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Énergie marémotrice : avantages et inconvénients

Sources : EDF - Produire de l'électricité à l'usine marémotrice de la Rance, EDF - Sur-sédimentation de l'estuaire de la Rance

Sommaire

Chiffres clés
≈12 %de l’électricité produite en France
25,7 GWde puissance hydroélectrique installée
4,5 Md€investis par EDF dans ses barrages

Sujets abordés

Énergie marémotrice : avantages et inconvénients
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La réponse en une phrase

L’énergie marémotrice offre une production d’électricité renouvelable et très prévisible, mais elle est limitée par un nombre restreint de sites favorables et des investissements initiaux importants, tout en présentant des impacts environnementaux spécifiques aux estuaires. Cette forme d’hydroélectricité exploite la force des marées, principalement la différence de niveau entre la pleine mer et la basse mer, pour faire fonctionner des turbines.

Qu’est-ce que l’énergie marémotrice et comment fonctionne-t-elle ?

L’énergie marémotrice est une application de l’hydroélectricité qui tire parti de l’énergie des marées. Une usine marémotrice capte principalement la différence de niveau entre la pleine mer et la basse mer, en dirigeant l’eau à travers des turbines pour générer de l’électricité EDF. Il est important de la distinguer de l’énergie hydrolienne, qui utilise directement les courants marins sans nécessiter la construction d’un barrage EDF.

Le fonctionnement repose sur l’installation d’un barrage dans un estuaire ou une baie caractérisée par un marnage important, c’est-à-dire une forte variation entre les niveaux de pleine mer et de basse mer EDF. L’eau entre dans le bassin à marée montante et en ressort à marée descendante, entraînant ainsi les turbines. Certaines installations sont conçues pour produire de l’électricité dans les deux sens de la marée EDF. Les marées, étant le résultat de l’attraction gravitationnelle de la Lune et du Soleil, sont des phénomènes naturels prévisibles et réguliers EDF.

L’usine de la Rance : un exemple français confirmé

L’usine marémotrice de la Rance, mise en service en 1966 par EDF entre Saint-Malo et Dinard, est un exemple emblématique de cette technologie en France EDF. Elle se distingue par sa capacité à produire de l’électricité à la fois lorsque la marée monte et lorsqu’elle descend, exploitant les marées environ deux fois par jour EDF. Avec une puissance installée de 240 MW et 24 groupes de production de 10 MW chacun, elle génère environ 500 GWh par an, ce qui correspond à la consommation d’environ 225 000 habitants EDF. Son débit maximal peut atteindre 6 600 m³/s EDF.

L’usine de la Rance est présentée par EDF comme la deuxième plus puissante usine marémotrice au monde, derrière celle de Sihwa en Corée du Sud EDF. Sa production représente entre 7 % et 10 % de l’électricité produite en Bretagne, bien que cette part puisse varier selon les années EDF. En dehors de cette installation, la France ne dispose pas de parc marémoteur commercial comparable, bien que des projets de démonstration d’autres technologies marines aient été étudiés ou déployés .

Avantages de l’énergie marémotrice

Une énergie renouvelable et prévisible

L’énergie marémotrice est une source d’énergie renouvelable, car elle utilise le mouvement naturel et périodique des marées, une ressource qui ne dépend pas de l’épuisement des combustibles fossiles EDF. L’électricité produite est ainsi classée parmi les énergies renouvelables EDF.

Un avantage majeur réside dans la prévisibilité de sa production. Les horaires et l’amplitude des marées peuvent être calculés longtemps à l’avance, ce qui permet une meilleure planification du système électrique par rapport à l’éolien ou au solaire, dont la production est directement liée aux conditions météorologiques EDF. Cette prévisibilité ne signifie pas une production continue, mais plutôt une production lors des phases où les mouvements d’eau sont suffisants EDF.

Faibles émissions directes et forte densité énergétique

Une fois construite, une usine marémotrice ne brûle pas de combustible et n’émet pas directement de CO₂ pendant son fonctionnement normal EDF. Il est toutefois important de noter que la construction du barrage et des infrastructures génère des émissions, et le bilan climatique global dépend de la méthode de calcul du cycle de vie EDF.

L’eau étant beaucoup plus dense que l’air, un courant marin peut transporter une quantité d’énergie significative à vitesse comparable. Les sites adaptés peuvent ainsi fournir une puissance importante sur une surface relativement limitée EDF. Cependant, cette caractéristique ne rend pas tous les sites exploitables ; un marnage ou un courant suffisant, une géographie favorable et des conditions techniques et environnementales acceptables sont nécessaires EDF.

Durabilité et usages complémentaires

Les grands ouvrages hydroélectriques sont conçus pour une longue durée de vie, souvent plusieurs décennies. La durée de fonctionnement réelle dépend de la maintenance, de l’état des infrastructures et du renouvellement des équipements EDF.

Dans certains cas, comme celui de l’usine de la Rance, le barrage peut offrir des usages complémentaires. Il intègre une écluse de 65 mètres, permettant le passage d’environ 15 000 bateaux par an EDF. L’ouvrage est également devenu un site touristique et pédagogique EDF. Ces avantages ne sont pas automatiques pour toutes les installations marémotrices, mais spécifiques à la conception de certains projets.

Inconvénients et limites de l’énergie marémotrice

Impacts environnementaux sur les estuaires

La construction d’un barrage marémoteur modifie les échanges d’eau entre la mer et l’estuaire, ce qui peut altérer les niveaux d’eau, les courants, la salinité, les habitats, la circulation des sédiments et les conditions de vie de la faune et de la flore EDF. Ces modifications peuvent également affecter les activités de pêche et de navigation EDF. L’ampleur de ces effets varie considérablement selon le site, la conception de l’ouvrage et son mode d’exploitation EDF.

Un enjeu majeur est la gestion des sédiments. La modification des courants peut entraîner une accumulation ou une redistribution des sédiments. Dans l’estuaire de la Rance, une sur-sédimentation est observée et fait l’objet d’un plan de gestion EDF. EDF indique que la sédimentation est en partie naturelle et que le volume annuel de sédiments déposés a diminué d’un tiers depuis 2018 EDF. Plus de 13 millions d’euros ont été engagés par EDF depuis les années 1990 pour contribuer à cette gestion EDF. Ces données sont spécifiques à la Rance et ne peuvent être généralisées à toutes les installations.

Les turbines et les changements de circulation de l’eau peuvent également représenter des obstacles ou des risques pour certaines espèces aquatiques, nécessitant une évaluation au cas par cas EDF. Pour la Rance, une étude utilisant l’ADN environnemental a conclu à une richesse taxonomique normale dans l’estuaire et à l’absence d’effet détecté de l’usine sur la continuité écologique EDF. Cette conclusion est propre à ce site et à cette étude.

Contraintes techniques et économiques

Le fonctionnement d’une usine marémotrice, comme celle de la Rance, génère de forts courants qui peuvent être dangereux pour les plaisanciers, les baigneurs et les pêcheurs à pied . Des zones interdites à la navigation, aux activités nautiques et à la baignade sont ainsi instaurées autour du site .

Un des principaux inconvénients est le nombre limité de sites favorables. Une centrale marémotrice exige une combinaison rare de conditions : un marnage ou des courants puissants, une configuration géographique adaptée, des fonds constructibles, un raccordement électrique possible, des impacts environnementaux acceptables et une compatibilité avec les autres usages (navigation, pêche) EDF. Le potentiel théorique mondial ne se traduit donc pas en une production économiquement et écologiquement exploitable EDF.

Les investissements initiaux sont importants. La construction d’un barrage, de turbines, d’écluses et des protections en milieu marin ou estuarien représente des travaux lourds EDF. Les coûts d’investissement, de financement, d’entretien et de remise en état peuvent être élevés, notamment en raison de la corrosion et de l’accessibilité des équipements EDF. Il n’existe pas de prix unique de production pour l’énergie marémotrice, car il varie fortement selon le projet EDF.

Ce que ce n’est pas : une production continue

Bien que les marées soient prévisibles, la production d’une usine marémotrice suit leur cycle. Elle ne produit donc pas à puissance maximale en permanence. Le système électrique doit ainsi intégrer ces périodes de production et d’arrêt, nécessitant des solutions de stockage, de flexibilité ou de complément par d’autres moyens. La prévisibilité des marées est un atout, mais elle ne supprime pas le caractère périodique de la production.

En résumé

L’énergie marémotrice, forme d’hydroélectricité exploitant la force des marées, présente des avantages notables comme sa nature renouvelable et sa production très prévisible, offrant une source d’énergie stable pour la planification électrique. Cependant, elle est confrontée à des inconvénients majeurs, notamment un nombre très limité de sites géographiques favorables, des investissements initiaux considérables et des impacts environnementaux significatifs sur les écosystèmes estuariens, tels que la modification des courants et la sédimentation.

hydroelectrique.fr est un média indépendant, non affilié au ministère de la Transition écologique. Les informations publiées ne constituent pas un conseil financier.

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