Actu

Centrale hydroélectrique de Vallabrègues : 8,5 MW en clair

Sources : CNR, Caisse des Dépôts, Ministère, OFB

Sommaire

Chiffres clés
≈12 %de l’électricité produite en France
25,7 GWde puissance hydroélectrique installée
4,5 Md€investis par EDF dans ses barrages

Sujets abordés

Illustration IA pour la centrale hydroélectrique de Vallabrègues : 8,5 MW ; scène générique non documentaire
Lecture par la voix de votre appareil
L’essentiel

La centrale hydroélectrique de Vallabrègues, inaugurée par CNR le 7 octobre 2026 dans le Gard, ajoute une turbine de 8,5 MW près du barrage historique. L’exploitant annonce 60 GWh par an. Une passe à poissons de 330 mètres accompagne ce chantier de près de 50 millions d’euros.

Illustration générée par IA pour cet article : elle évoque une centrale de basse chute, sans représenter l’architecture réelle de Vallabrègues.

La centrale hydroélectrique de Vallabrègues complète le barrage historique

À la confluence du Rhône et du Gardon, la nouveauté n’est pas un fleuve nouvellement barré. L’ouvrage hydroélectrique de Vallabrègues se situe en amont du barrage historique, daté de 1970 dans la communication de CNR. L’équipement convertit en électricité une partie de l’eau destinée au bras naturel du Rhône. C’est ce débit, et non la création d’un grand réservoir supplémentaire, qui est au cœur du projet présenté par l’exploitant CNR.

Le chantier de la centrale et de la passe a commencé en 2021. Son inauguration, annoncée le 7 octobre puis relayée le lendemain par la Caisse des Dépôts, marque l’aboutissement d’une opération engagée plusieurs années auparavant. CNR indique avoir porté sa réalisation au titre de ses missions d’intérêt général, dans le cadre du Plan 5Rhône. L’ouvrage énergétique et le passage piscicole ont donc été réalisés dans une même opération Caisse des Dépôts CNR.

Comment le débit du bras naturel produit-il de l’électricité ?

Le principe repose sur une hauteur de chute de 11 mètres et sur le passage de l’eau dans une turbine. Dans une installation hydroélectrique, cette rotation entraîne un alternateur qui produit l’électricité. Le ministère de la Transition écologique rappelle que la puissance dépend notamment de la hauteur de chute et du débit turbiné. Un ouvrage de basse chute peut donc produire de l’électricité sans présenter la silhouette spectaculaire d’un grand barrage de montagne Ministère de la Transition écologique.

CNR décrit les centrales de cette génération comme des équipements adossés aux barrages existants : une partie du débit allant vers le Vieux-Rhône est turbinée, puis restituée au fleuve. Ce fonctionnement valorise une circulation d’eau déjà destinée au bras naturel. Le trajet associe donc un passage dans l’équipement de production et un retour de l’eau au cours d’eau CNR.

Le débit réservé a une fonction écologique : c’est le débit minimal maintenu dans le cours d’eau à l’aval pour permettre la vie aquatique. Ce n’est donc pas simplement un surplus disponible pour l’énergie. Les documents cités ne donnent pas de débit turbiné chiffré propre à Vallabrègues ; les valeurs publiées pour d’autres centrales ne permettent pas de le déduire. Pour comprendre l’organisation de ce type d’installation, notre dossier explique le fonctionnement d’une centrale au fil de l’eau.

Les 11 mètres de chute sont un paramètre hydraulique, à lire avec le débit. Ils ne suffisent pas, à eux seuls, à décrire le volume d’eau qui traverse la machine ou son énergie annuelle. La comparaison avec une centrale de montagne doit ainsi porter sur les caractéristiques de l’installation, et non sur la seule hauteur visible d’un barrage. Cette lecture aide à comprendre l’intérêt d’équiper aussi les faibles dénivelés du Rhône.

8,5 MW et 60 GWh par an : que disent vraiment ces chiffres ?

Pour la centrale hydroélectrique de Vallabrègues, les 8,5 MW correspondent à la puissance annoncée de la turbine. Les 60 millions de kWh par an correspondent, eux, à une quantité d’énergie annuelle. Exprimée dans une autre unité, cette dernière valeur représente 60 GWh : la conversion change l’écriture, pas la production. Confondre les deux nombres reviendrait à mélanger la capacité d’un équipement et ce qu’il fournit pendant une durée donnée.

Ces caractéristiques proviennent de CNR et de la Caisse des Dépôts. Le chiffre annuel est présenté ici comme une annonce de l’exploitant, pas comme une mesure réalisée depuis l’inauguration. La notion de productible sert à décrire un potentiel de production ; la production effective dépend notamment des conditions hydrologiques et de la disponibilité des équipements. Le ministère souligne cette variabilité pour l’hydroélectricité en général Ministère de la Transition écologique.

Pour juger les résultats de la centrale, une future production mesurée sera plus informative qu’une simple reprise de sa puissance. La période observée comptera aussi : un résultat mensuel et une annonce annuelle ne se comparent pas directement. Présenter la durée, l’énergie produite et les conditions de fonctionnement permettra de suivre l’exploitation avec des repères cohérents.

Une passe à poissons de 330 mètres : l’autre volet du projet

L’ouvrage piscicole comprend 46 bassins successifs sur 330 mètres. CNR le destine au franchissement de la chute créée par le barrage historique et cite notamment l’anguille, la lamproie et l’alose parmi les espèces concernées. Le dispositif vise à consolider leur axe de circulation depuis l’embouchure du Rhône. La passe à poissons constitue ainsi un équipement à part entière, pas un détail décoratif de la nouvelle centrale CNR.

Le principe des bassins successifs consiste à offrir un parcours de franchissement plutôt qu’un obstacle unique. Mais une longueur et un nombre de bassins ne sont pas un taux de réussite. L’Office français de la biodiversité rappelle que l’efficacité des solutions de franchissement varie selon les cas et qu’elles ne corrigent pas l’ensemble des impacts d’un aménagement hydroélectrique OFB.

L’OFB aborde aussi les habitats, les débits, les sédiments et la dévalaison, c’est-à-dire le déplacement vers l’aval. Ce cadre général distingue plusieurs dimensions du fonctionnement d’une rivière, au-delà de la seule remontée des poissons. À Vallabrègues, les communications d’inauguration décrivent le dispositif construit, mais ne fournissent pas de bilan chiffré de fréquentation ou de réussite du passage. L’efficacité locale reste donc à documenter OFB.

Près de 50 millions d’euros : quel périmètre de financement ?

À la centrale hydroélectrique de Vallabrègues, l’investissement annoncé couvre l’ensemble du chantier de la centrale et de la passe à poissons. Le montant de près de 50 millions d’euros ne doit donc pas être présenté comme le seul prix de la turbine. Les documents ne détaillent pas une répartition complète entre les différents postes de construction Caisse des Dépôts.

Une autre somme concerne spécifiquement l’ouvrage piscicole : 3,21 millions d’euros de financement de l’Agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse, dans le volet eau et biodiversité du Plan Rhône-Saône. Ce soutien ne représente ni le coût total de la passe ni celui de toute la centrale. L’attribuer au bon équipement évite de confondre une contribution identifiée et le budget global.

Six autres centrales prévues sur le Rhône d’ici 2037

Vallabrègues n’est pas l’un des six chantiers futurs : l’ouvrage les précède. CNR prévoit des centrales et des passes associées à Saint-Pierre-de-Bœuf, Arras-sur-Rhône, La Roche-de-Glun, Charmes-sur-Rhône, Donzère et Caderousse. L’horizon 2037 figure dans sa communication sur l’inauguration ; il s’agit d’un calendrier annoncé, pas de six mises en service déjà réalisées CNR.

La page officielle du programme chiffre l’investissement à plus de 200 millions d’euros pour ces six autres sites, hors chantier de Vallabrègues. Elle détaille déjà deux projets : Caderousse est annoncé à environ 7,8 MW et 45 GWh par an, pour des travaux de 2026 à 2030 ; Donzère à environ 8,4 MW et 44 GWh par an, avec un chantier prévu de 2027 à 2032 CNR.

Ces exemples montrent pourquoi deux puissances proches ne garantissent pas la même production annuelle. Vallabrègues, Donzère et Caderousse ont chacun leurs caractéristiques publiées et leur calendrier. Les deux derniers restent ici des projets décrits par l’exploitant ; leurs estimations ne sont pas des mesures sur une année d’exploitation achevée.

Ce qui change : davantage d’énergie, des résultats à suivre

La centrale hydroélectrique de Vallabrègues illustre une voie de développement fondée sur les aménagements existants et l’eau destinée au bras naturel. L’intérêt concret tient à cette production supplémentaire annoncée, accompagnée d’un dispositif de franchissement pour les poissons.

La suite se lira dans les résultats d’exploitation et dans les observations sur la circulation piscicole. Quelles quantités d’électricité seront produites sur une période donnée ? Quelles espèces emprunteront la passe ? Les réponses à ces deux questions apporteront des informations complémentaires. Elles permettront de suivre concrètement l’ouvrage, puis de comparer les annonces initiales et les résultats disponibles au fil de son exploitation.

À bien distinguer

Une puissance n’est pas une énergie annuelle ; une production annoncée n’est pas un bilan mesuré ; une passe construite n’est pas une efficacité écologique démontrée.

Information rédigée à partir des documents cités, vérifiés le 19 octobre 2026. Ni conseil technique ni conseil juridique.
Facebook
LinkedIn
X
WhatsApp
E-mail
Restez branché sur l'hydroélectricité

L’essentiel par email sur le secteur : réglementation, chantiers, innovations. Pas de spam, désinscription en un clic.

Pas de spam · Désinscription en un clic