
Le barrage de Génissiat est un barrage-usine du Haut-Rhône, exploité par CNR entre l’Ain et la Haute-Savoie. Mis en exploitation en 1948, il associe un ouvrage-poids, une retenue allongée dans les gorges et six groupes principaux de production. Son histoire industrielle est bien connue, mais son fonctionnement actuel se comprend aussi par une contrainte moins visible : faire circuler les sédiments d’un fleuve aménagé des deux côtés de la frontière suisse. Génissiat est donc à la fois un site de production, un patrimoine architectural et un point stratégique de gestion du Rhône. Notice du ministère de la Culture.
Barrage de Génissiat : six conduites et un réservoir pilotable
Génissiat se distingue des nombreux ouvrages de basse chute du Rhône par une usine à six groupes principaux équipés de turbines Francis. La fiche hydrographique de la DREAL décrit six conduites forcées, chacune amenant l’eau sous pression vers les machines. Elle indique une chute moyenne de 64,5 m et une chute maximale de 67 m. Ces valeurs décrivent la différence hydraulique exploitée par l’usine : elles ne se déduisent pas des 100 m de hauteur du barrage retenus par les statistiques nationales. Deux groupes auxiliaires sont également mentionnés, mais ne sont pas détaillés dans le schéma. DREAL — unité hydrographique de Génissiat.
La retenue permet un fonctionnement différent d’une simple traversée instantanée du fleuve. La DREAL décrit un cycle de gestion journalier à hebdomadaire, avec production pendant la journée et reconstitution de la réserve pendant la nuit. Cette reconstitution repose sur l’eau reçue du Rhône ; le diagramme ne lui ajoute aucun pompage. Le volume utilisable annoncé par cette fiche est de 12 millions de mètres cubes. Il appartient à la gestion de l’usine et ne remplace pas la capacité totale de 72,7 hm³ à retenue normale donnée dans la monographie du CFBR. DREAL — unité hydrographique de Génissiat CFBR — Génissiat, monographie 2022.
Lire les branches du circuit
L’eau turbinée rejoint ensuite le Rhône et l’aménagement de Seyssel, environ 10 km en aval. Ce bassin de compensation de Seyssel atténue les variations de débit produites par les changements de fonctionnement de Génissiat. C’est le sens de la démodulation : rendre moins brusques les variations transmises vers l’aval. Le schéma conserve donc ce second ouvrage, au lieu d’arrêter le circuit à la sortie de l’usine. Il ne lui attribue pas pour autant une partie des 405 MW enregistrés pour Génissiat : les deux installations gardent leurs périmètres électriques propres. DREAL — unité hydrographique de Génissiat ODRÉ — registre au 31 août 2026, données au 31 août 2026.
La galerie de vidange de fond constitue une branche de sûreté distincte des six conduites de production. La présentation CNR de 2018 décrit sa fonction de vidange et de chasse de fond ainsi que la réparation de son radier, c’est-à-dire la surface inférieure de la galerie. Les études ont combiné un modèle numérique des écoulements et un modèle physique au 1/30. Cela montre pourquoi une vidange n’est pas seulement un robinet : l’ouverture des vannes modifie localement les vitesses et les sollicitations sur les revêtements. CNR/CFBR — réparation de la vidange de fond, 2018.
Pour la comparaison électrique ci-dessous, la référence est 405 MW, puissance active maximale installée de l’entrée Génissiat du registre ODRÉ au 31 août 2026. Cette valeur enregistrée ne constitue pas une promesse de disponibilité aujourd’hui. Elle ne doit pas être remplacée par l’addition de puissances nominales provenant d’une autre présentation technique. L’explication du circuit repose sur les six groupes principaux documentés ; le calcul d’énergie reste attaché au champ et à la date de cette référence. ODRÉ — registre au 31 août 2026, données au 31 août 2026.
| Caractéristique | Valeur | Périmètre et source |
|---|---|---|
| Groupes principaux | 6 turbines Francis | La fiche mentionne aussi deux groupes auxiliaires DREAL — unité hydrographique de Génissiat |
| Conduites forcées | 6 conduites | Alimentation de l’usine au pied du barrage DREAL — unité hydrographique de Génissiat |
| Chute moyenne | 64,5 m | Chute hydraulique moyenne ; maximale 67 m dans la même fiche DREAL — unité hydrographique de Génissiat |
| Débit maximal turbinable | 750 m³/s | Ensemble de l’usine, valeur de la fiche hydrographique DREAL — unité hydrographique de Génissiat |
| Volume utilisable | 12 hm³ | Gestion électrique, distinct du volume total à RN DREAL — unité hydrographique de Génissiat |
| Puissance enregistrée | 405 MW | Entrée GENISH, puismaxinstallee=405000 kW au 31/08/2026 ODRÉ — registre au 31 août 2026, données au 31 août 2026 |
| Compensation aval | Seyssel, environ 10 km en aval | Atténuation des variations de débit ; puissance de Seyssel exclue DREAL — unité hydrographique de Génissiat |

Lire les circuits du schéma en texte
normal
- Rhône amont → Retenue de Génissiat: Apports (eau).
- Retenue de Génissiat → Six conduites forcées: Eau prélevée (eau).
- Six conduites forcées → Six groupes Francis principaux: Turbinage (eau).
- Six groupes Francis principaux → Rhône en aval de Génissiat: Eau turbinée (eau).
- Retenue de Génissiat → Galerie de vidange de fond: Vidange ou chasse (eau).
- Galerie de vidange de fond → Rhône en aval de Génissiat: Eau évacuée (eau).
- Rhône en aval de Génissiat → Retenue de Seyssel: Écoulement vers Seyssel (eau).
- Six groupes Francis principaux → Réseau électrique: Électricité produite (électricité).
Lecture du schéma : Génissiat : production, vidange et compensation aval. Schéma fonctionnel hors échelle. Les deux groupes auxiliaires et les autres évacuateurs ne sont pas détaillés. Seyssel figure pour son rôle hydraulique aval, sans addition de sa puissance à Génissiat.
Sources de ce complément
Barrage de Génissiat : que représente une heure de production ?
La comparaison suivante prend 405 MW pendant une heure, à puissance constante, soit 405 MWh d’énergie électrique. C’est un scénario hypothétique, pas la mesure d’une heure réelle ni une promesse de disponibilité. La référence concerne Installation GENISH-CENTRALE HYDRAULIQUE DE GENISSIAT-6, au 31/08/2026 ; six groupes déclarés. ODRÉ — registre au 31 août 2026, lignes exactes archivées.
| Repère | Équivalence arrondie |
|---|---|
| Logements d’une ville modèle de 100 000 habitants | Environ 16,1 heures de leur consommation électrique moyenne, avec le modèle résidentiel ci-dessous. |
| Voiture électrique équipée d’une batterie utile de 60 kWh | Environ 6 075 recharges complètes de 0 à 100 %, en supposant 90 % de rendement de recharge. |
Ces deux lignes sont des comparaisons alternatives de la même énergie ; elles ne s’additionnent pas. La ville modèle ne comprend ici que les usages électriques des logements, sans les entreprises, les transports ni les services publics. Le nombre de recharges ne décrit ni des bornes fonctionnant simultanément ni un modèle particulier de voiture.
Voir les hypothèses et le calcul
Énergie = puissance × durée : 405 MW × 1 h = 405 MWh. Un MW mesure une puissance ; un MWh mesure une quantité d’énergie. Par exemple, 1 GW tenu une heure représente 1 GWh, et non une production annuelle.
Pour les logements, le modèle retient 2 200 kWh par an et par habitant, arrondis à partir des 150,9 TWh de consommation résidentielle réelle en 2024 publiés par le SDES et des 68,4 millions d’habitants au 1er janvier 2024 indiqués par l’Insee. Il utilise une année normalisée de 8 760 heures pour exprimer une moyenne : ce n’est ni une norme individuelle ni le profil horaire observé d’une commune.
Le calcul de recharge est : énergie en kWh × 0,90 ÷ 60. Les 60 kWh de capacité utile et les 90 % de rendement sont des hypothèses explicites. La capacité du véhicule, sa température, les pertes et les conditions de recharge font varier le résultat. Aucun rendement hydraulique supplémentaire n’est appliqué à une puissance déjà électrique.
100, 99,7 ou 104 mètres : préciser le document
Le tableau national du CFBR retient 100 mètres au-dessus du terrain naturel. Sa monographie de Génissiat indique 99,7 mètres sur fondation, tandis que la notice du ministère de la Culture présente 104 mètres avec les fondations. Ces publications ne permettent pas de réconcilier exactement les dimensions. Il faut conserver les attributions plutôt qu’expliquer automatiquement chaque écart par une origine de mesure différente. Pour la comparaison nationale, le repère reste celui du tableau CFBR ; la chute hydraulique constitue encore une autre grandeur. Statistiques CFBR, monographie de Génissiat et notice patrimoniale.
Un barrage-poids utilise sa masse pour reprendre la poussée de l’eau. À Génissiat, le mur et l’usine forment un ensemble serré dans les gorges ; le schéma diffère des grands aménagements du Rhône qui dérivent une partie du fleuve dans un canal. La position de l’usine au pied de l’ouvrage rend particulièrement lisible le lien entre retenue, conduites et groupes. Mais la vue extérieure ne montre ni les équipements noyés ni l’ensemble des galeries nécessaires à l’évacuation des eaux. L’installation ne se limite donc pas au volume de béton qui ferme le paysage.
Une puissance d’équipement, une énergie annuelle
Le registre national ODRÉ au 31 août 2026 attribue à la centrale une puissance active maximum installée de 405 MW et six groupes. Cette valeur appartient à une déclaration de capacité datée, pas à un relevé de production ou de disponibilité. Elle est utilisée dans le classement national du présent guide pour conserver le même champ et la même série entre les installations. Une puissance annoncée dans une communication de présentation ne doit pas lui être substituée sans vérifier la convention et le périmètre. ODRÉ — registre national.
Le débit du fleuve, les niveaux amont et aval, l’état des groupes et les décisions de conduite déterminent l’électricité réellement produite. Une centrale de forte puissance ne fonctionne pas toute l’année à son maximum. Multiplier sa puissance par toutes les heures de l’année donne un plafond arithmétique théorique, pas un productible réaliste. Inversement, comparer deux années de production sans regarder leur hydrologie peut attribuer à une machine un changement qui vient des apports d’eau. Pour Génissiat, une fiche technique et un bilan annuel apportent donc deux éclairages complémentaires.
Pourquoi rencontre-t-on 56 et 72 millions de mètres cubes ?
La notice du ministère de la Culture décrit une retenue de 23 kilomètres et de 56 millions de mètres cubes. La fiche générale du CFBR affiche 72 millions, et sa monographie précise 72,7 millions à la retenue normale, située à la cote 330,7 mètres NGF. Les documents ne donnent pas de démonstration commune permettant de réconcilier tous ces volumes. Il serait donc imprudent d’attribuer précisément l’écart à une tranche utile ou à un comblement mesuré. Le guide conserve les références distinctes. Fiche générale CFBR et monographie technique.
Ce cas montre pourquoi une capacité de réservoir doit être accompagnée de sa source, de sa cote et, lorsque c’est possible, de la date de levé. Un chiffre historique, une capacité à une cote donnée et une estimation après dépôt de matériaux peuvent décrire des situations différentes. Sans ces précisions, faire une moyenne entre deux valeurs ne produit pas une donnée plus fiable. Pour comparer Génissiat à un autre lac, il faut retenir une convention homogène plutôt que sélectionner le nombre le plus spectaculaire. La prudence est particulièrement utile pour les retenues exposées aux apports sédimentaires.
Le Rhône transporte aussi des matériaux
Les sédiments arrivent avec le fleuve et ses affluents. Leur dépôt dans une retenue modifie progressivement les conditions hydrauliques. CNR participe à une gestion transfrontalière avec les exploitants suisses et les autorités : lors d’opérations coordonnées, les niveaux sont abaissés afin d’augmenter les vitesses d’écoulement et de favoriser le transit des matériaux. La présentation CNR de l’opération 2025 décrit l’abaissement progressif de six retenues entre Génissiat et Sault-Brénaz, avec des mesures pour limiter les effets sur les milieux aquatiques. Gestion sédimentaire du Haut-Rhône, CNR.
Un tel abaissement est une opération de gestion, pas la preuve d’une défaillance du barrage. Il soulève néanmoins des questions concrètes : concentration des matières en suspension, durée d’exposition des poissons, zones de refuge et coordination des manœuvres. L’eau peut emporter les matériaux seulement si les conditions hydrauliques le permettent. Il faut donc suivre simultanément le mouvement des sédiments et les conséquences de leur remise en suspension. Ce travail explique pourquoi une centrale ne peut pas toujours être conduite à partir du seul prix de l’électricité ou de la seule demande du réseau.
Abaissement partiel, dragage et entretien : des moyens complémentaires
L’Office cantonal de l’eau de Genève décrit trois moyens complémentaires : les abaissements partiels coordonnés, les dragages ponctuels et l’accompagnement de crues de l’Arve par des débits permettant le transit. Il souligne l’évolution vers des abaissements partiels depuis 2016. La gestion des matériaux concerne donc toute une succession d’ouvrages, et non une unique vidange décidée isolément à Génissiat. Les objectifs associent sûreté, exploitation normale et maintien des fonctions écologiques du fleuve. Explication de l’Office cantonal de l’eau.
Une présentation technique de CNR au CFBR en 2018 détaille la réparation du radier de la galerie de vidange de fond. Elle associe des observations des désordres, des études numériques des écoulements et un modèle physique à l’échelle du trentième. Cette démarche rend tangible le rôle de l’ingénierie dans la maintenance : constater une dégradation ne suffit pas, il faut comprendre les contraintes hydrauliques puis concevoir une intervention adaptée. La vidange de fond est un ouvrage de sécurité ; elle ne doit pas être confondue avec les conduites de production. CNR/CFBR — Réparation de la vidange de fond, 2018.
Un patrimoine industriel construit avec le fleuve
Le ministère de la Culture rattache Génissiat au label Architecture contemporaine remarquable. Sa notice rappelle le rôle de l’architecte Albert Laprade et la mise en exploitation en 1948, après un chantier marqué par la guerre. Le site donne à voir une époque où l’aménagement du Rhône constitue un projet industriel d’ampleur. Pour le visiteur, l’intérêt n’est pas seulement la taille du mur : les façades, la salle des machines et l’organisation des bâtiments montrent comment l’architecture accompagne les fonctions techniques. Les dimensions et dates reprises d’anciens documents doivent cependant rester contextualisées.
Le patrimoine ne fige pas l’installation. Les interventions de maintenance et la gestion sédimentaire rappellent qu’elle continue à fonctionner. Les possibilités de visite doivent être vérifiées auprès de l’organisateur officiel ; un ancien communiqué d’ouverture ne garantit pas les mêmes horaires ou conditions plusieurs années plus tard. Les secteurs industriels et les abords hydrauliques peuvent faire l’objet de restrictions distinctes. Une visite utile permet de relier le visible au fonctionnement réel : l’eau retenue, les circuits de production, les évacuateurs et les contraintes d’un fleuve qui traverse plusieurs territoires.
Questions fréquentes sur Génissiat
Génissiat est-il un barrage au fil de l’eau ?
Le terme seul simplifie trop sa situation. Il s’agit d’un barrage-usine avec retenue, installé directement dans les gorges du Rhône. Pour comprendre son rôle, il faut examiner sa capacité de modulation et ses contraintes de conduite, plutôt que l’assimiler automatiquement à toutes les centrales de plaine situées sur le fleuve.
Une baisse du niveau signifie-t-elle une sécheresse ?
Pas nécessairement. Un abaissement peut accompagner une opération programmée de gestion sédimentaire ou une intervention sur un équipement. Le niveau observé ne permet pas d’identifier seul la cause. Une annonce de CNR ou des autorités est nécessaire pour distinguer les situations.
Quel chiffre utiliser dans un classement de hauteur ?
Pour un classement fondé sur le terrain naturel, le repère du CFBR est 100 mètres. Les 104 mètres avec fondations appartiennent à une autre convention. La hauteur de chute hydraulique constitue un troisième indicateur et ne doit pas être utilisée comme hauteur du mur.
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Sources et références
- Ministère de la Culture — Notice ACR0000004.
- CFBR — Statistiques nationales.
- CFBR — Génissiat.
- CFBR — Monographie technique de Génissiat, 2022.
- ODRÉ — Registre au 31 août 2026.
- CNR — Gestion sédimentaire franco-suisse, 2025.
- Canton de Genève — Méthodes de gestion sédimentaire, 2020.
- CNR/CFBR — Vidange de fond, 2018.
Références consultées le 29 octobre 2026. Les valeurs de capacité non réconciliées restent attribuées à leur document d’origine.