance décrits par EDF permettent également de comprendre les organes internes. Les servo-moteurs de vannage commandent l’admission d’eau vers la turbine. L’alternateur comporte une partie tournante, le rotor, et une partie fixe, le stator ; il convertit la rotation mécanique en courant électrique. L’article indique la dépose d’un rotor d’environ 110 tonnes sur le groupe 2. Ce sont des informations sur un chantier daté : elles expliquent la complexité de la machine sans permettre de conclure sur sa disponibilité actuelle ou la fin effective des travaux. EDF — maintenance de Sainte-Croix, juin 2026.

À l’échelle de toute la centrale, la ligne ODRÉ au 31 août 2026 enregistre 132270 kW, soit 132,27 MW de puissance active maximale installée, et deux groupes. Ce périmètre est différent des 55 MW publiés par EDF pour le seul groupe 2 ; aucune puissance du groupe 1 n’est reconstruite par soustraction entre ces publications. L’exemple ci-dessous utilise la puissance enregistrée en turbinage. Comme l’installation associe apports naturels du Verdon et pompage, une production brute ainsi illustrée ne constituera pas un bilan renouvelable net du cycle. ODRÉ — registre au 31 août 2026, données au 31 août 2026 EDF — maintenance de Sainte-Croix, juin 2026.

Repères techniques et périmètres
Caractéristique Valeur Périmètre et source
Groupes de production 2 groupes Centrale souterraine ; un seul groupe réversible EDF — maintenance de Sainte-Croix, juin 2026
Groupe réversible Groupe numéro 2 Seule branche de pompage représentée EDF — maintenance de Sainte-Croix, juin 2026
Puissance du groupe 2 55 MW Production de ce groupe seul, publication de juin 2026 EDF — maintenance de Sainte-Croix, juin 2026
Débit de pompage du groupe 2 52 m³/s au maximum Débit d’eau ; ne désigne pas la puissance électrique consommée EDF — maintenance de Sainte-Croix, juin 2026
Retenue inférieure Quinson Bassin de compensation et eau reprise par le pompage EDF/Préfecture du Var — dossier de Quinson 2018
Puissance enregistrée de la centrale 132,27 MW SSCROH ; puismaxinstallee=132270 kW au 31/08/2026 ODRÉ — registre au 31 août 2026, données au 31 août 2026
Capacité de la retenue haute 767 hm³ Retenue normale 477 mNGF ; lac de Sainte-Croix entier CFBR — Sainte-Croix, monographie 2022
Schéma du fonctionnement du barrage de Sainte-Croix
Schéma fonctionnel hors échelle, fondé sur le dossier EDF de Quinson et la description 2026 du groupe 2. La remontée d’eau et la consommation électrique concernent uniquement ce groupe réversible.
Lire les circuits du schéma en texte

En production

  1. Retenue de Sainte-Croix → Prises et conduits de l’usine: Eau descendante (eau).
  2. Prises et conduits de l’usine → Groupe 1: Turbinage (eau).
  3. Prises et conduits de l’usine → Groupe 2 réversible: Turbinage (eau).
  4. Groupe 1 → Retenue de Quinson: Eau turbinée (eau).
  5. Groupe 2 réversible → Retenue de Quinson: Eau turbinée (eau).
  6. Groupe 1 → Réseau électrique: Électricité produite (électricité).
  7. Groupe 2 réversible → Réseau électrique: Électricité produite (électricité).

En pompage

  1. Retenue de Quinson → Groupe 2 réversible: Eau remontée (eau en pompage).
  2. Groupe 2 réversible → Prises et conduits de l’usine: Refoulement (eau en pompage).
  3. Prises et conduits de l’usine → Retenue de Sainte-Croix: Retour à la retenue haute (eau en pompage).
  4. Réseau électrique → Groupe 2 réversible: Électricité consommée en pompage (électricité).

Lecture du schéma : Sainte-Croix et Quinson : une seule branche de pompage. Schéma fonctionnel hors échelle, fondé sur le dossier EDF de Quinson et la description 2026 du groupe 2. La remontée d’eau et la consommation électrique concernent uniquement ce groupe réversible.

Barrage de Sainte-Croix : que représente une heure de production ?

La comparaison suivante prend 132,27 MW pendant une heure, à puissance constante, soit 132,27 MWh d’énergie brute turbinée. C’est un scénario hypothétique, pas la mesure d’une heure réelle ni une promesse de disponibilité. La référence concerne SSCROH-CENTRALE HYDRAULIQUE DE STE-CROIX-DU-VERDON-6, au 31/08/2026 ; centrale entière en turbinage. ODRÉ — registre au 31 août 2026, lignes exactes archivées.

Deux façons de visualiser la même quantité d’énergie
Repère Équivalence arrondie
Logements d’une ville modèle de 100 000 habitants Environ 5,3 heures de leur consommation électrique moyenne, avec le modèle résidentiel ci-dessous.
Voiture électrique équipée d’une batterie utile de 60 kWh Environ 1 984 recharges complètes de 0 à 100 %, en supposant 90 % de rendement de recharge.

Ces deux lignes sont des comparaisons alternatives de la même énergie ; elles ne s’additionnent pas. La ville modèle ne comprend ici que les usages électriques des logements, sans les entreprises, les transports ni les services publics. Le nombre de recharges ne décrit ni des bornes fonctionnant simultanément ni un modèle particulier de voiture.

Voir les hypothèses et le calcul

Énergie = puissance × durée : 132,27 MW × 1 h = 132,27 MWh. Un MW mesure une puissance ; un MWh mesure une quantité d’énergie. Par exemple, 1 GW tenu une heure représente 1 GWh, et non une production annuelle.

Pour les logements, le modèle retient 2 200 kWh par an et par habitant, arrondis à partir des 150,9 TWh de consommation résidentielle réelle en 2024 publiés par le SDES et des 68,4 millions d’habitants au 1er janvier 2024 indiqués par l’Insee. Il utilise une année normalisée de 8 760 heures pour exprimer une moyenne : ce n’est ni une norme individuelle ni le profil horaire observé d’une commune.

Le calcul de recharge est : énergie en kWh × 0,90 ÷ 60. Les 60 kWh de capacité utile et les 90 % de rendement sont des hypothèses explicites. La capacité du véhicule, sa température, les pertes et les conditions de recharge font varier le résultat. Aucun rendement hydraulique supplémentaire n’est appliqué à une puissance déjà électrique.

Particularité du pompage-turbinage : cette comparaison porte sur l’électricité turbinée. Remonter l’eau a consommé de l’électricité et le cycle comporte des pertes. Le résultat n’est donc ni une production renouvelable nette ni une durée d’autonomie du stockage. Le volume brut d’un bassin ne suffit pas à établir cette autonomie.

Comprendre la différence entre MW et MWh

Un grand lac derrière une voûte relativement courte

Le CFBR indique une hauteur de 85 mètres dans sa fiche générale et 95 mètres sur fondation dans sa monographie. La première référence est celle du terrain naturel ; la seconde descend jusqu’à la fondation de l’ouvrage. Pour le classement par volume, la monographie retient 767 hm³ à la cote normale de 477 mètres NGF, soit 767 millions de mètres cubes. La cote de crête, à 483 mètres NGF, est une altitude. Elle ne doit être confondue ni avec la hauteur du mur ni avec celle de la chute hydraulique. Monographie technique CFBR.

Le volume retenu dépend de toute la géométrie de la cuvette, pas seulement de la longueur du couronnement. C’est pourquoi une voûte qui ferme une section resserrée peut commander une grande réserve en amont. La poussée de l’eau est reprise en partie par les appuis rocheux ; la qualité de ces appuis et les conditions de fondation font partie du projet. Une petite surface apparente de béton ne signifie donc pas un ouvrage secondaire. Sainte-Croix illustre particulièrement bien la différence entre la dimension du barrage et celle du lac qu’il rend possible.

Lire correctement les différentes fiches techniques

Les documents de présentation ne donnent pas toujours exactement les mêmes dimensions : la fiche CFBR mentionne 138 mètres de longueur, la monographie 133 mètres. EDF emploie également des valeurs de présentation différentes pour la hauteur et le volume. Sans indication suffisamment précise sur la méthode de mesure, il ne faut pas transformer chaque écart en modification physique du barrage. Pour une comparaison de réservoirs, ce guide utilise le repère de 767 millions de mètres cubes du CFBR ; les autres valeurs restent attribuées à leur publication et à leur référence.

À bien distinguer

Le niveau du lac au moment d’une visite constitue une autre information. Une capacité à retenue normale n’est pas le remplissage du jour. Même une altitude mesurée doit être accompagnée d’une date et d’un référentiel. Une photographie montrant une bande de rive découverte ne permet pas de calculer le volume restant, car la forme des fonds n’est pas uniforme. Cette précaution aide à lire les épisodes de basses eaux sans confondre trois questions : la capacité de l’aménagement, son état ponctuel et les règles qui déterminent l’utilisation de la réserve.

La centrale se trouve sous terre

EDF décrit une centrale souterraine comportant deux groupes de production. Dans une publication de juin 2026 consacrée à la maintenance, l’exploitant précise que le groupe numéro 2 développe 55 MW et peut fonctionner en pompage, jusqu’à un débit de 52 mètres cubes par seconde. Les 55 MW concernent ce groupe seul ; ils ne doivent pas être présentés comme la puissance totale de la centrale. Le débit de pompage est encore une autre grandeur. EDF — Maintenance du groupe de Sainte-Croix, 2026.

La possibilité de pomper rappelle qu’une installation hydraulique peut aussi déplacer de l’eau et stocker de l’énergie potentielle pour une utilisation ultérieure. Ce fonctionnement consomme de l’électricité ; il ne crée pas une ressource supplémentaire à l’échelle du bassin. Le groupe, les galeries et les organes de commande doivent être considérés ensemble. L’exemple de maintenance présenté par EDF porte d’ailleurs sur le vannage et sur l’alternateur : la performance dépend autant de l’admission de l’eau que de la conversion électrique et de la précision de l’assemblage des machines.

Un réservoir inscrit dans l’aménagement du Verdon

Le Parc naturel régional du Verdon décrit une gestion annuelle combinant production hivernale, remplissage printanier et attention portée aux niveaux estivaux. Le cycle répond à la fois aux apports et aux usages. Le SAGE du Verdon fournit un cadre de conciliation et prévoit des cotes touristiques pour certaines retenues, dont Sainte-Croix. Cette organisation ne doit pas être lue comme un calendrier automatique garantissant un même niveau chaque année. Les conditions hydrologiques interviennent dans la marge réellement disponible. Parc du Verdon — Aménagements hydroélectriques et gestion annuelle.

Eau potable, agriculture et milieux aquatiques

La fiche du CFBR identifie explicitement l’alimentation en eau et l’irrigation parmi les usages de Sainte-Croix. Le Parc insiste également sur la nécessité de raisonner à l’échelle du bassin versant. Les limites administratives ne correspondent pas au cheminement de l’eau : une pression ou un prélèvement en amont peut avoir des conséquences plus loin. Cela explique l’importance des règles collectives de gestion et des informations partagées sur les apports, les réserves et les besoins. Une réserve d’eau n’est pas seulement un stock énergétique. Parc du Verdon — L’eau et les milieux aquatiques.

Le suivi du bassin permet de donner un contexte aux niveaux. Le SMAVD propose une interface présentant notamment les apports et prélèvements estimés ainsi que la cote des grands lacs. Il précise que les valeurs affichées sont des moyennes sur les dix jours précédant la date choisie et non des mesures instantanées. Ce détail change la lecture : un chiffre de débit publié dans cet outil ne représente pas nécessairement ce qui passe à l’instant même devant un observateur. Il faut conserver la date et la période associées à l’indicateur. SMAVD — Vigie Durance-Verdon.

Les loisirs s’adaptent à une retenue en exploitation

Le Parc rappelle que Sainte-Croix est un plan d’eau artificiel dont le niveau peut varier, révélant roches et hauts-fonds. Il indique aussi des zones d’exclusion près du barrage et de la prise d’eau. L’existence de plages aménagées ne rend donc pas tout le lac librement accessible à toutes les pratiques. Une visite ou une navigation se prépare avec les règles locales actualisées, en tenant compte des secteurs naturels sensibles et des conditions météorologiques. L’aménagement touristique et le fonctionnement hydraulique occupent le même espace, avec des contraintes différentes. Parc — Navigation et sécurité à Sainte-Croix.

Le schéma d’accueil des lacs coordonné par le Parc réunit collectivités et acteurs de l’eau et de l’énergie. Il porte sur les accès, les équipements, les services et la limitation des effets de la fréquentation sur des milieux sensibles. Le lac doit ainsi être regardé comme un territoire habité et géré, pas seulement comme une étendue disponible pour les loisirs. La qualité de l’accueil dépend de choix d’aménagement, de l’entretien des rives et de la préservation des espaces naturels. La transformation hydroélectrique a créé un paysage dont les usages continuent d’évoluer. Parc — Schéma d’accueil des lacs.

Questions fréquentes sur Sainte-Croix

Pourquoi le barrage est-il moins haut que d’autres grands ouvrages ?

La capacité dépend de la topographie de toute la retenue. Une section relativement resserrée peut fermer une vaste cuvette en amont. Il n’existe donc pas de proportion constante entre hauteur du mur et volume d’eau stocké. Sainte-Croix est un grand réservoir avant d’être un record de hauteur.

Le lac sert-il seulement à produire de l’électricité ?

Non. L’alimentation en eau et l’irrigation font partie des usages documentés, auxquels s’ajoutent les activités touristiques et les enjeux écologiques. C’est précisément leur coexistence qui impose une gestion collective et une lecture du Verdon à l’échelle du bassin.

Peut-on connaître le niveau du jour dans une fiche permanente ?

Une fiche permanente donne les repères structurels, pas un suivi en direct. Pour connaître une situation récente, il faut utiliser un outil daté et regarder la période des mesures. La capacité totale et la cote normale ne renseignent pas seules sur le niveau observé aujourd’hui.

55 MW est-il la puissance de toute l’installation ?

Non. Cette valeur est attribuée par EDF au seul groupe numéro 2 dans son article de maintenance de 2026. Additionner des chiffres provenant de documents différents sans vérifier les équipements et leur définition conduirait à une puissance totale incertaine. Les MW doivent toujours être rattachés à leur périmètre.

Les caractéristiques décrivent les périmètres et les dates indiqués. Les niveaux de retenue, la disponibilité des groupes et les conditions d’accès varient ; les consignes locales relèvent des autorités et de l’exploitant.
Restez branché sur l'hydroélectricité

L’essentiel par email sur le secteur : réglementation, chantiers, innovations. Pas de spam, désinscription en un clic.

Pas de spam · Désinscription en un clic