Définition du module
L’Office français de la biodiversité définit le module comme le débit moyen annuel pluriannuel en un point d’un cours d’eau, évalué par la moyenne des débits moyens annuels sur une période d’observation suffisamment longue Glossaire eau et biodiversité (OFB). On parle aussi de module interannuel : il caractérise l’écoulement d’une année « moyenne » Glossaire eau et biodiversité.
Le module s’exprime en mètres cubes par seconde (m³/s) ou en litres par seconde. Les hydrologues recommandent au moins 30 ans de mesures consécutives pour qu’il soit représentatif. Rapporté à la surface du bassin versant, il devient le module spécifique, qui permet de comparer des rivières de tailles différentes Wikhydro (ministère de la Transition écologique).
Pourquoi le module compte pour une centrale hydroélectrique
L’article L214-18 du Code de l’environnement fixe le débit minimal qu’un ouvrage doit laisser à l’aval. Ce débit « ne doit pas être inférieur au dixième du module du cours d’eau », évalué à partir des informations disponibles sur une période minimale de cinq années, ou au débit arrivant à l’amont de l’ouvrage s’il est plus faible. Le plancher descend au vingtième du module pour les cours d’eau dont le module dépasse 80 m³/s et pour les ouvrages de production de pointe listés par décret Légifrance, art. L214-18.
La circulaire du 5 juillet 2011 précise qu’on retient le module naturel, c’est-à-dire les débits en l’absence d’impact des activités humaines, et que toutes les données disponibles au-delà de cinq ans doivent être exploitées circulaire du 05/07/2011 (AIDA-INERIS). Le débit minimal peut varier selon les saisons, à condition que sa moyenne annuelle respecte le plancher et que la valeur la plus basse reste au-dessus de la moitié de ce plancher art. L214-18, II. Enfin, l’autorité environnementale rappelle que les 10 % du module sont une valeur plancher, pas une valeur de référence : l’arrêté d’autorisation peut exiger davantage MRAe, fiche Hydroélectricité.
Deux exemples : le Rhône et la Loire
| Cours d’eau et point de mesure | Module | Période de mesure | Plancher légal (1/20) |
|---|---|---|---|
| Rhône à Beaucaire-Tarascon | 1 770 m³/s | 1816-2026 | 88,5 m³/s |
| Loire à Montjean-sur-Loire | 837 m³/s | 1863-2026 | 41,9 m³/s |
Modules calculés par Hydroportail le 5 octobre 2026 Hydroportail, Rhône Hydroportail, Loire. Les deux dépassant 80 m³/s, c’est le vingtième du module qui sert de plancher ; le débit réellement imposé à chaque ouvrage est celui de son arrêté.
Le module est une moyenne. L’étiage désigne au contraire un débit exceptionnellement faible OFB, et le QMNA5 le débit mensuel d’étiage qui n’est pas atteint en moyenne une fois tous les cinq ans ; il sert notamment à calculer les débits réservés et les débits de crise Wikhydro. Le débit d’équipement, enfin, désigne le débit maximal que les turbines d’une centrale peuvent absorber.
Termes liés
Débit réservéTermeÉtiageTermeDébit d’équipementTermeHauteur de chuteTermeGérer le débit réservé à l’étiageQuestionTout le glossaireGlossaire
- Glossaire eau, milieu marin et biodiversité (OFB) — Module d’un cours d’eau
- Glossaire eau, milieu marin et biodiversité — Débit annuel interannuel
- Wikhydro — Module
- Wikhydro — QMNA
- Légifrance — Code de l’environnement, article L214-18
- Circulaire du 5 juillet 2011 relative à l’article L214-18 (AIDA-INERIS)
- MRAe — Fiche Hydroélectricité
- Hydroportail — Le Rhône à Tarascon
- Hydroportail — La Loire à Montjean-sur-Loire
Définition informative. Le débit minimal applicable à un ouvrage est celui que fixe son acte d’autorisation ou de concession.