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STEP de Forbach : 7 heures de turbinage annoncées

Sources : EnBW, PORR, Portail public UVP

Sommaire

Chiffres clés
≈12 %de l’électricité produite en France
25,7 GWde puissance hydroélectrique installée
4,5 Md€investis par EDF dans ses barrages

Sujets abordés

Illustration IA pour STEP de Forbach : scène hydroélectrique générique, non documentaire
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Illustration IA : scène générique non documentaire, sans représentation fidèle de l’ouvrage ni valeur de schéma technique.

La STEP de Forbach, en Allemagne, transforme un site hydroélectrique existant en installation de stockage dotée d’un réservoir souterrain. Les étapes publiées par EnBW en 2026 décrivent encore un chantier. Ce cas de la Forêt-Noire permet de comprendre ce que change un bassin inférieur creusé dans la montagne, sans le confondre avec une nouvelle réserve d’énergie déjà disponible.

L’essentiel. Forbach ajoute du stockage souterrain à son bassin inférieur. Les sept heures de turbinage annoncées restent une caractéristique de projet, pas un résultat d’exploitation.

STEP de Forbach : un site existant, une fonction remaniée

La présentation du projet par EnBW décrit une nouvelle centrale en caverne et un stockage souterrain, associés au bassin de compensation existant. La Schwarzenbachtalsperre forme le réservoir supérieur. Le projet réorganise ainsi un aménagement historique autour d’une nouvelle partie inférieure, au lieu de créer deux retenues entièrement nouvelles.

Cette configuration rappelle qu’une STEP n’est pas définie par la seule présence d’un barrage. Il faut identifier deux niveaux d’eau et la possibilité de pomper dans le sens inverse du turbinage. Le fonctionnement d’une station de transfert d’énergie par pompage repose sur cet aller-retour : de l’électricité est consommée pour remonter l’eau, puis restituée lors d’une descente ultérieure.

Le bassin inférieur mérite donc autant d’attention que la retenue visible en altitude. Sans capacité disponible en aval, augmenter seulement le volume supérieur ne permettrait pas d’exploiter librement un cycle supplémentaire.

Ce que signifient les volumes et les sept heures annoncées

EnBW chiffre le volume ajouté en caverne à 200 000 m³, à rapprocher des 204 000 m³ utiles du bassin existant. L’opérateur associe cette nouvelle configuration à sept heures de turbinage continu. Le système décrit comprend une galerie principale et six galeries latérales, qui fournissent l’espace de stockage supplémentaire.

Pour lire correctement cette durée, il faut connaître son périmètre. Une autonomie de turbinage n’est pas une promesse de fonctionnement permanent, jour après jour. Après une séquence de déstockage, il faut disposer d’eau et, pour le cycle de pompage, de l’électricité nécessaire à la remontée. L’état initial des bassins importe donc dans toute comparaison.

Il faut également distinguer volume, puissance et énergie stockable. Deux projets ayant le même nombre de mètres cubes peuvent présenter des caractéristiques différentes. La durée annoncée à Forbach renseigne sur une configuration précise ; elle ne peut pas être appliquée directement aux STEP françaises ou à un autre site montagneux.

Le rapprochement des volumes permet néanmoins un calcul simple : 200 000 m³ ajoutés à 204 000 m³ correspondent à une augmentation voisine de 98 % du volume inférieur indiqué. C’est ce volume que le projet approche d’un doublement. Le calcul ne démontre ni un doublement de puissance, ni un doublement de la production annuelle, qui sont des grandeurs différentes.

STEP de Forbach : les volumes annoncés. Ces volumes ne sont pas des MWh déjà produits
La STEP de Forbach associe 204 000 m³ utiles dans le bassin existant à 200 000 m³ supplémentaires annoncés en caverne. Il s’agit de volumes de stockage, pas d’une mesure d’énergie déjà produite.

En 2026, le creusement laisse place aux ouvrages intérieurs

Le journal du chantier, zone 1, situe la fin des excavations souterraines dans la nuit du 1er au 2 février 2026. Les entrées d’avril et juin décrivent ensuite des travaux de béton armé, l’avancement des niveaux du Schwarzenbachwerk, ainsi que la pose et le soudage de conduites de distribution au Murgwerk.

La différence est importante : finir une excavation signifie que l’espace a été réalisé, pas que la centrale peut fournir son service. Entre une caverne creusée et une installation exploitable, les ouvrages intérieurs, l’intégration des équipements et leur vérification restent des étapes distinctes. Une photographie de grande salle souterraine ne donne donc pas le niveau de disponibilité électrique du projet.

Pour suivre ce type de chantier, mieux vaut dater chaque information que chercher une impression générale de pourcentage terminé. Une étape de génie civil ne renseigne pas automatiquement sur l’avancement de la partie électromécanique.

Le souterrain modifie aussi la manière de construire

L’entreprise de travaux PORR présente son lot de construction comme une transformation du Rudolf-Fettweis-Werk pour le compte d’EnBW. Sa fiche place l’opération dans une période allant de 2023 à 2027 et décrit un ensemble de cavernes et de galeries. C’est le calendrier présenté par le constructeur, non une preuve d’achèvement futur à une date garantie.

Le choix souterrain déplace une partie des questions du paysage vers l’organisation des ouvrages. Il faut penser les accès, les cheminements d’équipements et les interfaces entre génie civil et machines. Un espace qui convient au passage de l’eau doit aussi permettre les opérations prévues pour l’installation et la maintenance. Ces points constituent une grille de lecture du projet, sans présumer de difficultés particulières à Forbach.

Pour comparer cette solution à un bassin extérieur, il serait donc insuffisant d’examiner uniquement la surface occupée. Le coût et l’usage des ouvrages nécessaires doivent entrer dans la même discussion.

La question de maintenance mérite notamment une réponse concrète : par quel accès une pièce majeure pourra-t-elle entrer, sortir ou être inspectée après le chantier ? Le même dessin peut être lu comme un schéma de construction ou comme un outil d’exploitation sur la durée. Mettre ces deux lectures en regard aide à apprécier le choix d’une centrale en caverne, sans supposer un défaut d’accès à Forbach.

La fiche de PORR donne aussi l’échelle du lot souterrain : environ 5 200 mètres de réseau et 510 mètres de puits en technique Raise-Boring. Ces longueurs décrivent des catégories d’ouvrages, non une capacité de stockage supplémentaire à additionner aux volumes d’EnBW. Pour la STEP de Forbach, elles aident à comprendre pourquoi l’avancement du génie civil doit être suivi séparément des équipements électromécaniques.

STEP de Forbach : pomper ou turbiner. Sept heures de turbinage ne donnent pas la durée de recharge
Une STEP consomme de l’électricité en mode pompage et en produit en mode turbinage. Les sept heures de fonctionnement en turbine annoncées pour Forbach ne renseignent pas, seules, sur une durée de recharge ni sur un rendement de cycle.

L’arrêt des anciennes machines est une étape à part entière

Dans son point de juin 2026, EnBW indique la mise hors service du Schwarzenbachwerk en mars et l’arrêt du Murgwerk. Cette information concerne la transition entre l’ancien fonctionnement et le nouvel aménagement. Elle ne doit pas être présentée comme la mise en exploitation de la nouvelle centrale souterraine.

Un projet de transformation ne se juge pas uniquement à sa capacité finale. Sa trajectoire compte également : quelles installations s’arrêtent, lesquelles restent utilisables et à quel moment les nouvelles fonctions sont-elles disponibles ? Les annonces de fin de chantier et de réception devront apporter leurs propres réponses à ces questions.

Cette lecture évite aussi d’additionner sans précaution une ancienne puissance et une puissance future. Si un équipement est remplacé, il faut préciser ce qui disparaît et ce qui s’y substitue. La comparaison utile porte sur les services réellement disponibles aux différentes étapes, pas sur un total théorique composé de situations incompatibles.

La retenue supérieure fait elle aussi l’objet de travaux

Le même journal documente la vidange de la Schwarzenbachtalsperre au printemps 2026. Il décrit des révisions de dispositifs de fermeture, des réparations de béton et de pièces métalliques, ainsi que des aménagements de berge destinés aux poissons, avec une période de travaux annoncée jusqu’en octobre. Cette échéance n’établit pas, à elle seule, que toutes les opérations sont terminées au 19 octobre.

Ces travaux montrent pourquoi un projet de stockage ne peut pas être observé uniquement depuis sa future salle des machines. L’état des retenues et de leurs ouvrages de fermeture fait partie du système. Dans l’analyse d’un investissement, il faut identifier les travaux nécessaires au stockage et ceux qui relèvent de la révision des équipements existants.

La description des mesures environnementales doit, elle aussi, conserver son statut : un habitat aménagé représente une intervention réalisée ou programmée ; son efficacité écologique demande une observation adaptée, distincte de l’avancement du génie civil.

STEP de Forbach : trois étapes à distinguer. Un chantier avancé ne prouve pas une mise en service
Pour Forbach, autorisation, avancement du chantier et exploitation doivent être établis par des pièces distinctes. Une étape de génie civil ne vaut pas preuve de mise en service de la nouvelle installation.

Autorisation, construction et exploitation ne sont pas synonymes

Le portail public allemand des évaluations environnementales référence une décision d’autorisation datée du 1er mars 2023 pour la nouvelle partie inférieure de Forbach. Il décrit le remplacement du Schwarzenbachwerk par un ouvrage de pompage-turbinage et celui du Murgwerk par une nouvelle centrale hydraulique.

Ce jalon administratif précise la réalité du projet autorisé. Il ne remplace ni les informations de chantier de 2026, ni un futur constat d’exploitation. Les trois niveaux de documentation se complètent : décision, travaux et fonctionnement. Conserver leurs dates permet de comprendre le dossier sans réactualiser artificiellement des annonces anciennes.

Le cas allemand offre ainsi une méthode utile pour lire un projet français de stockage : identifier les bassins, les fonctions remplacées, les étapes réalisées et les caractéristiques encore prévisionnelles. Il ne fournit ni un tarif de référence transposable, ni une procédure d’autorisation applicable en France.

À bien distinguer. Excavation achevée et anciennes machines arrêtées ne signifient pas nouvelle STEP en service.

Point de projet arrêté au 19 octobre 2026 à partir de documents datés. Les capacités et calendriers annoncés ne constituent pas un constat de réception ou une projection économique pour la France.

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