
Le barrage de Giffaumont-Champaubert appartient au système du lac du Der-Chantecoq, également appelé lac-réservoir Marne. Cet ensemble situé près de Saint-Dizier, dans la Marne et la Haute-Marne, a été mis en service en 1974. Sa mission première associe réduction des crues et soutien des débits en période sèche. Sa capacité d’environ 350 millions de mètres cubes lui donne une place dans les grands réservoirs français, mais elle ne doit pas être interprétée comme celle d’une grande centrale hydroélectrique. Ici, le stockage répond d’abord au fonctionnement de la rivière et aux besoins des territoires en aval. Présentation de Seine Grands Lacs.
Barrage de Giffaumont : suivre l’eau du Der jusqu’aux rivières
Le schéma du barrage de Giffaumont décrit une gestion de l’eau, avec deux cours d’eau d’origine et deux chemins de restitution. Le lac du Der se trouve en dérivation de la Marne et de la Blaise. Les prélèvements rejoignent la cuvette par des canaux d’amenée ; l’eau ne traverse donc pas simplement un barrage posé dans le lit principal d’une seule rivière. Cette configuration permet de conserver une partie des apports et de les rendre plus tard. Le schéma dessine séparément Marne et Blaise à l’entrée et à la sortie. Seine Grands Lacs — fonctionnement du Der.
Le retour vers les rivières utilise deux canaux de restitution nommés par Seine Grands Lacs : celui de la Marne mesure 3 km et débouche à l’ouest d’Arrigny ; celui de la Blaise mesure 1 km et débouche à l’est de Sainte-Livière. Ces repères montrent concrètement où le stock du Der retrouve les cours d’eau. Le soutien d’étiage intervient en principe de début juillet à fin octobre. Il s’agit de la période générale présentée par le gestionnaire, et non d’un relevé des volumes effectivement restitués pendant une année particulière. Seine Grands Lacs — fonctionnement du Der.
Lire les branches du circuit
Le réservoir comporte plusieurs tranches de gestion. Une tranche morte ne peut pas être vidangée ; une réserve sert notamment à prolonger le soutien tardif ; les tranches normale et exceptionnelle répondent aux conditions de remplissage prévues. Ces mots ne décrivent pas des compartiments séparés par des cloisons dans le lac. Ils attribuent des fonctions à différentes portions du volume disponible. Cette répartition aide à comprendre pourquoi toute l’eau présente ne peut pas être promise simultanément à une crue future, à l’étiage et au maintien d’un niveau de loisirs. Seine Grands Lacs — tranches du réservoir Marne.
La retenue normale est un niveau de référence. À la cote 139,7 mNGF, la monographie du CFBR donne 350 hm³ pour l’ensemble du lac-réservoir ; la fiche détaillée de Seine Grands Lacs annonce 349 millions de mètres cubes de capacité de remplissage. Les valeurs restent attachées à leur document et à leur précision. Le tableau n’en fait ni une addition ni une preuve d’évolution récente. Pour le repère géométrique ci-dessous, 350 millions de mètres cubes est retenu comme valeur de référence clairement arrondie et attribuée au système entier. CFBR — Giffaumont, monographie 2022 Seine Grands Lacs — fonctionnement du Der.
Giffaumont est l’une des fermetures de cet ensemble multibarrages. Ses 21 m sur fondation concernent un ouvrage individuel ; les 20,3 km de digues annoncés par Seine Grands Lacs décrivent le linéaire du système. Ces échelles de lecture expliquent la différence entre une fiche de barrage et un bilan de stockage. Aucun groupe électrique, aucune turbine et aucune puissance en mégawatts ne sont ajoutés au diagramme. L’intérêt technique du Der se lit dans les prélèvements, la réserve saisonnière et les restitutions contrôlées à la Marne et à la Blaise. CFBR — Giffaumont, monographie 2022 Seine Grands Lacs — fonctionnement du Der.
| Caractéristique | Valeur | Périmètre et source |
|---|---|---|
| Rivières alimentant le système | Marne et Blaise | Prélèvement en dérivation par canaux d’amenée Seine Grands Lacs — fonctionnement du Der |
| Capacité de référence | 350 hm³ | Ensemble du lac à retenue normale 139,7 mNGF CFBR — Giffaumont, monographie 2022 |
| Capacité de remplissage, fiche détaillée | 349 millions de m³ | Présentation détaillée du gestionnaire, conservée distinctement Seine Grands Lacs — fonctionnement du Der |
| Hauteur de Giffaumont sur fondation | 21 m | Un barrage individuel, pas tout le système CFBR — Giffaumont, monographie 2022 |
| Linéaire de digues du système | 20,3 km | Ensemble du lac-réservoir, pas seule crête de Giffaumont Seine Grands Lacs — fonctionnement du Der |
| Canal de restitution Marne | 3 km | Débouché à l’ouest d’Arrigny Seine Grands Lacs — fonctionnement du Der |
| Canal de restitution Blaise | 1 km | Débouché à l’est de Sainte-Livière Seine Grands Lacs — fonctionnement du Der |
| Période de soutien de référence | Début juillet à fin octobre en principe | Calendrier général, pas bilan opérationnel annuel Seine Grands Lacs — fonctionnement du Der |

Lire les circuits du schéma en texte
normal
- Marne, secteur de prélèvement → Canal d’amenée Marne: Prélèvement (eau).
- Blaise, secteur de prélèvement → Canal d’amenée Blaise: Prélèvement (eau).
- Canal d’amenée Marne → Lac-réservoir du Der: Remplissage (eau).
- Canal d’amenée Blaise → Lac-réservoir du Der: Remplissage (eau).
- Lac-réservoir du Der → Canal de restitution Marne: Restitution pilotée (eau).
- Lac-réservoir du Der → Canal de restitution Blaise: Restitution pilotée (eau).
- Canal de restitution Marne → Marne après restitution: Retour à la Marne (eau).
- Canal de restitution Blaise → Blaise après restitution: Retour à la Blaise (eau).
Lecture du schéma : Le Der : deux prises et deux restitutions. Schéma fonctionnel hors échelle des canaux et du lac entier. Les flèches représentent les fonctions de remplissage et de soutien ; elles ne fixent pas des débits simultanés ni un programme annuel. Aucun circuit électrique n’est attribué au Der.
Sources de ce complément
350 millions de mètres cubes : à quoi correspond cette réserve ?
Le lac du Der est ici un réservoir de gestion des eaux, pas une centrale à laquelle attribuer une puissance électrique. Sa capacité de 350 millions de m³ représente, pour visualiser ce volume, environ 140 000 bassins rectangulaires de 50 mètres sur 25 mètres et 2 mètres de profondeur. Chaque bassin géométrique contient 2500 m³ ; cette comparaison ne décrit ni une norme de piscine ni la quantité d’eau potable disponible.
Ce repère porte sur la capacité du réservoir. Le volume effectivement présent varie avec la saison et les consignes de gestion. On ne le convertit pas en MWh : il faudrait d’abord identifier un équipement de production, une chute utilisable, des débits et un rendement, ce que le périmètre de cette fiche ne documente pas.
Un lac-réservoir fermé par plusieurs barrages
Le Der n’est pas simplement un mur jeté en travers de la Marne. L’eau est prélevée dans la Marne et la Blaise, puis conduite vers une cuvette située en dérivation des cours d’eau. Plusieurs barrages de fermeture retiennent cette eau, comme le montre le plan général de la monographie du CFBR. Cette organisation explique pourquoi le nom d’un barrage particulier est parfois utilisé pour désigner tout le réservoir. Les 350 millions de mètres cubes concernent l’ensemble du lac, et ne doivent pas être comptés à nouveau pour chaque fermeture. CFBR — Plan et monographie de Giffaumont.
La monographie du CFBR décrit Giffaumont comme un ouvrage en terre, long de 3 134 mètres, de 21 mètres de hauteur sur fondation. Le site de Seine Grands Lacs annonce, pour l’ensemble du système, 20,3 kilomètres de digues d’une hauteur maximale arrondie à 20 mètres. Il faut donc distinguer un ouvrage individuel et le linéaire cumulé des fermetures, ainsi que les références de hauteur utilisées. Ces chiffres n’appartiennent pas tous au même objet et ne doivent pas être réunis dans une seule ligne sans explication. Monographie CFBR de Giffaumont.
Pourquoi un barrage en terre peut-il retenir un tel volume ?
La hauteur du barrage ne fixe pas seule la capacité du lac. Celle-ci dépend de la surface et de la forme de la cuvette fermée. Le Der s’étend dans un relief bien différent d’une gorge alpine : un linéaire important de digues peut retenir une grande quantité d’eau derrière une hauteur limitée. Le génie civil doit alors traiter la stabilité des remblais, leurs fondations, les circulations d’eau et la protection des parements. Le caractère moins vertical du paysage ne signifie pas que la surveillance ou l’entretien seraient secondaires.
La monographie indique une retenue normale à la cote 139,7 mètres et une crête à 142,2 mètres, dans le référentiel NGF précisé par le document. Ces altitudes ne sont pas des hauteurs de digue. La différence entre un niveau d’eau et la crête participe à la lecture de l’ouvrage, mais elle ne décrit pas à elle seule toute sa sûreté hydraulique. Les prises, restitutions, vannes et dispositifs de surveillance sont également nécessaires. Pour comprendre le Der, une carte des canaux et des fermetures est donc souvent plus instructive qu’une photographie isolée de Giffaumont.
349 ou 350 millions de mètres cubes : conserver la référence
La page détaillée de Seine Grands Lacs mentionne 349 millions de mètres cubes de capacité de remplissage, tandis que sa présentation générale et la monographie CFBR utilisent 350 millions. Ces valeurs de présentation voisines ne justifient pas d’annoncer une variation récente de capacité. Le repère arrondi de 350 millions convient à une comparaison nationale, à condition d’indiquer qu’il concerne tout le lac-réservoir. Pour un calcul d’exploitation, il faut utiliser la valeur et la cote du document technique pertinent. Fiche détaillée du Der, Seine Grands Lacs.
Le gestionnaire distingue aussi plusieurs tranches : une tranche morte non vidangeable, une réserve destinée notamment au soutien tardif, une tranche normale d’exploitation et une tranche exceptionnelle prévue pour certaines crues de printemps. Ces compartiments sont des conventions de gestion du volume, pas des bassins séparés par des murs. Leur existence montre qu’un stock total ne peut pas être affecté sans limite à un seul objectif. Garder une place disponible pour une crue et conserver de l’eau pour un étiage futur peuvent demander des arbitrages différents. Seine Grands Lacs — Tranches de gestion du réservoir.
En hiver et au printemps, prélever une partie des apports
Le remplissage utilise des canaux d’amenée depuis la Marne et la Blaise. Le stockage prépare les restitutions de la saison sèche ; lors d’une crue, des prélèvements supplémentaires peuvent contribuer à réduire le débit en aval. Cette configuration en dérivation est essentielle : le réservoir ne reçoit pas automatiquement toute l’eau de la rivière. Son action dépend des possibilités de prélèvement, du remplissage déjà atteint et de la localisation des pluies. L’existence d’un grand volume ne permet donc pas de promettre la disparition de tout risque d’inondation.
Le moment de la crue compte autant que sa taille. Un réservoir déjà très rempli dispose d’une marge différente de celle d’un réservoir bas. La durée de l’épisode, les apports des affluents non contrôlés et la propagation de l’eau dans le bassin interviennent également. Le Der est un outil de réduction des effets des crues, pas une protection absolue pour chaque commune. La gestion doit être reliée à la prévision, aux autres ouvrages et aux dispositifs locaux de prévention. Cette lecture évite de surestimer la portée d’un barrage éloigné du lieu où une inondation survient.
En été et en automne, restituer de l’eau à la rivière
Le soutien d’étiage consiste à rendre une partie de l’eau stockée lorsque les débits naturels deviennent faibles. Le gestionnaire présente un fonctionnement saisonnier avec restitutions à la Marne et à la Blaise. Il ne s’agit pas seulement de maintenir un beau lac : le réservoir doit aussi répondre à des besoins en aval. Une baisse estivale du niveau peut donc correspondre à l’accomplissement de sa mission. Pour interpréter une cote, il faut regarder la période, les apports et les restitutions, plutôt que considérer toute baisse comme un incident.
Les restitutions empruntent deux liaisons distinctes. Selon Seine Grands Lacs, un canal de trois kilomètres rejoint la Marne à l’ouest d’Arrigny ; un autre, long d’un kilomètre, rejoint la Blaise à l’est de Sainte-Livière. Cette géographie rattache le stockage du Der aux deux rivières soutenues. Le gestionnaire situe en principe le soutien d’étiage entre début juillet et fin octobre. Ce calendrier saisonnier décrit l’organisation habituelle ; les débits et volumes effectivement restitués relèvent des bulletins datés de chaque campagne. Seine Grands Lacs — Restitutions saisonnières.
Cette fonction a une limite simple : l’eau restituée aujourd’hui n’est plus stockée pour demain. Une saison sèche longue impose de répartir la réserve dans le temps et peut conduire à adapter les débits de soutien. Le réservoir peut atténuer un manque d’eau, mais il ne crée pas de pluie et ne garantit pas un débit choisi sans condition. Le raisonnement porte sur un volume, une durée et une situation hydrologique. Une valeur maximale de restitution, prise seule, ne décrit pas ce qui pourra être maintenu pendant plusieurs mois.
Un nouveau milieu naturel dans un territoire transformé
La LPO, co-gestionnaire de la réserve avec l’OFB, décrit le Der comme un lieu majeur d’accueil des oiseaux et rappelle la transformation de villages lors de la création du lac. Les loisirs, l’observation naturaliste et la mémoire du territoire font partie de son identité actuelle. Ces usages demandent des règles de fréquentation compatibles avec les espaces protégés. Le fait qu’un plan d’eau soit artificiel ne retire pas l’intérêt écologique des habitats qui s’y sont développés ; il rend au contraire nécessaire de comprendre leur dépendance au régime de gestion du lac. LPO Champagne-Ardenne — Le lac du Der.
Questions fréquentes sur Giffaumont et le Der
Le Der est-il un grand barrage hydroélectrique ?
Sa présence dans un classement par capacité ne renseigne pas sur une puissance électrique. Ses missions principales documentées sont l’écrêtement des crues et le soutien d’étiage. Ce guide ne lui attribue aucune grande centrale ni aucune puissance déduite du volume de la retenue.
Giffaumont retient-il seul 350 millions de mètres cubes ?
Ce volume correspond au lac-réservoir dans son ensemble, fermé par plusieurs ouvrages. Giffaumont est l’un d’eux. Un classement peut employer son nom comme repère, mais doit expliciter qu’il décrit un système multibarrages et non un unique mur autonome.
Un niveau bas signifie-t-il que l’ouvrage ne fonctionne plus ?
Non. La restitution d’eau en période sèche fait baisser le stock et accomplit une fonction du réservoir. Pour conclure sur la situation, il faut consulter un bulletin daté du gestionnaire. Une photographie ou la seule capacité normale ne permettent pas de connaître les marges restantes.
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Sources et références
- Seine Grands Lacs — Présentation des ouvrages.
- Seine Grands Lacs — Lac-réservoir du Der.
- Seine Grands Lacs — Tranche exceptionnelle et volumes.
- CFBR — Monographie de Giffaumont, corpus Marseille 2022.
- LPO, co-gestionnaire — Le lac du Der.
Sources consultées le 29 octobre 2026. Le volume indiqué concerne tout le système du Der.